‹ A Propos D'Un Cas D'Épiploïte Herniaire SuppuréeChapitre 10 sur 15 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

La symptomatologie de l'épiploïte herniaire a été magistralement tracée par Gosselin : on n'ya rien ajouté depuis ; aussi croyons-nous devoir reproduire les lignes mêmes du maître: « Un malade porte depuis un certain temps une épiplocèle. Celle-ci était réductible où était devenue à peu près irréductible par suite d’épiploïte larvée et par la formation d’adhérences. Tout à coup la tumeur devient plus volumineuse; si elle était réductible, elle ne se réduit plus: elle devient chaude, douloureuse à la pression et pendant les mouvements. En même ‘temps apparaissent quelques coliques: parfois, mais pas toujours, des nausées, dans un certain nombre de cas même la constipation. »

Ainsi, augmentation de volume et douleur sont les deux signes caractéristiques de l'affection.

La poussée inflammatoire que dénotent les signes décrits par Gosselin peut se terminer de plusieurs façons.

Dans certains cas les symptômes persistent sans modication durant quelques jours, puis la douleur disparait la première, l’état général s'améliore, enfin la tuméfacüon s’efface et l’épiplocèle devient à nouveau réductible : l’évolution s’est faite vers la résolution. C'est la fin la plus heureuse et la plus fréquente.

Assez souvent, les signes fonctionnels (douleurs et vomissements) disparaissent au bout de quelques Jours mais la tuméfaction diminue à peine, elle persiste sous forme d’une masse volumineus, mollasse, pêteuse, présen< tant par places des placards indurés. Les efforts que l’on tente pour la réduire sont infructueux ; c'est que des adhérences se sont établies entre l’épiploon et le sac et désormais l’épiplocèle est irréduetible : l'épiploite aiguë s'est transformée en épiploïte chronique ; c’est encore une évolution favorable. «

Mais une éventualité plus redoutable est à envisager, et c’est elle qui nous intéresse tout particulièrement ici, nous voulons dire : la suppuration.

Les auteurs qui ont décrit l’épiploïte herniaire suppurée se sont trouvés d’accord pour en tracer un tableau clinique assez impressionnant : les douleurs persistent, des frissons apparaissent, des vomissement alimentaires puis bilieux se montrent, la constipation est la règle. Cependant l'état général ne paraît pas trop gravement atteint, le, facies est coloré et non point grippé, le pouls est rapide sans doute mais non filiforme. Puis les signes généraux se calment, mais la peau au niveau de la hernie devient rouge, œdémateuse, el un abcès s'ouvre à l'extérieur : par l'orifice il s'écoule un pus d’odeur désagréable et des débris de tissu sphacélique qui sont des portions d’épiploon dégénéré.

Rapprochons maintenant de cet ensemble symptomatique les signes présentés par notre malade: les, différences sont telles qu'il semble s'agir d’affections entièrement distinctes. Un seul signe classique se retrouve chez notre sujet: l'augmentation de volume de la hernie. * De petites dimensions en février, la tuméfaction a crû progressivement jusqu'au début d'avril; à cette époque,

AE

LODEL

il y a eu un brusque accroissement de la tumeur qui, certainement, correspondit à une poussée inflammatoire. Mais, fait digne de remarque, ni à ce moment, ni à aucun autre, le malade n’a ressenti la moindre douleur. L'état général est resté, lui aussi, remarquablement intact. En admettant qu'il faille mettre sur le compte de l’épiploïte herniaire cette période de malaises, cette grippe que présenta le-sujet, on est obligé de reconnaitre que l’atteinte de l’état général a été singulièrement discrète et passagère. L'appareil digestif ne fut touché en aucune façon. On ne relève dans l’histoire de T... F... ni nausées, ni vomissements, mi périodes de constipation. Lorsqu'il se présenta à l'examen, son aspect florissant frappa l'observateur.

L'examen de l’état local ne révélait, lui non plus, rien

de caractéristique. La tuméfaction était dure, certes,

très dure même, mais la palpation en était parfaitement indolore. Du côté des téguments, pas de rougeur, pas d'œdème, pas: la moindre hypérthermie locale, rien qui püût faire penser que du pus s'était collecté à ce niveau.

En somme, absence de signes subjectifs, réduction des signes objectifs à l'augmentation de volume de la tumeur et à sa fermeté, tel fut le tableau clinique observé dans ce cas d’épiploïte herniaire suppurée.

Dans aucune des observations que nous avons pu consulter, la suppuration ne s’est établie au niveau de l’épiploon avec autant de discrétion, toujours on a noté des symptômes locaux et généraux bruyants. Cette évolulion à bas bruit mérite d’être signalée, et il nous semble que cette observation relate une forme spéciale et encore non décrite des épiplocèles suppurées : la forme subaiguë (presque latente).

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