‹ A Propos d'un Cas de PurpuraChapitre 12 sur 21 · AE ÈS · texte numérisé non relu

AE ÈS

ont signalé la fréquence du purpura chez les sujets porteurs de lésions du système nerveux. Bouchard décrit le purpura associé à la névralgie faciale. Strauss montre qu'il suit fréquemment les crises des douleurs fulgurantes des labétiques et qu'il apparaît sur leur trajet.

Mais d’autre part il est fréquent de rencontrer des éruptions purpuriques sans qu’il soit possible de «déceler aucune lésion anatomique du système nerveux. La symétrie ou la disposition métamérique ne sont nullement constantes.

Cley, poussant dans le nerf sciatique d’un chien des injections irrilantes, constate des hémorragies visibles au microscope et de la vaso-dilatation, mais n'obtient pas de purpura véritable.

Expérimentant sur des lapins, Grenet obtient facilement une éruption caractéristique en provoquuut chez les animaux en expérience des lésions du foie par la ligature temporaire du pédicule hépatique.

l'echerchant l’action des lésions nerveuses ïl pratique des injections intra-medullaires de glycérine el il écrit que « chez les animaux qui ont survécu à un injection intra-medullaire bien faite, il a constamment observé des hémorragies cutanées caractérisées par des ecchymoses et des pétéchies ».

Le rôle de l'infection n'est pas: douteux. On a isolé du sang les microbes les plus divers... streptocoque, staphylocoque, coli-bacille... etc.

Chapron a pu cultiver le streptocoque dans le sang du cœur d'un de ses malades mort d’endocardite végétante

et présentant une éruption purpurique généralisée,

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Klebs en 1875 décrit un micro-organisme qu’il appelle monas-hémorragica. Mais il a retrouvé plus tard ce même microbe chez des sujets sains et ses premières re cherches avaient été entreprises après la mort du malade.

Watson-Cheyne trouve des colonies de bacilles dans les organes d'un sujet mort d’un purpura grave.

Les expériences de Pétrone sont plus intéressantes. II injecte du sang de purpurique dans les veines de l’oreille de lapins. Dans le sang de ces animaux il constate à présence de microcoques et de bacilles. En même temps les lapins meurent en présentant des ecchymoses et des hémorragies.

Le fait que l'ekpérimentateur trouve deux espèces de microbes laisse supposer qu'il pourrait peut-être s'agir de microbes venus de l'extérieur.

C'est surtout Martin de Gimard qui obtient des résultats intéressants. Afin de se mettre à l'abri des causes d'erreur, il prend par ponction au pli du coude et dans des conditions d’asepsie rigoureuse, du sang à un malade en pleine éruption. Il ensemence ce sang sur divers milieux de culture et il réussit à isoler un coccus de 0,7 à o,8, sans capsule, groupé en amas de quatre ou cinq éléments, cultivant à la surface de l’agar et ne poussant pas sur la gélatine. L’injection de cultures dans le tissu cellulaire des animaux ne produit pas d’abcès. Mais injecté dans la veine de l'oreille d’un lapin ce coccus produit une infiltration hémorragique du péritoine, des ecchymoses sous la capsule du rein et à la surface des

muscles de la cuisse,

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On voit que ces recherches ont donné des résultats fort variables, mais elles montrent qu'il existe souvent dans le sang des éléments microbiens, sans qu'aucun d'eux jusqu'ici ait été absolument spécifique.

En effet, ils sont inconstants et l’inoculation, lorsqu'ils existent, donne des résultats très inconstants. Nobécourt et Tixier dans leur communication à la Société médicale des hôpitaux d’avril 1910 signalent une légère leucocytose polynucléaire chez les quatre malades qui font l'objet de leur communication. Ils pensent que cette réaction indique une suractivité des organes hématopoiïétiques vis-à-vis d’un processus toxique ou infectieux. Et ils font remarquer que l'absence de fièvre n° va pas à l'encontre de cette opinion, puisque certaines toxi-infections sont sans action sur la température ou mème hypothermisantes, On a recherché les microbes au niveau des taches purpuriques. C’est rarement’ qu’on les a trouvés, el c'est surtout au cours du purpura des méningites.

Ces résultats positifs et la découverte au centre des pétéchies de colonies de streptocoques avaient même laissé penser que les hémorragies étaient le résultat d'embolies microbiennes.

Comment agit l'infection P Les microbes agissentils directement ou par leurs toxines ? ou bien secondairement par suite de leur action sur le foie ?

Là encore l’expérimentation n'a pas donné de résultats concluants,

Sanarelle injectant de la loxine diphtérique à un su-

RC, mea

jet le voit mourir en présentant sur le ventre, le thorax et sous les aisselles, des ecchymoses purpuriques. Ce singe était tuberculeux, et deux autres singes n’ayant aucune lésion antérieure ne présentèrent pas de tels accidents.

En injectant à des anguilles soit des cultures pures, soit des toxines de bacille pyocyanique, on détermine chez ces animaux une éruption rappelant le purpura.

Que conclure de ces expériences sinon qu'il est impossible de déterminer la part exacte qui revient à chaque élément morbide.

Les intoxications d'origine endogène ou exogène tiennent une grande place dans l’étiologie. Intoxications professionnelles médicamenteuses ou au cours d’affections chroniques peuvent également s'accompagner de pétéchies. Hayem reconnaît toujours une toxhémie à l’origine des purpuras et elle est souvent d'origine gastrointestinale. Bensaude a toujours observé chez ses malades des lésions du tube digestif, latentes ou en évolu. tion. Chauffard explique le purpura fréquent des blanchisseuses par une intoxication due à une ptomaine volatile émanée des matières en. putréfaction.

IL est probable que ce sont des lésions viscérales obser vées au cours des intoxications exogènes qui sont la cause déterminante de l’éruplion, en particulier celle du foie et des reins.

Nous avons montré l’action du foie sur la coagulation du sang. Avec le rein il est chargé de l'élimination des

produits toxiques de l'organisme. Ces organes une fois

POSE lésés n'accomplissent plus leur fonction et l'intoxication se poursuit.

Il y aurait alors stimulation ou paralysie des neris vaso-moteurs ou sécrétoires de la pedu et il apparaîtrait des éruptions, le plus souvent érythémateuses mais souvent purpuriques.

Le foie agirait ainsi par un double mécanisme : rétention des toxines el action sur la coagulabilité du sang, devenant ainsi à l’état pathologique le viscère le plus hémorragipare de l'organisme.

Les altérations de la rate, des organes lymphoïdes, de la moëlle osseuse modilient la nature et la proportion des éléments figurés du sang. Il est alors dans un état de déséquilibre, et par là, s’expliquerait encore la ten dance aux hémorragies.

Certains auteurs, se basant sur le fait que plusieurs cas de Purpura avaient été améliorés par l’adrénaline ont voulu établir une pathogénie d’origine surrénale..

Mais, à la vérité, les lésions des capsules sont rares et lrop inconstantes, pour qu'on puisse élablir la réalité de leur influence sur l'apparition des pétéchies.

Enfin on a incriminé les lésions vasculaires. Dès 1859 Cruveilhier soutenait la théorie de la phlébite capillaire hémorragique. Wirchow croyait à une faiblesse congénitale des vaisseaux avec rétrécissement de leur calibre. Il est probable qu'elles sont insuffisantes à donner du purpura vrai. Elles peuvent donner lieu à des ecchymo-

ses localisées sans aucune participation de l’état géns-

ral. Elles ne pourraient avoir d'action que par la localisation du purpura véritable.

D'ailleurs là encore l’expérimentation ne donne pas de résultats permettant de conclure. Cruveilhier injecte dans la veine fémorale d'un chien des substances irri tantes ; il détermine des hémorragies profondes dans îe tissu cellulaire et les muscles, mais la peau reste indemne et ne présente pas la moindre pétéchie.

in résumé, en ce qui concerne la pathogénie du purpura, il semble que c’est l’altération de la cellule hépatique qui crée par les modifications de la coagulabilité et de la constitution des albuminoïdes du sang, la tendance aux hémorragies.

L'intoxication de l'organisme agirait de mêmie en produisant une vaso-dilatation intense et des lésions du foie et du rein.

Dans certains cas où l'éruption est systématisée, le rôle du système nerveux n'est pas douteux. La Ilymphocytose et l'hyperalbuminose' du liquide céphalo-rachidien indiquent sa participation.

Mais si ce rôle est parfois suffisant, d'après les expériences de Grenéet il n’est nullement nécessaire à la production de léruption.

C'est surtout l'association des lésions nerveuses et hé. patiques, ces dernières favorisant l’auto-intoxication t provenant souvent elles-mêmes d'une infection primitive

qui favorise l'apparition du purpura.

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