‹ A propos de BergsonChapitre 8 sur 21 · CONCLUSION DES NOTES SUR .,LE RIRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION DES NOTES SUR .,LE RIRE

Ce petit livre ressemble comme un frère à ses aînés, à ses cadets. Comme eux il plaide, vivant et souple, pour la souplesse de la vie.

Si l'auteur peut relever, avec tant de raison, l'importance de la perception de l'automatisme dans l'impression de comique, (importance, au reste, moins exclusive qu'il ne paraît croire, si Ton envisage les spectacles, et plus profonde qu'.m ne saurait dire, si l'on considère la conscience du spectateur), c'est par ce qu'un tel „ contraste" entre l'automatisme et la vie est un des plus généraux, sans doute même, à le prendre en sa racine, en nous, le plus radical de tous, point absolu au demeurant, et pour cela moins banalement ^'apparent au regard profond qu'à l'observateur superficiel C'est l'antithèse entre la vie qui s'objective et celle qui sourd, la vie regardée et la vie vécue.

A cette opposition se rattache la classification sans doute la plus fondamentale qu'on puisse établir, sinon des caractères, qui ne sont jamais d'une pièce ni tout fixes, au moins des tendances qui, comme des traits vivants ou la ramification des veines, dessinent leur sinueuse complexité sousl'apparentc simplicité des masques. — tendances aux rythmes si différents pour l'accélération, l'amplitude et la richesse. Leur proportion variée semblerait autoriser à partager grossièrement les hommes entre ceux qui sont surtout des idéalistes, des nomades, des artistes, et ceux qu'on serait plutôt tenté d'appeler des satisfaits, des casaniers, sans critique de caste, des bourgeois. Coté Platon, côté Denys de Syracuse; l'explorateur et le péager. Mais, plus au vrai, tous, nous sommes tout l). Leibniz ne nous l'a-t-il pas assez dit? Et si nous devenons comiques, si même nous isolons du comique, n'est-ce pas faute d'égaler en souplesse cette complexité infinie?

r) Par tout, j'entends seulement: l'indéfini même, qu'on ne conçoit pas global, Di donc globalement actualisé. Ici reparaît l'antinomie entre la difficulté d'entendre le virtuel sans de l'actuel, et l'apparente impossibilité de concevoir strictement de l'actuel, comme au reste d'isoler toute notion, faute de quoi nous demeurons dans un certain vague, et ne laissons pas de sentir confusément qu'en une certaine manière nous îv von s.

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