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parole devient hésitante. Le petit malade est cyanosé, en proie à une forte dyspnée, couvert de sueurs. Il succombe bientôt trois à quatre jours après Ie début de la maladie. L’enfant de l’observation X mourut ainsi en quatre jours. Son histoire ne diffère en somme du tableau classique que par l’apparition de la paralysie faciale précédent la quadriplégie.
Le syndrome de Landry ne serait pas d’ailleurs toujours fatal. Ainsi fut observé, à Dijon, le cas d’un adulte (relaté dans le numéro de février 1930, de la revue La Bourgogne Médicale) chez qui l’on vit, en quarante-huit heures, s’installer une paralysie ascendante et chez qui la mort ne survint pourtant que
quatre mois après par broncho-pneumonie, alors que-
l’on assistait à une faible régression des paralysies. En somme, notre épidémie Bourguignonne ne présenta que d’une façon exceptionnelle ces cas de forme ascendante mortelle. Elle paraît à ce point de vue avoir été accompagnée d’un caractère de réelle bénignité. Elle diffère profondément en cela de certaines
épidémies, telle que celle qui survint en Anjou, en
1927, relatant cinq morts par syndrome de Landry sur un total de neuf observations ; proportion de plus
de moitié.
Formes algiques
Certes, les douleurs né sont pas rares dans la maladie de Heine Medin, au moins pendant la période d’invasion. En général, elles ne persistent pas ; très
QT RER vite elles -disparaissent à partir de Ia défervescence. Il est rare qu’on les observe en période de paralysie confirmée. Cependant la douleur provoquée par la pression des masses musculaires persiste parfois beaucoup plus longtemps.
Un grand nombre de nos malades ont présenté, lors de l'invasion de Ja maladie, tantôt des douleurs spontanées plus ou moins vives, tantôt des douleurs provoquées par les. essais de mobilisation passive des membres et la pression des masses musculaires.
Mais le cas de l’enfant, décrit dans l'observation XVIII, nous paraît cependant, par Fintensité des phénomènes douloureux observés, s’écärter cependant du type habituellement décrit.
Embarras gastrique, fièvre modérée, douleur au niveau du coup de pied, tel est le début de la maladie. Il existe bien une certaine parésie du membre, mais on la rapporte plus volontiers à la douleur provoquée par les mouvements qu’à la paralysie qui insidieusement s’installe. Soudain éclate uné crise de douleurs suraiguës au niveau du genou, toute tentative de flexion passive l’exaspère et arrache des cris. L’impotence fonctionnelle absolue, que l’on constate aiors, est mise sur le compte de la douleur. On s'attend à voir l’articulation se tuméfier et l’on prescrit du salicylate de soude. Les choses en restent là, les douleurs persistent pendant une trentaine de jours, puis rétrocèdent, mais la marche reste impossible parce que le membre est paralysé et que l’atrophie musculaire est considérable. Les réflexes sont abolis, un
examen radiologique confirme la dégénérescence
pe
musculaire et la notion de l’épidémie en cours dans les environs fait enfin rapporter cet étrange cas à la poliomyélite qui sévit alors dans la région.
Les douleurs furent donc à ce point prédominantes qu'elles firent croire à un rhumatisme aigu. D’ordinaire, on songe plutôt, en pareil cas, à une polynévrite et, bien que ce terme paraisse, à première vue impropre puisque les nerfs sont respectés, on classe les faits analogues dans le cadre des formes dites algiques et polynévritiques de la maladie de Heiïine-Medin.