SI
se succéder au déterminisme qui lie les phénomènes de la nature.
Si on met le déterminisme dans la nature, de quel droit I le nier de nos sensations, et si, plus attentif, on le' nie même de la nature, il est naturel qu'on ne le trouve pas dans nos sensations, dont la nature est une image pâlie, une abstraction, laquelle, à vrai dire, ne reflète ni une contingence totale, ni un déterminisme strict, mais des arrangements hypothétiques placés par nous entre les phénomènes parce qu'entre nos sensations, et qui ne signifient; qu'une méthode, une orientation.
Mais la concordance des divers esprits? Elle n'est qu'un phénomène comme un autre, pour lequel on trouve bien une j hypothèse, à savoir, par exemple, que les choses étant des hypothèses, l'individualité distincte des esprits en est une aussi, et que rien ne nous empêche de supposer (non pour la ; vérité spéculative qui n'a nul sens à la rigueur, mais pour notre commodité mentale) une sorte d'esprit commun l), nullement personnel au sens empiriquement limité du mot, et plus profond que les ,,moiu divers, d^ambfuué ^' 257'. Pour Bergson la perception est partie de la
réalité totale. Pour certain idéalisme aussi. L'auteur semble laisser se balancer sa pensée entre ,, perception", entendu au sens actif-subjectif, et ,, perception" entendu au sens objectif. C'est surtout a l'objectif qu'il paraît se référer. Quant au subjectif, il l'éclairé peu.
P. 261. S'il pense expliquer la douleur, il n'explique pas le plaisir. Est-il schopenhauérien au point de le considérer comme une simple abstraction, une simple absence, ou soulagement neutre d'une douleur?
P. 27(>. Le mouvement sensation diluée, c'est un curieux aboutissement pour une théorie qui a si justement protesté contre le matérialisme. Il est vrai que le mouvement extérieur n'est qu'une sensation qui s'attarde, d'où la conscience pour ainsi dire est absente, ou mieux distraite, mais l'auteur ne semble pas le prendre tout à fait ainsi 2).
P. 278. La nature peut être considérée comme une conscience neutralisée et par conséquent latente, une conscience dont les manifestations éventuelles se tiendraient réciproquement en échec et s'annulleraient au moment précis où elles veulent paraître.
On souffre du mélange de deux langues, la mécaniciste et la psychique, celle du savant et celle du philosophe. 11
y a comme confusion de plans 3).
*) On dirait mieux „ activité consciente", au lieu d'esprit, pour exorciser moins inefficacement les fantômes du substantiel et de tout statique.
2) Il semble plutôt l'entendre en ce sens que le mouvement est une représentation et une „ sensation diluée" sans nul élément de subjectivité, comme, d'après lui, la perception, de soi, n'inclurait nul élément de subjectivité, toute la part de subjectivité et de conscience, qui pratiquement vient s'y mêler, étant l'apport de la mémoire. Voir «Matière et Mémoire" p. 59 et notre note P. 64.
3) Ainsi plus tard Energie Spirituelle p. 22, et ailleurs.