‹ A propos d'un cas d'Aboulie Réflexions cliniques et pathogéniquesChapitre 10 sur 15 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Il est en général facile de reconnaître un aboulique. Toutefois si les symptômes sont peu accentués, comme dans la crise qu’a traversée notre malade en 902, où pendant la période d’envahissement prodromique de celle qui l’a amené à l’Hôtel-Dieu, le diagnostic peut être hésitant. Dans ces cas, les troubles dela volonté n’occupent qu’un plan tout à faitsecondaire et ce sont ceux de l’attention et de l’association des idées qui éclipsent les premiers. Le malade est un distrait et un rêveur avant de devenir un aboulique ; il est nerveux, irritable, et ce sont là des manifestations d’une activité qui semble exagérée, mais est déjà pathologique, car derrière ces manifestations bruyantes, il y a en réalité « parésie psychique » et c’est progressivement, comme nous l’avons vu, que l’on approchera de la période d’aboulie confirmée. S |

A cette période, le diagnostic en général « crève les yeux », toutefois cette règle n’est pas sans exception, comme le montre l’exemple de notre malade et l'intensité même de l’aboulie peut donner le change

et faire croire à des troubles mentaux qui n'existent pas. De là la nécessité de faire une analyse complète de l’étal mental du malade afin d’inventorier s’il y a lieu tous les troubles de l'intelligence et des différentes facultés psychiques. C’est ainsi que l’intégrité de la conscience, de la faculté de perception sont autant d'éléments qu'il est intéressant de connaître dans tous les cas de diagnostic hésitant. Chez notre malade l’aboulie est presque totale et son attitude, conséquence même de l'intensité de son aboulie, est ici une cause d’erreur de diagnostic. Si on le regarde, il semble un négativiste conscient; absorbé par la perpétuelle et obsédante vision des points et des lignes dont chacune de ses représentations est composée, son attitude ressemble bien aussi à celle d’un extatique. :

Ne s'agit-il pas d’un extatique hystérique ? N'est-ce pas l’attitude d’un indifférent mélancolique ? ou bien ne traduit-il pas l’idée fixe d’un délirant chronique ?

A notre avis, il s’agit simplement d’une similitude superficielle, il y a une réaction commune qui esi l'attitude fixe ; mais elle n’est que l’aboutissant d’une succession d'états pathologiques différents dont le dernier terme seul est commun. Il suffit de surprendre le malade à l’un de ces états intermédiaires, de provoquer en lui une réaction partielle quelconque pour se rendre compte de la cause de l’attitude extatique qui est en effet différente pour chacune des névroses à propos desquelles nous avons posé le diagnostic.

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