CHAPITRE V
| L'ENCEPHALITE EPIDEMIQUE CONSIDEREE , COMME MALADIE PROFESSIONNELLE
Déductions d'ordre oDivitetique et médico-légal
di Tous les EE qui, comme nous, ont observé des cas de contagion familiale ou professionnelle d’encépha-
lite au contact des jparkinsoniens ont insisté sur les déductions ‘thérapeutiques et prophylactiques qui s ’im-
“4 posent.
Nous n'insisterons pas sur la nécessité admise par
tous Fe sénéralement mise en pratique d'un traitement
2 5 re Die facon générale, la prophylaxie sera réalisée par
sé l'isolement aussi parfait que possible du patient et par
des précautions d’hygiène simple, (éviter des contacts inutiles, port éventuel d’un masque, lavages des mains, désinfection des objets personnels du malade, lavage à
. Dans le cas particulier d’une infirmière soignante, il ut considérer un fait nouveau important : il s’agit d’une maladie professionnelle, point de vue susceptible
d'entraîner des considérations plus spéciales.
Tout d’abord, il s’agit d'une maladie profession-
j nelle.
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En effet, d’après POLLET : « Est professionnelle toute maladie qui, vraisemblablement, ne se serait pas produite dans un autre métier ».
L'encéphalite épidémique, lorsqu'elle est contractée par un auxiliaire médical au chevet d'un malade, qu'il s'agisse d’encéphalite aiguë ou d’encéphalite à sa phase tardive, viendrait ainsi prendre place à côté d’autres maladies infectieuses reconnues comme professionnelles, telles que la spirochétose, (mineurs, égoutiers, etc….), le tétanos et le charbon, maladies indemnisées, et les brucelloses soumises seulement à la déclaration obligatoire.
Cet aspect nouveau de l'affection impose à notre avis quelques conclusions pratiques.
Tout d’abord, il importerait d'établir une déclaration obligatoire de l'affection et cette déclaration devrait être faite à toutes les périodes de l’encéphalite, tant à sa phase aiguë qu’à sa phase parkinsonienne. Cela contraindrait à prendre vis-à-vis de l'entourage des malades et, en particulier, du personnel infirmier préposé à leur surveillance, les mesures prophylactiques nécessaires, car, ainsi que le disent MM. DuvoIr et MALES- PINE, la déclaration doit être un élément de la prévention.
Ces mesures prophylactiques ont été déjà réclamées par les auteurs qui ont publié des cas de contagion à partir de parkinsoniens et dont nous avons relaté les observations.
C’est ainsi que MM. GUILLAIN, ALAJOUANINE et CÉLICE, écrivent
& Il nous paraît qu'il est nécessaire d'isoler dans les « salles d'hôpital les parkinsoniens post-encéphalitiques, « spécialement ces parkinsoniens pseudo-bulbaires qui ont « une sialorrhée incessante, I1 faut que les familles con- + naissent la possibilité de la contagion des parkinso- « niens.
« Le parkinsonien qui joue avec ses enfants, qui les
embrasse, est incontestablement dangereux pour eux. Il
ù « est indispensable de prendre vis-à-vis des parkinsoniens
. < post-encéphalitiques toutes les mesures d'hygiène, de
Ls < prophylaxie, de désinfection qui, nous semble-t-il, ne | < Sont actuellement jamais appliquées ». ,
; __ MM. CRouzoN et HOROWITZ écrivent également en conclusion de leur observation
« Il faut donc prendre des mesures d'hygiène proply- « lactiques à l'égard de ces malades. Le meilleur moyen « semble consister dans l'isolement, seul capable d'éviter & la contagion de l'encéphalite avec ses séquelles redou- « tables >».
MM. GUILLAIN et MOLLARET, parlant du danger de contagion par les parkinsoniens écrivent :
« C'est dans ce but que de tels malades sont rassem- « blés à la Naipêtrière, dans des salles spéciales, leur « linge doit être désinfecté, leurs objets de table Goivent
« être strictement personnels »,
Qu’ il y ait donc des mesures prophylactiques à pren- # dre, cela semble évident. Mais si, comme insistent MM. GUILLAIN et MOLLARET, eiles sont difficiles à envisager dans le milieu familial, il n’en va pas de même dans ie - milieu hospitalier. L'isolement des parkinsoniens en salles spéciales met à l’abri de contagion les autres malades. /
Quant au personnel infirmier, il semble que les mesu- res prophylactiques doivent être envisagées d’après ce | que nous avons dit plus haut sur le mode de contage par la salive, favorisé par la sialorrhée de ces malades.
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Le personnel infirmier doit être instruit de façon claire de ces dangers de contagion et des modalités pra-
tiques d'y remédier. # | C’est ainsi que s'impose à la désinfection des mains “#6 # ; N ; ù sn 4 pour les infirmiers qui alimentent les malades, désin- 0
fections rhino-pharyngées fréquentes, seraient ere ; semble-t-il, à envisager. Peut-être même pourrait-on proposer l'adoption de mesures analogues à celles prises ' A: dans certains services de contagieux, par exemple le AN port du masque pour procéder aux soins de toutes natus res, masque évidemment lâche qui pourrait être cons-
titué soit par la bavette habituellement utilisée, soit Ke par une feuille de matière plastique maintenue à distance du visage. :
* LE
ee. Il nous faut maintenant étudier le côté médico-légal du problème. +27 FPE) Tout d’abord, il faut envisager l'inscription sur la Ds S liste des maladies professionnelles. Une telle éventua- | hi A lité serait éminemment souhaitable car, elle seule, per- SR mettrait d’indemniser comme il convient la victime. On ne peut objecter le nombre relativement minime À [1500 des cas : quatre cas en trente ans; à n'envisager que À nr la contagion au contact des parkinsoniens, les autres | x maladies infectieuses dans la loi ne sont pas, (à part 7. , le charbon), d’une fréquence beaucoup plus grande. ET ne Elles sont, par contre, en général, à part le tétanos, T4 beaucoup moins graves. je" de En effet, en dehors même des dangers quo ad vita. à la phase aiguë, on ne sait que trop le sombre pro- (e nostic d'avenir qu’impose la très grande fréquence du parkinsonisme ou d’autres séquelles neuro-psychiques.
104 D'après GUILLAIN et MOLLARET : PS
à « On peut admettre que les deux tiers ou les trois” 4 « quarts des sujets atteints à un moment donné d'encé » &« phulite épidémique présenteront à quelque degré, les N « phénomènes persistants ou des manifestations ultérieu- k
« res nouvelles ».
Le
‘pen il n’y a eu, pour une mortalité de 13,2 %, qu'une guérison complète de 1,3 %. Les séquelles des is autres malades ne permettaient un travail régulier qu’à
HE
f Made 15", et un travail irrégulier qu’à 25 % d’entre eux.
Ces chiffres mieux que toutes phrases, permettront 5 bede voir quel peut être l’avenir de la victime. à EE le cas particulier d'une infirmière, il est évi-
autre quelque peu rémunérateur.
£ Il est donc tout à fait légitime d'envisager une je indemnisation. Certes, il est toujours possible à la vic- time de se ROUE ON contre l'employeur resbonsable des
: 2 cette procédure est loin d'apporter à la victime les garanties que lui donne la loi portant réparation des maladies professionnelles qui assure la réparation des __ dommages, d’une facon tout à fait automatique sous la seule condition que l'affection en cause soit inscrite dans les tableaux à double entrée, annexés à la loi et que le délai de responsabilité soit respecté. | De même, en général, le pourcentage d'invalidité est fixé sinon étroitement, tout au moins comme variant autour d’une moyenne indicative.