‹ À propos de l'augmentation du nombre des aliénésChapitre 14 sur 18 · CAIN ONE · texte numérisé non relu

CAIN ONE

niques de l’alcool sur le cerveau et le psychisme de l'individu.

Mais ces effets ont une répercussion morale et sociale que nous ne pourrions omettre.

À son foyer, l’alcoolique ne peut apporter que misère et querelles.

Avec la femme, ce sont des scènes quotidiennes, dégénérant fréquemment en brutalités, d’autant plus aisément que l’ivrogne est un jaloux.

Pour les enfants, c’est l’insalubrité des taudis, la sous-alimentation, les tares physiologiques, le rachitisme et souvent la tuberculose, sans parler de l’amoralité de l’atmosphère où ils vivent qui fait d'eux un terrain propice à l’éclosion de tous les vices. Si l’enfant, ou mieux les nombreux enfants de l’alcoolique. ne finissent pas dans un sanatorium, leur malheureuse existence, c’est au pénitencier, au bagne même que nous les retrouverons. L’alcoolique ne se contente donc pas de mettre sa vie et son psychisme en péril comme tout toxicomane, mais il sème la misère et la maladie autour de lui. C’est un danger et pour sa famille et pour la société. Deux routes, deux issues, s’offrent à sa misérable existence : l'asile ou la prison; mais en définitive, c’est toujours à l’asile qu’il reviendra, car la justice est indulgente à ce vice et trop souvent regarde l’ivrogne comme irresponsable.

2° Les causes morales

Deux facteurs seraient à envisager :

a) LA CONTAGION MENTALE :

Cet élément aurait joué pendant la période intercalaire septembre 1938-septembre 1939. Il répond, dans ses aspects psycho-pathologiques, aux psychoses transitoires de la guerre des nerfs que Pfeersdorff appelle des « Psychoses Tensionnelles »; le nombre de cas de ce genre a été très élevé dans les pays où la tension a été plus manifeste que dans le nôtre (Autriche, Pologne).

C’est surtout chez les Israëlites que ces psychoses sont apparues, se traduisant en général par de la Dromomanie ou des suicides.

b) LES ÉMOTIONS :

Comme le disait le Docteur Toulouse, « de petits heurts multipliés sont générateurs de psychopathies, bien plus que ne le saurait faire le grand choc initial. »

3° Les causes pathologiques Anémie dans les pays vivant en état de sous-nutrition, cardiopathies, infections diverses, intoxications.

4° Les causes physiologiques

Causes endocriniennes, etc.

Ces causes n’ont joué qu’un rôle insignifiant.

5° Causes sociales

Et nous arrivons ainsi aux causes sociales, causes

qui nous semblent avoir joué un rôle déterminant manifeste dans l’éclosion des troubles mentaux.

Voici ce que disait M. le Professeur E. Mira dans

son rapport au deuxième Congrès International d’Hygiène Mentale (1937)

« Or, en résumant notre point de vue général sur le rôle des conditions sociales dans la production des troubles mentaux, nous arrivons à conclure que :

« 1° Parmi toutes les conditions sociales, celle qui semble avoir un rôle plus important dans la pathoplastie des troubles mentaux, c’est la POSITION ÉCO- NOMIQUE, ou plus exactement, la possibilité de satisfaction de ses besoins et de ses désirs par l'argent. (C’est dans ce sens que nous acceptons le matérialisme historique dans l’étiologie psychiatrique.) « 2° Dans la plupart des cas, les conditions sociales ne jouent leur rôle pathogène que d’une façon indirecte et même dans les cas les plus évidents de leur action (psychoses situationnelles, par exemple), il faut toujours tenir compte de l’importance de la prédisposition psychopathique (constitutionnelle) des sujets.

« 3° Un changement brusque et répété d’une ou plusieurs conditions sociales a plus de chances de devenir pathogène pour le psychisme que l’action prolongée ou chronique d’une ou plusieurs de ces conditions (si défavorables que celles-ci puissent

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