CONTAMINATION
Nous avons vu que la vaccine généralisée apparaît, soit chez des sujets vaccinés, — le plus souvent au moment de la primo-inoculation, parfois chez des adultes antérieurement vaccinés — soit chez des sujets non vaccinés.
Chez ces derniers, le mode contamination paraît facile à déterminer. Il est logique d’incriminer un contact infectant. C’est ainsi que les vachers observés par JENNER, avaient contracté le cow-pox, en trayant des vaches malades et le palefrenier de l’observation X le horse-pox en pansant ses chevaux atteints de « grease ».
Deux autres de nos observations (XI et XII) relèvent d’une contamination humaine:
On peut se demander si le passage du germe d’un individu à un autre n’en exalterait pas la virulence et n’en favoriserait pas la diffusion. Certaines observations permettraient de le penser. Observation X de DAUCHEZ : « une vaccine généralisée chez un nourrisson eczémateux est transmise à sa mère et à Ja bonne qui le soignent. Toutes deux présentent des pustules énormes ». — La vaccine généralisée contractée auprès de son frère jumeau par ie petit eczé-
mateux d’'Harré fut mortelle. Dans l'observation de
PCR CIRE
GATÉ (Observation XII) une femme vaccinée contamine son enfant, qui présente une vaccine étendue, généralisée à tout le visage. Le père caresse l’enfant après s’être rasé : 15 jours après apparaissent de grosses pustules sur le cou et sur la lèvre inférieure, qui laisseront des cicatrices indélébiles.
Quand la généralisation de l’éruption est consécutive à une inoculation vaccinale, le mode de contamination semble plus complexe. L’auto-inoculation peut être responsable d’une vaccine généralisée secondaire. Les doigts, le linge, disséminent la lymphe vaccinale et des pustules se développent au niveau des érosions cutanées, même insignifiantes.
Dans la forme généralisée d'emblée, le contact ne peut expliquer l'extension immédiate de l'infection vaccinale et l’apparition simultanée de pustules en des régions très éloignées du corps.
L’expérimentation a essayé de résoudre les divers problèmes posés par la contamination vaccinale et par l’extension du virus vaccinal.
Sur les animaux de laboratoire, la maladie vaccinale a pu être reproduite au moyen d’inoculation par voie cutanée, ou par voie endo-veineuse,
En 1886, après injection intra-veineuse de virus vaccinal, CHAUVEAU obtient chez le cheval une vaccine généralisée, tandis que les bovidés restent réfractaires à ce mode d’inoculation.
CALMETTE et GUÉRIN, (1877) montrent qu'après inoculation intra-veineuse chez le lapin, les pustules n'apparaissent que sur les régions préalablement ir-
ritées par rasage.
MONTAUBIN