‹ A Propos D'Un Cas D'Autogreffe Ovarienne HumaineChapitre 11 sur 19 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Grigorieff)

Femelle opérée le 20 juin 1896. Poids : 1.250 grammes. Transplantation de l'ovaire gauche sur la face supérieure du ligament large à 4 à 5 centimètres du milieu de la corne gauche et insertion de l'ovaire droil au niveau de la corne correspondante à une distance de 3 centimètres du col de Ja matrice en dehors. Le premier ovaire fut fixé au péritoine et incomplètement recouvert ; le deuxième, au contraire, complètement enfoui dans un sac fait avec le périloine au moyen de quatre sutures.

Les ovaires qui furent mesurés pendant l'opération avaient une longueur de 1 centim. 3; les follicules de de Graaf et les corps jaunes apparaissaient nettement à leur surface. Après six mois, l'animal fut sacrilié le 20 décembre 1896. Son poids à ce moment était de 1.800 grammes. Le ventre ouvert, on ne constata aucune adhérence. Le col de la matrice et les cornes étaient augmentés de volume ; leurs dimensions correspondaient à celle du terme de la grossesse. La corne gauche à son extrémité abdominale était fortement dilatée et avait la forme d'un corps ovalaire. de couleur gris sombre, dont le diamètre longitudinal atteint le poids de 7 centigrammes. A la section de cette région dilatée, s'échappa un fœtus recouvert du sac fœtal; il était parfaitement conformé et vivant. La longueur, 10 centimètres. Vint ensuite l'arrièrefaix, 3><3 1/2 de longueur; cordon, 3 centimètres. Près de la corne gauche, vers son liers moyen, se trouvait Povaire ; il siégeait sur la surface supérieure du ligament large ;

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il proéminait librement dans Ja cavité du péritoine, et, d'après son aspect extérieur, ressemblait extrémement à un ovaire pendaut la grossesse. Sa longueur, 1 cent. 2. Au niveau de la deuxième corne droite, on découvrait le deuxième ovaire atrophié complètement par le péritoine. Cet état atrophique fut, sans doute, le résultat des compressions produites par la trompe augmentant de volume sous l'influence de la grossesse. Au niveau du siège normal des ovaires, pas le moindre résidu qui rappela le lissu ovarique.

L'observation de Morris semble bien probante et, cependant, elle a élé fortement discutée. On s’est appuyé, pour la réfuter, sur des cas de grossesse après caslralion double et qui n'avait nullement été suivie de greffe. Murphy, Battey rapportent de pareils cas, et Morris même, dans le Médical record, relate une dizaine de cas de castrations doubies suivies de grossesse.

Quelles sont donc les théories proposées pour expliquer la grossesse dans le cas de greffe ovarienne ?

Quelques chirurgiens ont dit : Nous admettons que l’on ait constaté des cas indubitables de grossesse après la greffe. Mais ne sont-ils pas dus à la présence d'un ovaire surnuméraire que le chirurgien n’a pu voir et, par conséquent, enlever? :

C'est là une objection sérieuse apportée par Mauclaire et Walther à la discussion de la Société de chirurgie du 19 février 1909. On rencontre parfois, dans le voisinage de l'ovaire, adhérents à cet organe par un pédicule plus où moins délié ou bien inclus dans les cornes utérines (et, dans ce cas, il est impossible de les constater à l'opération) de petits corps ayant identiquement la conslitution des éléments essentiels ou folliculaires de l'ovaire,

Beigel les considère comme fréquents, siégeant surtout sur le bord péritonéal de l'ovaire ; il les aurait observés 23 fois sur 900 autopsies, soit 4 1/2 pour cent. Kocberlé les signale à son tour. Puech et Thudichum en ont relevé des exemples. Winckler cite une opération d'ovariolomie triple, laquelle a été nécessitée par un ovaire surnuméraire. Hirlz rapporte, pour l'avoir observé, un cas où il existait à l'extrémité interne de l'ovaire droit un petit organe annexé dont la structure constatée micrographiquement révélait nettement qu'il appartenait à l'ovairé. On y retrouvait, en effet, et les ovules et les follicules de de Graaf. Un cas d’ovaire surnuméraire rapporté par Winckler n'est guère contestable. Il s'agit d'une femme de trente-neuf ans, chez laquelle l'ovariotomie fil reconnaître un ovaire droit hypertrophié et kystique, un ovaire gauche hypertrophié et accolé à la tumeur et au-dessous d'elle un troisième ovaire en lout analogue à l'ovaire gauche el dans lequel l'examen microscopique fait par Birch-Hirschfeld fit reconnaitre tous les éléments de l'ovaire.

De Siréty, qui a fait une étude particulière de ces faits, en a présenté un exemple à la Société de biologie, dans lequel existait annexé à l'ovaire droit d'une hystérique, entre l'ovaire et la trompe, une tumeur ayant la constitution anatomique d'un ovaire de fœtus. Cet auteur fait remarquer que, si parfois ces lumeurs contiennent des ovisacs el renferment des ovules pouvant par conséquent être considérées comme des ovaires réels, il -en est aussi qui ne sont, en réalité, que de petits fibromes annexés aux ovaires.

Rieffer donne comme fréquence d'ovaires surnuméraires le chiffre de 4 pour-100 et Wadever de3 et demi pour 100, Mais l'opinion de Testut corrobore bien celle de

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