MIS
Il chercha par des groupements nouveaux à porter à son maximum l’action tréponèmicide, mais il n’empêcha pas la toxicité de monter parallèlement.
Il demanda la solution du problème à l’expérimentation, cherchant à saisir le procédé mis en œuvre por l’économie pour rendre inoffensifs des corps: toxiques comme la benzine et l’aniline. |
Injectés à des animaux à sang chaud, ces produits sont oxydés, deviennent des oxydriles phénoliques. Par l'intermédiaire obligé de cet oxydrile, les deux principaux antitoxiques chimiques de l'organisme, acide giycuronique et sulfate acide de potasse s’unissent aux noyaux aromatiques, facteurs d'activité mais aussi de toxicité, et les entraînent dans des combinaisons inoffensives.
Pour d’autres corps, aux groupements: fonctionnes différents, la combinaison dernière change, mais le mécanisme est le même, celui de l'immunité.
M. Mouneyrat s’est attaché à l'étude des combinaisons sulfoniques et phényisulfoniques dans lesquelles les corps animés perdent leur action néfaste, et il a donné les hectines, dont les sels de mercure sont les hectargyres. L’hectine est peu nocive pour la vision; on reconnait qu’elle détruit les spirochètes, stimule Rd dr se localise dans les muscles et dans la peau dont elle guérit rapidement les lésions. Actuellement elle est indiquée dans les cas où ies autres arsenicaux sont mal us et où il faut NAN res RASTAI
T'héories D — Peut-on savoir ce: qu'il
lo
advient d’un médicament lancé dans l'organisme contre un parasite?
A ce sujet, Erhlich émet une hypothèse qui schématise les choses à la manière des chimistes traitant des systèmes géométriques des formu'es de constitution. | |
Pour lui, la molécule vivante, du parasite et de l'organisme est constituée par un groupement ou noyau central et par des prolongements latéraux ou récepteurs chimiques, chimiocepteurs, doués d’une affinité générale du parasite pour une série chimique et d'affinités spéciales à chacun d'eux pour tels produits de cette série. D'autre part, la molécu'e d’un produit toxique est constituée par un groupement central et par une chaine latérale qui est attirée par les chimiocepteurs de certain parasite.
De sorte qu il est nécessaire, pour atteindre celui-ci, de porter à son contact une substance déterminée capable de fixer et partant de neutraliser ses chimiocepteurs. Pour les spirilles les substances actives sont prises parmi les couleurs de la série azotée, les arsenicaux, les dérivés du triphénylméthane.
Si toutes les affinités du parasite arrivent à être satisfaites, ses chimiocepteurs étant tous saturés. une nouvelle dose de la substance expérimentée sera fixée par les chimiocepteurs de l'organisme, produlsant l'organotropisme; l’action thérapeutique dépassée, il y aura intoxication. Certains corps produiraient d'emblée cet effet; par exemple l’atoxyl, dont l'influence neurotrope prime l’action sur le parasite chez certaines personnes à susceptibilité spéciale. Ebrlich croit pouvoir affirmer que les autres arse-
0) de
nicaux arrivent au même résultat si on les administre à petites doses; ces petites doses donnent de l’anaphylaxie qui hypersensibilise l'organisme dont l’affinité pour l’arsenic s’accroit, tandis que de son côté, le parasite s’accoutume, diminue sa réceptivité et devient arsenorésistant.
De ces vues il concluait à la nécessité de trouver un médicament qui se fixât électivement sur le parasite. et de l’employer à haute dose pour obtenir la stérilisation massive de l'organisme.
Levaditi apporte à cette question la réponse que lui a dictée une expérimentation rigoureuse.
Il pense que le médicament agit par l'intermédiaire de l’organisme, dont il provoque les réactions de défense.
Les composés arsenicaux à structure complexe comme l’atoxyl et l’acétylarsanil sont réduits par les organes en un produit qui s’unit à la matière protoplasmique en une toxalbumine arséniée antiparasitaire. Levaditi a obtenu par réduction de l’atoxyl par le foie, le trypanotoxyl. À ce trypanolyseur pris pour type des toxalbumines arsémiées 1] a reconnu comme caractère d’être toxique pour les trypanosomes non arsénorésistants à la condition qu'il n’ait pas été fixé par les cellules de l’organisme qui lui ont fourni son noyau protéique, ou qu'il n’ait pas subi l’action de la chaleur, qui coagule les matières albuminoïdes et abandonne un arsenic incapable de se fixer sur les trypanosomes.
JT y aurait donc tout d’abord organotropisme suivi d'élaboration d'une toxalbumine arseniée qui possède seule une action parasitotrope. Dans la lutte
contre le microbe l'organisme n’est pas une scène indifférente à la merei d’un échec thérapeutique qui lui renvoie en toxicité l’activité du médicament. Ehrlich est revenu dernièrement sur ce sujet et il a exprimé une idée très rapprochée de celle de Levaditi quand il dit : « J'estime que l’action du salvarsan n’est pas directe, mais indirecte, et que pour se produire un troisième facteur est nécessaire, ce facteur doit se trouver dans les liquides de l'organisme. Dans un tube à essai les spirochètes peuvent fixer le salvarsan, mais ils ne sont pas tués. la destruction n’est complète que dans le corps humain. »
Done, que ce soit par ses liquides ou par ses cellules, l'organisme intervient dès l’abord; 3 transforme la substance chimique en un produit qui trouve dans son état d’assimilation sa vertu théra-
peutique.
Le 606. -— Ehrlich fit ses premiers travaux avec les couleurs de la série azotée. Elles lui permirent de suivre objectivement leur fixation; mais ces colorants avaient moins d’aflinité pour le parasite que pour l'organisme; il les ahandonna pour les arsenicaux. En partant de l’atoxyl il chercha « un moyen de combiner les homologues et les dérivés les plus divers de ce produit, expérimenta la valeur de chaeun, et, prenant pour bases les résultats ainsi obtenus, essaya de produire des corps possédant des qualités thérapeutiques de plus en plus parfaites. »
Parmi les arsenicaux il fit la part de ceux qui renferment le métalloïde à l’état de molécule trivalente, parce que leur action spirilloeide est égalée
Lao
par leur toxicité. Les composés pentavalents lui parurent les seuls utilisables; ils sont moins toxiques et plus ou moins actifs. Son premier pas fut la synthèse de l’arsenophenylgiycine ou spirarsyl, qui fut essayé par Alt dans le traitement de la syphilis humaine avec un certain succès malheureusement entaché de quelques accidents hépatiques graves. Ehrlich trouva que le rendement thérapeutique était fonction de certaines conditions de nature et de position des radicaux dans la formule de constitution. Il réalisa une série de combinaisons dont la 5928, le dioxidiamidoarsenobenzol. agissait parfaitement, mais était encore toxique et d’une manipulation difficile; de tous ses sels le dichlorhydrate, 606€ synthèse, parut le plus actif et le moins toxique. Diverses purifications ont abouti à des types de séries différentes, l’Idéal, FHyperdéal et lOptimal, puis à un type unique dénommé salvarsan, poudre jaune acide, s’agglomérant au contact de l’eau, conservée dans des ampoules scellées remplies d'azote, soluble dans l’eau chaude et le sérum physiologique.
Ce descendant de l’atoxyl, de macabre mémoire, s’annonçant un beau jour en manchette d'un journal d'information, fut reçu froidement en France, où on avait encore tout frais le souvenir de proclamations semblables en tous points d’une therapia sterilisans magna de la tuberculose lancées à plusieurs reprises dans la grande presse, corsées d'’initiales aussi étranges que le nombre 606 et appuyées pareillement de noms illustres de l'Allemagne savante. Quelques médecins se rendirent au pays de la merveille et ils en revinrent conquis. Certains de ceux