‹ A Propos D'Un Cas D'Épiploïte Herniaire SuppuréeChapitre 11 sur 15 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic de l’épiploïte herniaire aiguë est en général facile.

« La présence dans une région herniaire d’une tuméfaction plus ou moins douloureuse, dure ou pâteuse, lobulée, présentant vers la région supposée du collet un pédicule plus ou moins épais qu'on peut dans certains cas suivre jusque derrière la paroï abdominale, et s’accompagnant d'un retentissement souvent peu marqué sur le tube digestif et l’état général, suffit habituellement à fixer l'opinion. » (Leroy).

Si la tumeur est de petit volume elle peut être confondue avec une adénite ; les lipomes du cordon ont pu prêter à confusion ; ce sont là des diagnostics qui se posent rarementen clinique. *

Lorsque l’épiplocèle est suppurée, les causes d’erreur sont plus nombreuses : la fluctuation, en effet, n’est pas un signe absolument spécifique de la suppuration, elle se rencontre aussi dans les kystes sacculaires et dans les hydro-épiplocèles subaiguës et chroniques décrites par Duplay.

Mais c’est certainement l’entérocèle ou l'entéro-épi-

eo i plocèle étranglées qui risquent le plus d’être confondues avec une hernie éfiploïque en voie de suppuration.

En effet, on trouve dans les deux affections de nombreux symptômes identiques : ici, comme là, on se trouve en présence d’une tumeur mate, souvent dure el qui est irréductible ;: des vomissements se montrent, alimenaires, puis bilieux : l'état général est profondément atteint, si bien que dans les formes sévères d'épiploïte herniaire suppurée le diagnostic peut être impossible. Le plus souvent cependant, la confusion doit être évitée et les signes différentiels sont multiples.

En cas d’épiploïte, les phénomènes généraux sont moins alarmants. La constipation est tenace, mais ce n’est pas l’occlusion vraie de l’étranglement : quelques gaz passent de temps à autre,,une purgation provoque une selle abondante. Les vomissements sont plus rares el plus passagers ; ils peuvent être bilieux mais ne sont jamais fécaloïdes. Enfin, l'examen local montre quelques particularités : la tumeur épiploïque peut être fluctuante, son pédicule est plus large et moins douloureux que celui des hernies étranglées.

Dans le cas qui fait l’objet de cette thèse, les difficultés à résoudre étaient d'un autre ordre. Iei, étant donnés l'intégrité de l'état général, l'absence de vomissements et de constipation, la question de l’étranglement ne se posait même pas.

Le diagnostie comportait plusieurs étapes : et d’abord quelle était la nature de la masse inguino-serotale ? Y avait-il des signes qui eussent dû faire penser à son origine épiploïque ? |

Le testicule se sentait nettement dans la bourse, il était indépendant; la tumeur, par conséquent, n’ébait pas à coup sûr de nature orchitique.

. La tuméfaction de forme oblongue, dit l'observation, allongée parallèlement à la direction du cordon, était de consistance dure. Ces signes sont beaucoup plus ceux d’une tumeur du cordon par exemple que ceux d’une masse épiploïque qui est généralement de consistance pâteuse el dont la surface est parsemée d'irrégularités.

Mais, supposons résolu ce premier problème, admettons que le diagnostic d’épiploïte ait été admis, pouvailton $oupconner qu'on allait se trouver en présence d’un foyer suppurant constitué? Evidemment non. S'il s'agissait d’épiploïte, les signes cliniques voulaient qu'on pensât à un processus chronique probablement tuberculeux. Le diagnostic était rigoureusement impossible à établir par les seuls moyens cliniques. Et même, la pièce en mains, l'erreur persista; c'est le microscope seul qui vint éclairer le cas et faire reconnaître sa nature véritable.

RSDURE TS à 4 de

Page 1