III. — ACTION ANTIPARASITAIRE
Depuis cette époque les recherches ont porté surtout sur l’action antiparasitaire des composés de l’arsenic, déjà utilisée empiriquement contre la malaria. |
L'arsenic avait fait son tour du monde et de pathologie et il en était aux tropiques, entre les mains de
Thomas, sous la forme d’atoxyl, à s'opposer à la maladie du sommeil, quand l'idée vint à Salmon de rechercher s’il n'aurait pas quelque influence sur le spirille de la syphilis que Schaudinn venait de découvrir et d’apparenter aux trypanosémes.
Les syphilitiques avaient, depuis longtemps déjà, bénéficié de l’action reconstituante des composés arsenicaux opposée à la dépression produite par la maladie et par les longs traitements mercuriels Dès 1839, Donovan composa une liqueur qui associait l’arsenic au biiodure de mercure et à l’iodure de potassium. On envoyait déjà vers cette “époque les syphilitiques à certaines eaux minérales arsénicales qui permettaient d'élever sensiblement les doses de mercure dans le traitement des formes graves Ricord associait à l'iodure de mercure l'iodure d’arsenic.
Malgré ces heureuses tentatives, l'arsenic ne s employa plus dans la syphilis jusqu'à la découverte de l'acide cacodylique et de l’arrhénal dont le professeur Gautier vanta les effets sur les accidents secondaires et tertiaires. M. Brocq retira de bons résultats de divers produits d'association arsenico-mereurielle : le catodylate de mereure, le cacodylate 1odohydrargyrique. En 1204, le 'salicylarsinate de mercure, découvert autrefois par Béchamp, revint d'Allemagne sous le nom d’énésol et eut une certaine vogue.
Mais il fallut le détour des essais tentés sur les trypanosomes pour que l’arsenie vint prendre dans la thérapeutique de la syphilis le rang qu'il: occupe maintenant.
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INDE L'AToxyz AU OÙD
Dans la maladie du sommeil, on avait donné 30 centigrammes en injections tous Îles deux ou trois jours; contre le tréponème très résistant, il fallut 50 et 80 centigrammes pour obtenir un résvltat. I y eut quelques succès et de nombreux et très graves accidents, des cécités complètes, des morts; ce qui ne surprend plus depuis qu'il à été démontré que les faib'es doses de 5: à 10 centigrammes suffisent à déterminer des accidents oculaires.
Bien que l’atoxyl ne méritât pas l'épithète de « spécifique de la vérole » que lui décerna Salmon, il donna des preuves indéniables de son action sur les lésions syphilitiques, et devint le point de départ des travaux qui ont abouti à la synthèse de deux tréponèmicides puissants : les benzosulioneparaaminophenylarsinate de soude, ou hectine de Mouneyrat, étudiée cliniquement par Balzer, et le dioxidiamidoarsenobenzol, ou 606 d’Erhlich, dont l’étude elinique expérimentale à été faite par Hata dans la spirillose des poules et la syphilis du lapin.
Partant de l’atoxyl il s'agissait d’exalter son activité antisyphilitique et de lui faire perdre sa toxicité.
L'hectine. — M. Mouneyrat détermina que le rôle essentiel joué par l'atome d’arsenic dans la molécule d’atoxyl est bien secondé par l’aniline, dont le noyau aminogène renforce l’action adjuvante du noyau benzène.