EMBRYOLOGIE
L’histogénèse des tératomes est le seul problème de tératologie srandement controversé, Car on connaît pen de choses sur le mode de formation de ces tumeurs. Mais, de plus en plus, une théorie tend à émerger : la théorie blastomérique, la plus plausible, et qui loin de s'opposer aux autres, en fait une synthèse.
On sait que les tératomes, tumeurs à structure tridermique, tendent à apparaître le long de l’axe du corps, en particulier à ses pôles. L’embryologie nous apprend que la région sacro-coccygienne comporte des remaniements considérables. C’est à son niveau qu'est situé le nœud primitif ou nœud.de HENSEN, nid à partir duquel se développe le fœtus, dont dérivent les systèmes fondamentaux de l’organisme et où existe la plus haute concentraftion de cellules primitives pendant la plus longue période. Les embryologistes modernes y placent « lorganisateur » qui par induction, préside aux différenciations successives de l’œuf. Le canal chordal est formé par une invagination de l’ectoderme au niveau de ce nœud primitif. Ce dernier, d’abord repoussé vers l'extrémité de l'embryon, se replace, lors de la résorption de celle-ci, en face du coccyx. Dans cette région aussi se forment puis disparaissent plusieurs structures telles que Vintesün post-anal, le canal neurentérique, la inembrane de Panus primitif. Au cours de son ascension dans le canal vertébral le pôle inférieur de la moelle peut laisser «les vestiges médullaires coccygiens ». D’autre part, les cel-
lules primitives des gonades, parties de l’éminence génitale, migrent le long de la paroi de la ligne primitive et peuvent accidentellement loger dans la région pré-sacrée. Cette ligne primitive, postérieure au nœud primitif, est, de loin, la zône qui présente le maximum d’évolution et d’involution.
Cette simple énumération montre Ia complexité et
J'intrication des faits durant le développement de la
région sacro-coccygienne, et il n’est pas étonnant que ce processus puisse être troublé par quelque anomalie avec une fréquence particulière dans cette région. Les cellules « totipotentes >» qui s’y trouvent, capables de produire des tissus représentant les trois feuillets embryonnaires, peuvent s’y diviser et donner naissance à des néoplasmes. Telle est l’idée maîtresse de la théorie blastomérique, que WizMs soutenait déjà en 1896.
Actuellement, la, majorité des auteurs se rallie à cette
conception et croit que l’origine des tératomes de la région
présacrée réside dans le développement d’un blastomère isolé. À un stade plus ou moins précoce de la vie embryonnaire, une cellule, ou un groupe cellulaire, peut brusquement s’exclure et entrer en sommeil au milieu des autres
cellules qui continuent à évoluer normalement. Incluse
dans des tissus plus différenciés qu’elle, cette cellule se réveille à un moment quelconque (le plus souvent encore au cours de la vie-intra-utérine) et déploie alors tout son potentiel évolutif. Ce potentiel sera d’autant plus riche que la cellule souche de la tumeur aura été exclue à un stade plus précoce.
Cette théorie n’est pas en contradiction avec celle de l'inclusion fœtale, et la corrobore même dans une certaine mesure. On peut, en effet. concevoir que des deux hlastomères dérivés de la cellule initiale fécondée, l’un d'eux se développe seul et que l’autre, inactif pendant un certain temps, se réveille au cours de la vie intra-utérin® ct greffé sur l'enfant, y réalise la forme la plus organisée