‹ A Propos d'un Cas de PurpuraChapitre 13 sur 21 · DIAGNOSTIC — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC — PRONOSTIC

Diagnostic

Le diagnostic de l’éruption est en général facile. Les pétéchies pourraient être confondues avec des piqüres de puces, surtout chez les enfants mal tenus. Maïs dans ce cas il existe au centre de la tache un point plus fonré visible à l'œil nu ou tout au moins à la loupe.

Le diagnostic avec l'hémophilie est en général facile : l'apparition des hémorragies à la moindre occasion, les antécédents familiaux permettront d'éviter la confusion. Cette maladie frappe beaucoup plus souvent les garçons que les filles.

Le scorbut a des caractères propres : on y observe des gingivorragies abondantes et répétées. Des privations prolongées ont précédé son apparition. Enfin dans les conditions de la vie actuelle cette affection est exceptionnelle.

Bien autrement importante est la distinction entre la maladie de Werlhof et les ecchymoses traumatiques résultant de mauvais traitements. L'observation suivante

de Descouts en montrera toute l'importance

« Un jeune enfant de onze ans, ayant des habitudes de vagabondage est placé par son père dans une école de Villefreux, appartenant à la Société de protection de l'Enfance abandonnée.

Trois semaines après l'arrivée de l'enfant, le président de la Société écrit au père que l’état du jeune pupille nécessite son admission à l’hôpital. Il est conduit su:cessivement à la consultation de l’hôpital Beaujon, puis à celle des Enfants-Malades. L'enfant n’est pas reconnu assez malade pour être admis et les taches bleuâtres qu'il présente sont considérées comme le résultat de mauvais traitements. La famille conduit alors l'enfant à un médecin qui à trois reprises fait le diagnostic de : contusions, suites de violences. Enfin quelques jours plus tard l'enfant est pris de vomissements sanglants et d’épistaxis Il entre alors aux Enfants-Malades et meurt le même jour.

« Le parquet délègue un médecin pour s'assurer des causes du décès. Devant les ecchymoses qu'il constate à la surface de la peau, le médecin croit à leur origine traumatique et il réclame l’autopsie.

Celle-ci montre à Descouts, non seulement des ecchymoses cutanées, mais elle en montre aussi sur la muqueuse de l'estomac et de l'intestin grêle ; ce qui permet de conclure que lenfant est mort de maladie de Werlhof.

« Que serait-il arrivé ajoute Descouts, si l'enfant, au lieu de mourir était guéri de la maladie qu'il portait. 1i

eût été difficile pour les parents d'échapper à la poursuite

judiciaire d'autant plus que l'inculpation reposait sur des constatations médicales faites par plusieurs méd2cins. »

Dans de pareils cas, si l'on constate l'existence de pé- \téchies, d’hémorragies gingivales ou palatines, ou d'épistaxis on peut affirmer l'existence d’une maladie de Werlhof.

Dans certains cas qui s’accompagnent d’une diminu-

tion intense du nombre des globules, on peut croire à l’anémie pernicieuse progressive, surtout lorsque l’aglobulie a atteint le quatrième degré (moins d’un million par millimètre cube).

Là encore c’est la présence d’hémorragies qui tranchera lc diagnostic. Dans les anémies pernicieuses elles n’ap paraissent qu'exceptionnellement et à une époque très avancée de la maladie.

Il importe d'établir le diagnostic causal. Le purpura est toujours symptomatique, soit d’une infection, d'une intoxication ou d'une maladie organique: surtout du rein ou du foie.

Grenet à montré que la glycosurie alimentaire peut permettre de déceler une.insuffisance hépatique même si le foie ne paraît pas malade cliniquement. À l'heure actuelle l'épreuve de la recherche des hémoconies permet de déceler les insuffisances hépatiques les plus frustes.

Sachant la fréquence du purpura au cours des affections nerveuses, au cours des méningites en particulier, il faudra examiner attentivement le système nerveux.

La polynucléose du liquide céphalo-rachidien sera l'in- ARCHAMBAULT 3

RM

dice des méningites aigües ; la lymphocytose considérable permettra d'établir qu'on est en présence d’une méningite tuberculeuse, Mais il faudra se rappeler que !e purpura s'accompagne souvent d'une Iymphocytose pea

intense.

Pronostic

D'une façon générale il sera basé sur l'abondance ou la répétition des hémorragies, l'intensité de la fièvre et des phénomènes généraux.

Les purpuras symptomatiques évoluent habituellement comme l'affection causale. Mais souvent ils aggravent leur pronostic ; en particulier dans les méningites aiguës qui sont alors presque toujours mortelles ; et dans ia variole hémorragique toujours précédée d’un rash purpurique. La forme clinique influe également sur l’évolution. Le purpura rhumatoïde et la maladie de Werlhof guérissent presque toujours ; au contraire le purpura avec phénomènes infectieux est plus redoutable ; il indique souvent une septicémie.

On peut parfois observer des complications, principalement dans les formes thyphoïdes DER angiohématique).

Ce sont des gangrènes limitées ou diffuses, des suppurations, des épanchements hématiques ou purulents des séreuses (synoviales, gaînes tendineuses, grandes cavités).

Hayem a observé chez un ouvrier occupé à décharger de la chaux et présentant des antécédents éthyliques,

des hémorragies rétiniennes.

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