‹ A propos d'un cas de dysembryome tératoïde présacré chez un enfantChapitre 13 sur 33 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

LETULLE définit le tératome comme un dysembryome complexe arrivant au maximum de différenciation et de développement. En réalité, les auteurs ont étendu ce terme aux tumeurs tératoïdes et le langage médical aetnel lui donne une acception plus grande.

Le tératome bénin typique est une tumeur congénitale formée de tissus adultes multiples dérivant en général des trois lignées embryonnaires, arrangés de façon désordonnée, mais pouvant s’agencer par place en ébauches d’organes.

Certains auteurs ont parlé de tératomes mono ou didermiques. C’est là, semble-t-il, un abus de langage. Il y a parfois prédominance presque exclusive d’une seule lignée germinale et Pon devra s'appliquer alors à examiner en détail plusieurs parties de la tumeur pour y déceler la présence possible des éléments des autres lignées.

On peut difficilement donner une définition précise de ce dysembryome complexe et en classer les différents types. Il existe, en effet, tous les termes de transition depuis les plus simples — les tumeurs mixtes jusqu'aux plus complexes : ceux qu’on appelle encore parfois « les monstres doubles >. On peut tout trouver dans ces tumeurs, et parmi l’intrication des divers tissus, on constate une tendance plus ou moins marquée à la constitution d’ébauches organoïdes ou d’organes bien développés. Aussi Gross conseille-t-il d'éviter les classifications habituelles, un peu étroites et artificielles.

Les tératomes apparaissent avec une fréquence particu- Lière dans la région sacro-coccygienne, ainsi que dans les glandes génitales et le médiastin. On les rencontre exceptionnellement au cou, à la face ou à la base du crâne.

Dans le premier cas, ils s’extériorisent presque toujours à la naissance par une masse saillant au périnée postérieur. L'apparition de tératomes présacrés sans protrusion périnéale est exceptionnelle : ces tératomes sont alors situés derrière le rectum, dans la concavité sacrée, en situa-

tion généralement médiane. Ils sont antérieurs au fascia . pré-sacré, et s'étendent plus ou moins vers le haut et vers l'avant. ,

Leur volume est très variable, de celui d’une noisette à celui d’une orange ou davantage.

Ils sont généralement arrondis, parfois multilobés, de consistance inégale, comportant à la fois des zônes solides et des zônes rénitentes ou fluctuantes. Traits particuliers de ces tumeurs présacrées : leur caractère fréquemment kystique, la présence d’une capsule et leurs attaches au sacro-COCCYX.

La section montre une capsule plus ou moins épaisse et une ou plusieurs cavités kystiques contenant habituellement un liquide visqueux et jaune trouble, des poils, des matières sébacées. Les parties solides peuvent comporter des dents ou du matériel ostéocartilagineux. Dans 10 à 15 p. cent des cas on peut déceler des organes reconnaissables.

L’étude histologique montre des tissus extrêmement variés. Sur la paroi interne des kystes se trouvent des épaississements de couches épidermiques avec bulbes pileux, glandes sébacées et sudoripares et même des zônes de revêtement épithélial cylindrique à cils vibratiles avec armature cartilagineuse, s’identifiant à la muqueuse bronchique. Les masses de tissu solide se composent de tissu nerveux avec névroglie, cellules ganglionnaires, cellules épendymaires; rudiments de rétine, tubes et kystes qui rappel-

NV AURe

lént l'arbre urinaire, tissus cartilagineux et osseux, muscle lisse ou strié, etc. Les tissus pulmonaire, hépatique, pancréatique, les gonades et l’épithélium chorionique ne se voient que rarement.

Enfin, définissons en deux mots le tératome malin : c'est une tumeur peu différenciée comportant des amas cellulaires divers, des végétations papillaires et quelques formations glanduliformes.

Page 1