‹ À propos de l'épidémie de méningite cérébro-spinale de Rennes 1909Chapitre 11 sur 19 · AI · texte numérisé non relu

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; tre, Touchard et Marie). Mais l'affection que l’on ren- | contre ile plus fréquemment, et que l’on est le plus porté à confondre avec la méningite à inéningocoques est sans contredit la méningite tuberculeuse.

Nous en avons observé plusieurs cas cette année, et nous avons dû suspendre notre diagnostic pendant quelque temps tellement la confusion était possible.

Pourtant il n’est pas impossible cliniquement de les différencier J’une de l’autre. Dans les méningites tuberculeuses que nous avons rencontrées, nous avons observé un début plus lent, précédé de prodrômes, tels que la tristesse, le changement de caractère, l’amaigrissement, les migraines, les accès de fièvre, dus à une tuberculisation pulmonaire ou abdominale, laquelle précède où accompagne cette dernière en général.

Mais, comme dans la méningite à méningocoques, nous avons trouvé de la diplopie, de la céphalalgie, des vomissements. Le fameux trépied méningitique était là absolument constant, plus peut-être que dans la méningite cérébro-spinale à méningocoques, où nous avons déjà remarqué que la constipation n’était pas toujours la règle.

La fièvre dissociée, c’est-à-dire cette concordance d’une température élevée avec un pouls à 60, par exemple, a été rencontrée plus souvent par nous dans la méningite tuberculeuse que dans la méningite à méningocoques. Il en est de même du symptôme dit € du ventre en bateau ».

Les lésions oculaires auraient pu nous mettre sur la voie du diagnostic. A l’ophtalmoscope, en effet, on observe des lésions du fond de l’œil; les tubercules de

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la choroïde occupent en général le voisinage du nerf cptique et de la macula. Ils forment des saillies arrondies, grisâtres, de nombre variable, qui sont d’un Tres appoint dans le diagnostic.

A l’autopsie nous trouvons enfin des lésions plus marquées au niveau de la scissure de Sylvius, un exsudat plus abondant, grisâtre, purulent, lardacé (0bserv. I, XIII).

Les eranulations sont quelquefois partout, mais, de préférence, sur îla gaîne des lymphatiques des vaisseaux de la pie-mère.

Dans la méningite cérébro-spinale à méningocoques, au contraire, nous n'avons trouvé ni les granulations du cerveau de la méningite tuberculeuse, ni les nappes épaisses et purulentes de la méningite pneumocotcique. Aux confluents vasculaires, nous n’avons jamais remarqué que des traînées de pus très concrètes. Sur toute la hauteur de la moelle est visible ce même pus, disposé en placards échelonnés de haut en bas et accompagné d'adhérences nombreuses.

D’autres affections pourraient prêter encore à confusion. L'urémie et, plus particulièrement, lurémie cérébrale (Lépine et Chauffard) peut présenter quelques symptômes analogues à ceux de la méningite cérébro-spinale, tels que Ta céphalalgie, le délire; elle peut éclater brusquement; le plus souvent, pourtant, des prodrômes la font pressentir. Les urines diminuent de quantité, l’albumine augmente, le malade se plaint de céphalée violente, il a des épitaxis, des vertiges, des troubles visuels et auditifs, de la cécité subite, des

œdèmes, des mouvements spasmodiques des membres, enfin la grande attaque survient avec ses accès épileptiformes, dégénérant souvent en cette folie urémique que Dieulafoy à décrite et qui n'aurait pu nous laisser supposer plus longtemps que nous avions affaire à une méningite cérébro-spinale.

Dans l'intoxrication par le plomb, Mosny a décrit une méningite saturnine, qu'on a désignée encore sous le nom d'encéphalopathie saturnine, de saturnisme cérébre-spinal (Jaccoud).

Mais si l'on observe, là aussi, des accidents tels que la céphalalgie, Tes vomissements, la constipation, on trouve aussi toute la longue série des accidents saturnins, conume le liseré violet des gencives, Ia colique de plomb, les troubles visuels, les paralysies des exten-

sens, la tumeur dorsale du poignet, le tremblement saturnin, l’atrophie musculaire, et grâce à cet ensemble de symptômes il sera difficile de se tromper.

Toutefois, un examen superficiel et un examen du liquide céphalo-rachidien trop hâtif pourraient au premier abord induire en erreur; les modifications de ce !iquide sent les mêmes dans les méningites toxiques et dans les méningites cérébro-spinales.

Nous n'avons pas eu, au cours de cette épidémie, d'éclamptiques à examiner ; cependant l’éclampsie à été signalée plusieurs fois comme pouvant présenter des symptômes méningés. La présence d’albumine, les œdèmes, l’état gravidique, l’absence d’élévation thermique nous auraient sans doute permis de les différencier sans trop de difficultés.

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Certaines maladies aiguës peuvent, à un moment donné de leur évolution, présenter des. accidents méningés. Nous avons déjà signalé ceux de la pheumonie, mais {a fièvre typhoïde, la grippe, les oreillons, le zona, l’appendicite peuvent eux aussi donner lieu à des phénomènes de méningisme.

Au cours de la fièvre typhoîïde nous avons souvent rencontré de la rachialgie, de l’hyperesthésie des muscles du dos, quelquefois de la raideur de la nuque, des convulsions, plus fréquemment des troubles oculo-pupillaires et des vomissements. En présente de ces symptômes et si nous n’avions connu la préexistence d’une infection éberthienne avec ses taches rosées, sa diarrhée ocre, nous aurions eu peine à nous défendre de l’idée d’une méningite. Le séro-diagnostic et la diazo-réaction auraient pu trancher le différent.

Dans quelques cas de grippe, les symptômes nerveux d’origine cérébrale ou cérébro-spinale revêtent une telle intensité qu’ils semblent à eux seuls résumer toute l’infaction.

On a pu noter de la céphalalgie intense, des vomissements, et Dieulafoy signale cinq cas où il y eut réellement inflammation méningée suivie de mort.

Les complications nerveuses des oreillons auraient pu quelquefois être une cause d'erreur. Dans la phase préorchitique on à vu apparaître du délire, des vomissements, de la contraction, des comvulsions, le coma. Mais la coexistence de l’inflammation parotidienne, l'apparition de l’orchite, l'absence de tous les autres si-

gnes nous eût fait abandonner immédiatement l’idée d’une méningite.

Brissaud et Sicard ont signalé qu’au cours du son4 une ponction lombaire ramenait un liquide céphalo-rachidien contenant un excès de lymphocytes témoignant d'une irritation méningée.

La coexistence de l’éruption vésiculeuse, les points douloureux, l’hyperesthésie, l'absence des vomissements, de rachialgie, de céphalée, de signe de Kærnig nous feront rejeter l’idée d’une méningite cérébro-spinale.

Les appendicites donnent quelquefois lieu à des accidents nerveux rappelant ceux de la méningite, tels que les vomissements, Île coma, les convulsions, la respiration accélérée, les contractures; mais, d’après Renon, ces accidents sont d’abord consécutifs à une attaque d’appendicite constatée puis s’accompagnent toujours d’une teinte subictérique et l’état s'aggrave; des. phénomènes bulbaires apparaissent, cyanose, asphyxie, syncope, ainsi que tous des grands symptômes d’une intoxication péritonéale et même générale.

Les hystériques pourraient au cours de leurs troubles présenter des accidents rappelant ceux de la méningite cérébro-spinale. Nous n'avons pas eu l’occasion d'en observer, mais nous nous serions appuyé sur la présence des stigmates hystériques, sur la variabilité des accidents ou l’histoire de la malade pour éliminer ce diagnostic.

Nous avons rencontré deux cas dhémor ragies méningées, et jusqu’à ce que nous ayons pratiqué la ponc-

tion lombaire nous avons pu croire à une méningite.

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