TANTE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC
Le 28 février dernier, le secrétaire de l’Université McGill, à Montréal, M. J.-A. N icholson, donnait une conférence devant la St. James Literary Society. Le sujet traité fut l’Instruction publique. A cette occasion, M. Nicholson a dit des choses très regrettables sur l'Éducation dans la province de Québec, choses d'autant plus regrettables qu'elles sont absolument fausses. Ce monsieur a prétendu (2) que l’école confess:,nnelle (re linstruction religieuse) et l’er.eignement du français dans la province de Québec étaient cause qu'il n'y avait pas encore d'écoles nationales dans cette province; conséquemment, que pour doter notre province d'un système d'enseignement vraiment national, il fallait ni plus ni moins abolir l’école confessionnelle pour lui substituer l’école neutre, obligatoire et gratuite. Dans ce type d'école irréligieux, les enfants de toutes les races et de toutes les Croyances fraterniseraient au moyen de la langue anglaise, qui serait, bien entendu, la langue de communication usuelle.
Dans une seconde conférence, 3 mars, M. Nicholson concède que le français, dans la province de Québec, pourrait être mis sur le même pied que l’anglais à l’école, mais il ajoute un aut- grief: L’INÉGALITÉ de situation où se trouvent, prétendil, es protestants de la province de Québec sur le terrain sco-
(1) Reproduit de Enseignement Primaire d'a vril 1918. (2) Voir le compte-rendu de la conférence de M. Nicholson dans the Garette du premier mars.
laire. (1) Voici, d’après M. Nicholson, en quoi consiste cette inégalite: Inégalité à propos des protestants ruraux, disséminés, obligés de se surtaxer ou d’envoyer les enfants chez les catholiques ; inégalité re les corporations et compagnies neutres, taxées comme les autres (sic) et payant proportionnellement aux protestants et aux catholiques ; inégalité re distribution des fonds du gouvernement.”
Dans sa première conférence, il est évident qu’en préconisant pour la province de Québec l’école publique neutre, où la langue anglaise aurait la préséence, M. Nicholson veut faire revivre l’ancienne Institution royale imposée en 1801 à la majorité française et catholique du Bas-Canada par le gouvernement anglais, grâce aux intrigues d’une minorité sans scrupule.
Inutile de s’arrêter à cette étrange proposition d’un professeur d'université qui habite Montréal depuis une vingtaine d'années. M. Nicholson et ceux qui pensent comme lui peuvent en faire leur deuil : les écoles de la province de Québec resteront confessionnelles, et dans le domaine scolaire, les catholi ques et les protestants continueront à vivre en paix, chacun dans le milieu qui leur convient, et conformément au vrai prinripe de la liberté, principe qui n'a jamais cessé d’être en honneur dans la province de Québec. C'est, d’ailleurs, croyonsnous, le sentiment de la grande majorité des protestants de la province de Québec.
Nous voulons simplement établir que l'affirmation relative à la situation injuste où se trouveraient les protestants en cette province, quant à l’Instruction publique, est non seulement fausse, mais quelle dénote une ignorance inconvevable des faits.