L MONS
C'est qu'en effet, les mêmes arguments fournis pour expliquer les grossesses après castralion suivie ou non de srelle, et que nous avons étudiés dans le précédent paragraphe, sont applicables ici.
Ovaires surnuméraires, résidus ovariens laissés pendant. l'opération, voilà autant de raisons qui peuvent expliquer le retour des menstrues.
[l'est certain, que dans toutes les observations publiées jusqu'à aujourd'hui, rien ne pouvait prouver irréfutablement le vrai ou le faux de ces théories.
Une seule observation semblait peu susceptible d'une telle interprétation, c'est celle de Morris. que nous publions en entier.
OBSERVATION IV (Morris.)
Hétérogrette.
Miss L. B..., vingtans N'a jamais été réglée de sa vie. Elle souffrait de tous les malaises qui caractérisent la ménopause post-opéraloire. À la laparotomie, faite en 1895, on constate que son utérus et ses annexes sont infantiles, rudimentaires. Grefle sur le fond de l'utérus d'un fragment d'ovaire provenant d'une autre femme, àagée de trente ans. |
Huit semaines après, elle était réglée pour la première fois de sa vie. La menstruation fut profuse et dura six jours. La deuxième menstruation survint six semaines après et dura einq jours. La troisième au bout de einq semaines el ne dura qu'un jour. Les quatrième et einquième survinrent chacune au bout de quatre semaines,
PA ES el avec tous les caractères d'une menstruation normale. La malade n'éprouve plus ces phénomènes d'insuffisance ovarienne dont elle souffrait.
Elle a été revue quatre ans après. La menstruation persiste, à peu près régulière, et sa durée est tantôt prolongée, tantôt diminuée.
Du fait même que Miss L. B:.. n'avait jamais été réglée de sa vie, qu'elle le fut huit semaines après l'opération et qu'au bout de quatre ans elle l'était encore, on ne peut donner pour ce fait les explications habituelles.
Le considérerons-nous done comme probant? Non, à notre avis. C'est qu'en effet on peut toujours objecter que l'intervention pratiquée par Morris a élé un véritable coup de fouel qui a réveillé la vitalité des annexes infantiles, rudimentaires de Miss L. B..., et alors, soit un ovaire surnuméraire, soit un fragment d'ovaire laissé en place, sous l'influence de ce coup de fouet, a retrouvé son activité physiologique el a pu provoquer ainsi les règles. [n'y a rien dans cette explication qui puisse nous étonner. Il est d'observalion banale. en effet, que, dans cer- Lains cas d'épithélioma, l'intervention est absolument néfaste, parce qu'elle provoque une recrudescence du processus morbide On pourrail donc créer, il nous semble, une analogie complète entre ces cas actuellement biendémontrés el le cas de Morris.
Souligoux, pour expliquer la persistance des règles après castration, se base sur les expériences de Johnson ce physiologiste a cru prouver que la menstrualicn était sous la dépendance d'un nerf qui chemine parallèlement à la trompe dans le ligament large. La conservation de ce nerf, après l'opération, explique alors très aisément la persistance des règles.
Oui, mais ce n’est point une explication suflisante pour
LS
le cas de Morris, et puis elle est loin d'être admise par la majorité des physiologistes.
En somme, tous les cas, nous le répétons, avaient pu être, Jusqu'à maintenant, tenus comme suspects et entachés d’une plus où moins grande incertitude.
Seul, le cas que nous étudions iei nous parail une preuve irréfutable de la vitalité du greffon, en se plaçant au seul point de vue du retour des règles. En effet, Mme B..., avant l'opéralion, est très normalement réglée Donc, les ovaires fonctionnent et fonctionnent bien. Puis, l'intervention a lieu et, deux mois après, la malade dit avoir eu ses règles. En tout cas. elle les a eues ensuite à peu près régulières. Enfin, seconde intervention : consistant en lablation des ovaires greffée, et à partir de ce moment, la malade n'a plus perdu une goulle de sang.
On ne peul pas invoquer ici, pour expliquer le retour des règles, les théories d’ovaires surnuméraires ou de persistance d'un fragment d'ovaire, car la greffe était extra-périlonéale.
La seconde intervention fut des plus simples : on se contenta d'enlever les greffons sous-cutanés On ne peut donc pas dire que, dans cette seconde intervention, on a, sans s'en rendre comple, enlevé les ovaires qui seraient restés en place. De même, la théorie de Johnson est inacceptable ici : le nerf de la trompe n'a pu être touché, donc les menstrues auraient dû persister après la deuxième opération.
Inadmissible encore dans ce cas, et pour les mêmes raisons que nous avons données en premier lieu, l'ob- Jection du coup de fouet.
Nous conclurons donc que, dans notre cas particulier, le retour des menstrues après la greffe leur disparition après l’ablation des organes greffés constiluent une