‹ A propos d'un cas de pyélonéphrite à gonococques chez un enfantChapitre 9 sur 23 · I. — FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

I. — FRÉQUENCE

Si tous'les pédiâtres s'accordent aujourd’hui pour considérer la pyélonéphrite comme une affection relativement fréquente de l'enfance, par contre, ils n'en estiment pas moins que la pyélonéphrite à gonocoques, en particulier, est excessivement rare.

Sur ce sujet, la bibliographie est presque inexistante, tant.à l'étranger qu'en France.

Nous avons pu toutefois relever dans la littérature les deux cas ci-dessous :

« L'apparition d’une pyélonéphrite est possible. Elle a été constatée par le Professeur Guyon dans un cas rapporté par Rabaud », écrit Smol Isansky ‘ans sa thèse de 1909, à propos des complications de la vulvo-vaginite gonococcique chez les petites filles.

Dans la Rivista di Clinica pediatrica de mai 1908, Artemio Magrassi rapporte l'observation d’une fillette de six ans atteinte de cystite purulente à gonocoques, qui se compliqua de pyélonéphrite. Une intervention chirurgicale s’imposa par suite de l'atteinte profonde de l’état général, et la néphrectomie permit de constater la présence du gonocoque. On trouva un gros rein, un bassinet très dilaté, dont la muqueuse épaissie contenait des gonocoques.

Nos recherches n'ont pas été fructueuses dans les éervices hospitaliers de Paris.

À l'hôpital des Enfants Assistés, nous n'avons pu recueillir aucune observation.

Nous n'avons pas été plus heureux à l'hôpital Necker, dans le service du Professeur Legueu; à Fhôpital Lariboisière, dans le service, du Professeur Marion ; à l'hôpital Trousseau, chez M. le Docteur Lesné, où nos investigations sont demeurées vaines.

Dans le service qu’il dirige à l'hôpital des Enfants- Malades, le Professeur Nobécourt n'observa qu'un seul cas de cette curieuse affection ; c'est celui que nous rapportons dans notre thèse.

Chez l'adulte, « des cas indubitables de pyélites gonococciques ont été publiés par Le Fur (1904- 1911), Bransford-Lewis, Sellei et Unterberg (1907, 5 cas), Bastos, Feleki, surtout Hagner (25 cas), Townsend et Valentine (1910), Arousam (1912), Nixon .» (Mourot.)

À cette liste, nous pourrions ajouter les cas de

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Michon, de Vossidlo (1921), et plus récemment ceux du Professeur Gayet en 1923. Î Il n’en demeure pas moins vrai que la pyélite gonococcique est une affection relativement rare chez l'adulte, surtout si nous tenons compte de la restriction apportée par Gayet : « La véritable pyélite gonococcique est celle qui reconnaît pour cause le gonocoque à l’état de pureté. » Or, l'infection du bassinet au cours de la blennorragie n’est pas forcément due au gonocoque. Lorsque celui-ci est en cause, il s’agit en général d’une association polymicrobienne. On peut dire, il est vrai, que l’uréthrite aiguë étant une contre-indication formelle du cathétérisme urétéral, bien des pyélonéphrites peuvent, de ce fait, être méconnues.

-Il est intéressant de noter que seules les petites filles sont atteintes par la pyélonéphrite à gonocoques, et cela pour des raisons que nous expliquerons un peu plus loin à propos de la pathogénie.

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