‹ A propos d'une épidémie de poliomyélite aiguë en Cote-d'OrChapitre 30 sur 39 · ARE AUS · texte numérisé non relu

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l’unicité où de la dualité des deux affections sur le terrain clinique.

Or, au point de vue expérimental, en effet, rien n’est définitif. Si l’innoculation au singe de virus extrait de centres nerveux encéphalitiques et poliomyélites détermine chez lui une affection cliniquement identique (tremblement, somnolence, paralysie des nerfs craniens, paraplégie), une différence capitale persiste quant à l’évolution de ces phénomènes. Ceux que cause Île virus de l’encéphalite sont beaucoup plus rapides dans leur apparition ; ils surviennent dans les cinq à six jours. Ceux que fait apparaître le virus de la poliomyélite se fait, au contraire, attendre près de quinze jours.

D'autre part, si dans les deux cas il s’agit d’un virus filtrant, ce virus est annihilé par le sérum des convalescents de poliomyélite. Cette réaction n’est d’ailleurs pas admise comme spécifique par tous.

Au point de vue anatomique, il semblerait que la dualité des deux maladies soit plus manifeste. L’encéphalite a la propriété des lésions diffuses ; elles s'étendent jusqu'aux nerfs et aux muscles. Elles ne sont jamais destructives. Par contre, Radovici et Petresco ont retrouvé, en cas d’encéphalite, les mêmes granulations métachromaphiles que dans Ia poliomyélite. Ils en concluent à leur étroite parenté étiologique.

Le problème demeure donc en suspens. Au point de vue clinique, dans la pratique courante la difficulté est parfois grande et la solution demeure longtemps obscure. Ces hésitations de diagnostic ne furent pas

rares au cours de l'épidémie Bourguignonne de l'été dernier. Plusieurs observations relatèrent des myoclonies (VI et XIII), des paralysies oculaires (III et V), de la somnolence (IV et VD. Plusieurs fois le diagnoctic paraît avoir au début hésité. L’observation XI surtout illustre bien ces hésitations ; si le début de l'affection en cours était d’une méningite, l’apparition des paralysies douloureuses fit songer à une encéphalite. Seule la notion de l'épidémie fit opter pour le diagnostic de poliomyélite que l’évolution devait

plus tard confirmer.

Formes bulbaires

Conjointement aux formes cérébrales et diffuses dont l’existence soulève le problème des rapports de la poliomyélite avec la névraxite épidémique, on observe assez fréquemment des localisations bulbaires et bulbo-protubérantielles de la maladie.

L'enfant de l’observation XIII présente du nasonnement et du rejet des liquides par le nez, donc une paralysie du voile du palais. L'observation XII note une paralysie faciale. Enfin, un autre cas de paralysie faciale, ayant disparu sans laisser de traces, en lespace de quelques semaines, fut observée chez une personne ayant séjourné dans l’entourage immédiat d’un poliomyélitique.

Le plus fréquemment, la forme bulbaire coïncide

avec une atteinte médulllaire. La paralysie faciale en particulier est rarement isolée mais associée à la paralysie d’un nerf moteur de l’œil, souvent du moteur oculaire externe. D’autres fois, elles s’accompagne de nystogmus, d’abolition du réflexe lumineux, de mvydriase.

Toutefois, la paralysie isolée des nerfs craniens quoique rare, existe. Il importe, en pareil cas, de rechercher avec soin la disparition d’un réflexe patellaire, car la notion d’épidémicité même peut ne pas permettre de rapporter avec certitude le symptôme à sa véritable cause.

La paralysie isolée de lhypoglosse est plus rare encore.

Quant aux paralysies oculaires isolées, elles sont considérées également comme exceptionnelles. Il ne semble pas qu’un seul cas en ait été observé au cours de notre épidémie. Le seul de nos petits malades, qui ait présenté nettement des troubles oculaires (strabisme interne, observation IT), présentait, en outre, une atteinte médullaire certaine affirmée par la parésie des membres inférieurs avec disparition complète des réflexes rotuliens.

On a cité, en outre, des paralysies du glosso-pharyngien, du pneumo-gastrique, du spinal. Quelquefois il existe une paralysie unilatérale du voile du palais, parfois des troubles de la parole. Les troubles de la déglutition ont surtout été observés dans les cas mortels.

Les troubles respiratoires mortels des formes graves

de la poliomyélite, souvent conséquence directe de

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l'atteinte des centres médullaires qui commandent aux muscles inspirateurs (intercostaux et diaphragme) pourraient aussi relever d’une lésion du pneumogastrique.

Rappelons que Wickam avait relevé, chez un de ses malades, un rythme de Cheyne-Stockes absolument

typique.

Formes progressives généralisées

Que l’atteinte de la maladie soit cérébrale, méningée, médullaire, dans tous ces cas le virus paraît plus ou moins localisé. I1 n’en est pas toujours ainsi et il arrive que la poliomyélite affecte une forme progressive et ascendante simulant l'allure clinique ou même réalisant un syndrome de Landry. Cette évolution ascendante et généralisée s’observe avec une fréquence variable selon les épidémies. Wickam en compta 32 cas sur 159..On s’accorde en général à réduire à un cinquième le nombre des cas se terminant par un syndrome de Landry.

L’allure progressive et rapide de la maladie est particulièrement impressionnante. Après les nausées, les vomissements, la fièvre du début, s’installe une torpeur profonde qui contraste avec la conservation parfaite de l’intelligence. Puis parésie des membres inférieurs, bientôt suivie de paraplégie flasque. En même temps, les membres supérieurs deviennent malhabiles, la déglutition s’effectue péniblement, la

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