INDICATIONS
Chez notre malade l’ablation de la tumeur était un cas d'urgence. La ponction ne fut qu’une solution d’attente, uniquement palliative. La compression des organes voisins, causant une obstruction intestinale et un obstacle au passage de l’urine, imposait une intervention rapide. C’est là une indication majeure.
Les tératomes sacro-coccygiens subissent, d’autre part, une dégénérescence maligne dans 9 à 15 p. cent des cas en moyenne. Plus l'intervention sera précoce, moins cette évolution aura de chances de se produire. L'idéal serait d'intervenir le plus tôt possible, dès les premiers mois, grâce à un diagnostic précoce, si l’état général de l’enfant est bon, puisque nombre de ces tumeurs sont menacées de ‘ces deux complications importantes. Il faut savoir imposer l'intervention, surtout quand la tumeur est petite ou quand elle n’est qu’une découverte d'examen.
Les indications opératoires doivent donc être des plus larges. On pratiquera l’extirpation totale de ces tumeurs, sans égard à leur grande taille et sans égard au jeune âge ou même au caractère prématuré de lhôte.
CiGor et KLEIN insistent sur la bénignité de l’intervention, même chez le nouveau-né, contrairement aux notions classiques. Certains de leurs malades opérés avec succès avaient vingt-quatre heures, trois, quatre et dix-neuf jours. Cette bénignité est rendue encore plus grande d’une part grâce à l’emploi pér-opératoire systématique d’une perfusion de sérum ou de sang dilué, d’autre part à la pra-
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tique d’une anesthésie locale. PETIT et LE TAN-VINH, eux, sont moins optimistes et pour eux, l’extirpation précoce : chez un nouveau-né reste une intervention grave.
Seules les métastases, comme Gross en a rencontrées, seraient une contre-indication formelle à l'intervention.
Mais CaARiILLO fait d’autres réserves. Pour lui, il n’est pas toujours possible d'intervenir chirurgicalement sur des sujets porteurs de telles tumeurs, lesquelles sont parfois associées à des lésions ou altérations telles que l’intervention est contre-indiquée et aboutirait à une issue fatale. Il en serait ainsi des cas où le tératome est accomgné d’un spina bifida, d’une extrophie vésicale, d’une aplasie du gros intestin, etc.
RESULTATS OPERATOIRES
Les résultats par la voie périnéale sont bons dans l’ensemble, car cette opération n’est pas choquante.
Une surveillance assez complète est nécessaire pour que l'on puisse se permettre de donner une évaluation assez exacte des résultats lointains du traitement,
De nombreux rapports de cas individuels ont manqué en général d’études de surveillance suffisamment complètes pour permettre une évaluation précise de la malignité, du taux de mortalité et de récidive.
GRosS n’a eu qu’une mort post-opératoire chez un nouveau-né au quatrième jour. Il n’a eu en dix ans aucune infection de plaie, grâce à une asepsie stricte au cours des opérations el une surveillance post-opératoire soigneuse de la plaie, au maintien de la position sur le ventre après l'opération et à l’usage prophylactique habituel d’antibiotiques.
Alors que la large libération chirurgicale et l'isolement du rectum pourraient faire naître une certaine appréhension quant à la possibilité d’une dysfonction anale ultérieure, GROSS n’a rencontré dans aucun de ses cas de lincontinence rectale ou urinaire. Il ne trouva non plus ‘aucune anomalie imputable à l’excision du coccyx.
L'âge auquel on opère ces tumeurs influe sur le pronostic. GROSS sépare ses quarante cas en deux groupes :
— un premier groupe de trente-deux cas apparus chez des nouveaux-nés. Il y eut intervention chez vingt-neuf d’entre eux et on en sauva complètement vingt-six qui sont vivants et débarrassés de leur tumeur.