‹ A Propos D'Un Cas D'Autogreffe Ovarienne HumaineChapitre 12 sur 19 · TR UNE · texte numérisé non relu

TR UNE

Sinéty lorsqu'il dit: «Toutefois pour l'ovaire comme pour le testicule, il ne faut accepter qu'avec une extrême réserve des observations non suivies d'examen microscopique. On peut rencontrer, en effet, dans la région de l'ovaire, de petits corps ovoïdes, qui présentent tous les caractères extérieurs des ovaires surnuméraires et qui, en réalité, ne sont que des masses conjonctives, des kystes, des fibromes minuscules, ete .. »

Donc, l'explication d'une grossesse succédant à une greffe ovarienne par la présence d'ovaire surnuméraire n'est point inadmissible a priori. Mais remarquons, toutefois que les cas rapportés montrent ces ovaires situés au voisinage de l'organe principal, et que, par conséquent, lors de lovariectomie, le chirurgien enlève fatalement avec les ovaires les ovaires surnuméraires. ILfaudrait que l’objection ait une valeur indiscutable, qu'après castraion double on ail été amené à pratiquer une seconde intervention et que l’on ait trouvé alors un ovaire persistant. Or, cette preuve n'a point été faite à moins que l'on ne qualifie d’ovaire surnuméraire, comme l’a fait M. Sauvé, le fragment de tissu ovarien trouvé par M. Lucas Championnière dans le cas que nous citerons plus loin. 11 nous semble pourtant que, de l'avis même de cet auteur, on n'avait pas affaire à un troisième ovaire, mais à un prolongement de l’un de ceux qui avaient été enlevés.

De plus, à l'encontre de cette théorie, nous avons le cas très net de Gregorieff rapporté plus haut. À l'ouverture du ventre de la lapine sur laquelle a expérimenté Gregorieff, on a pu constater la présence d’un fœtus parfaitement conformé et vivant, alors que l’on ne constata pas le moindre résidu qui rappelât le tissu ovarique au siège normal des ovaires. :

Au reste, dans notre observation, nous avons noté une

AR: De

augmentation de volume périodique de l'ovaire greffé. Dans certains cas, M. le professeur de Rouville a pa la voir d’une intensité telle que l'organe atteignait le volume du poing. Or, elle se produit mensuellement et précède l'apparition des règles en moyenne de cinq à douze Jours. Nous avons déjà fait remarquer, mais nous y revenons encore, cela nous paraissant d'une importance capitale, qu'on pouvait l'attribuer à la ponte ovulaire. Quoi d'étonnant alors que Morris ait pu oblenir de si beaux cas de grossesse après la greffe ?

Une autre théorie dont Lucas Championnière se trouve être le défenseur consiste à attribuer la grossesse à un résidu ovarien abandonné dans le ventre pendant lopération. Chez une femme dont il avait levé les ovaires un an auparavant, aussi parfaitement qu'il était possible de le faire, ce chirurgien nota de telles crises de dysménorrhée qu'il dut pratiquer l'ablalion de l'utérus. Cette opération faite, «je troavai, dit-il, au niveau de la corne utérine, profondément pris dans la substance de l'utérus, un fragment ovarien dans lequel il y avait un corps Jaune. Il eût été matériellement impossible d'enlever ce prolongement ovarien anormal sans enlever Loute la corne ulérine, eLon conçoit aisément que, dans les cas dans lesquels celte disposition existe, quelque soin que lon ait mis à enlever les ovaires, on laisse des fragments qui perpétuent les règles.

» En ce cas, il n’y a même rien d'impossible, si on a laissé intacte une trompe du côté opposé, à ce qu'une grossesse se produise.

» Je crois que l’interprétalica des observations que l’on a publiées mérite d'être examinée de plus près. »

Nous ne doutons point que, dans quelques cas, proba-

blement fort rares, cette hypothèse se trouve vérifiée. En

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