‹ A propos de BergsonChapitre 13 sur 21 · ÉPILOGUE AUX NOTES SUR REVOLUTION CRÉATRICE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE AUX NOTES SUR REVOLUTION CRÉATRICE

Puissant organisme que cet ouvrage, et animé d'un souffle rénovateur, dans la mesure, du moins, où c'est l'âme même commune aux pragmatistes (prolongement de rame de tonte la philosophie moderne, et de la philosophie tout court), le sens de l'impuissance spéculative, des dangers et des insuffisances particulièrement grossières de l'imagination visuelle, de l'intérêt qu'il y aurait à consulter la sympathie profonde, qui, comme du dedans, nous fait vibrer avec la tension, en partie, diverse, de ce que nous baptisons de noms.

Une certaine humeur dogmatique s'y trahit aussi, un appétit s'y avoue de , mordre dans l'absolu", c'est-à-dire dans la durée concrète, si précieuse, il est vrai, à ressentir, niais promue, comme par une fatigue, à ce rang tout statique, extra-expérimental de , .réalité même1'.

Cette dualité de l'absolu-durée concrète, et du statique notionnel se rattache à une opposition excessive entre l'esprit et la matière, et engendre un contraste un peu forcé entre la connaissance courante et l'intuition M- N'y faut-il voit que procédé pédagogique? Il semblerait y avoir plus2).

Bergson dessert, sous ce rapport, la cause qu'il sert si bien par ailleurs. Il se découvre aux critiques, vite abusives, d'adversaires qui, commençant par déceler de certaines outrances, en viennent à ne plus savoir reconnaître combien les pragmatistes ont efficacement contribué, pour leur part, à percer la piperie relative des formes et contours achevés.

J) L'auteur lui-même marque cette connexion entre l'opposition, selon nous forcée, de deux genres de connaissance et l'antagonisme, pour nous exagéré, de ce qui s-e fait et de ce qui se défait (Évol. Cr.371.)

;) Il ne s'agit évidemment ici que de la pensée qui fut exprimée dans la première édition de l'.Évol. Cr.", à laquelle je me suis référé par méthode, espérant ainsi repérer plus aisément comment se révèle la conception de Bergson en ses diverses phases, et confiant que l'étude de l'„Energie spirituelle" d'après la 5e édition, de 1920, permettra d'approcher de plus près sa pensée actuelle. Combien et comment se serait modifiée sa pensée depuis qu'il la rend publique? C'est ce que je n'ai eu ni l'intention, ni les loisirs, ni les moyens (il y entre une si large part d'enseignement oral) de rechercher en détail, beaucoup plus intéressé aux théories exposées, envisagées comme excitatrices et provoquant à considération, qu'à la question historique, je croirais assez subtilement délicate, de leur graduelle évolution, — qui dut être favorisée, dans la mesure où elle put avoir lieu, et par les influences dites du dehors, et bien plus par la propension même (et les nuances d'organisation) du complexe élan initial, comme tendraient à l'indiquer ses apparences d'assez étroite ^continuité.

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