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M. H. Moulin fait naître Jacques à Torigni-sur- Vire (1), par conséquent dans le département actuel de la Manche, au commencement du dix-septième siècle ; son fils aîné, François, Seigneur de Rochelay et de Gigny, serait né également à Torigni en 1645, et le puiné, qu'il appelle le « Chevalier Jean », à Cherbourg
pendant que son père était gouverneur de cette ville.
« Tous deux, dit M. Moulin, en parlant du père et du fils aîné, les seuls dont il s'occupe, sont Normands d'origine ».
Voisin-la-Hougue, dans son Histoire de Cherbourg, écrite dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle, fait naître Jacques, François et Louis-Hector à Cher-
* bourg, sans donner de dates. Par ailleurs, il fait une
confusion entre les deux derniers en attribuant au Chevalier, qui n’a jamais été un littérateur, desouvrages en prose et en vers écrits par son frère.
D'après M. A. Pluquet (2), Jacques de Caillières (sic) serait né à Torigni à la fin du seizième siècle, et mort dans cette même ville en 1696.
Cette date, 1696, paraît erronée à première vue ; si elle était vraie, Jacques, né à la fin du seizième siècle, serait mort centenaire ou peu s’en faudrait, tandis que
Jacques; il ne l'appelle même que le « Chevalier Jean », mais il ne le cite qu'une seule fois, sa notice sur les deux de Callières étant consacrée au père et au fils aîné. C'est sur la foi d'un écrivain canadien-français, M. Sulte, qui s'occupe de l'histoire de son pays, que je lui donne les prénoms de Louis- Hector ; il ne se trouvent pas dans nos historiens qui se contentent de l'appeler le « Chevalier de Callières ».
(1) On trouve le nom de cette petite ville écrit Torigny, Thorigny. L'orthographe que j'ai adoptée est celle de l'Annuaire du département de la Manche, 1889, publication quasi-officielle.
(2) Bibliographie du département de la Manche, « Mém. de la Soc. Acad. de Cherbourg, 1873 ».
ss: & A PROPOS DE
la date de son décès, en 1662, à Cherbourg, est certaine. u Selon le même auteur, François, néà Torigni, le 4 q
mars 1645, mourut à Paris, le 5 mars 1717. Le Cheva-
lier, né à Cherbourg, au rommencement du dix-septième S
siècle, décéda à Québec (Canada) le 26 mai 1703. On de-
vrait conclure de là que le Chevalier de Callières aurait G
vécu très vieux, et qu'il était l'aîné de François. L gl Un manuscrit de la fin du dix-huitième siècle, de M M «
Giles-Pierre Avoyne de Chantereyne, faisant partie de à
la Bibliothèque de la ville de Cherbourg (1), parmiles î Si
Indications sur divers hommes notables de Cherbourg ou #
des environs, ou bien y ayant vécu, donne sur nos trois H A
Callières des détails plus étendus que je résumerai comme il suit :
1° Jacques de Callières, Seigneur de Rochechellay (2) et de Saint-Romald, Maréchal de Bataille des Armées du Roi, s'était attaché de bonne heure aux Maisons d'Orléans-Longueville qui lui procurèrent le gouvernement de Cherbourg où il résida de 1644 à 1662, année où ilmourut, le 42 juin (3). Il cultivait les belleslettres, écrivant en prose et en vers. Pendant son gouvernement. il publia plusieurs ouvrages (4) dont le plus important, de beaucoup, est La Vie du Maréchal de Matignon (in-f°, Paris, 1661). I lui valut les éloges de ses confrères de l'Académie de Caen, dont: il était :
(1) M.S.S. no 121.
. (2) Cette appellation est fautive, c'est Rochelay qu'on doit ecrire,
(3) C'est à tort que. l'abbé Demons, dans son Histoire civile et religieuse de Cherbourg (M. S.S8., n° 107, de la Bibliothèque
de la ville), le fait mourir en juin 1659, mais c'est avec raison qu'il dit qu'il fut inhumé dans l’église Sainte-Trinité.
(4) G. P. À. de Chantereyne, dans ses Indications, etc., etc., donne la liste de ces ouvrages, ainsi que la liste de ceux de François de Callières.