‹ À propos de l'épidémie de méningite cérébro-spinale de Rennes 1909Chapitre 13 sur 19 · LAS · texte numérisé non relu

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et Htiudes bactériologiques sur le méningocoque. Th. de Paris 1909, n° 312. Koch).

Maintenant que la question est résolue, nous pouvons donc en toute sûreté pratiquer lexamen du liquide céphalo-rachidien que nous prélevons systématiquement chez tous les malades que nous soupcennons être atteints de méningite cérébro spinale. Grâce à elle nous avons pu toujours avoir une certitude complète après avoir fait l’examen cytologique et l’examen bactériologique de notre liquide.

Après avoir aseptisé la région dorsoiombaire nous pratiquons une ponction dans l’espace intervertébral comme nous le verrons plus loin. Deux cas peuvent se présenter: Ou bien le liquide retiré est clair ou bien il est trouble. |

Du fait que le liquide retiré est trouble, on peut déjà penser à une méningite cérébro-spinale épidémique. En pratique d’après Voisin, cette constatation est suffisante pour justifier une injection de sérum intrarachidien.

Quelquefois le liquide céphalo-rachidien est clair. Netter et Debré ont montré que pendant la période de début, dans le vingt quatre premières heures par exemple, le liquide céphalo-achidien peut conserver Sa clarté (75 0/0 des cas). À l'hôpital militaire de Rennes les recherches de MM. les médecins majors Salebert et Louis ont montré que dans certaines formes frustes le liquide pouvait également rester clair.

Enfin le liquide peut encore être clair à une péricde plus avancée de la maladie; c'est que, purulent

au début, il s’est éclairci plus tard, ce que l’on ne peut

constater lorsqu'on examine le malade plusieurs jours après le début des accidents. '

Netter et Debré ont constaté que le liquide pouvait rester clair constamment; en tous cas ils apportent une statistique prouvant que le liquide s’est clarifié dans 53 0/0 des cas 15 jours après le début de la maladie.

Toutefois dans 96 0/0 des cas observés, d’après les statistiques de Dopter le liquide était purulent, Pour notre part nous avons toujours observé une purulence plus ou moins grande du liquide, et nous avons remarqué que le degré de purulence n’est pas toujours en rapport aves l’état de gravité de la maladie. Netter l’avait signalé. Le plus souvent le liquide a une teinte jaunâtre due au pus et à de petites hémorragies qui se font dès le liquide méningé.

L'analyse chimique révèle que l'albumine augmente dans le liquide céphalo-rachidien, tandis qu’au contraire le chlorure de sodium et le glucose diminuent.

Au point de vue cytologique nous avons toujours remarqué qu'il existait une polynucléose très grande, mais surtout à la période d'état, au moment des rechutes; inversement au moment de ia guérison on ob- .Serve une lymphocytose plus intense. Speroni a étudié spécialement le pus méningé, il a noté en dehors des polynucléaires qui prédominent, de grands #»0n0nucléaires et des lymphocytes, et une variété de cellules de grande taille et à noyau oval, à protoplasma abondant vacuolisé, à l’intérieur duquel on peut cons-

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tater des débris cellulaires. Ce sont des macrophages qui naîtraient des cellules adventices des vaisseaux de la pie-mère. Tandis que les leucocytes (mierophages) débarrassent l'organisme des bactéries, les macrophages libèrent les tissus des résidus de la lutte. MM. Salebert et Louis ont observé ces cellules dans les cas de méningite cérébro-spinale à méningocoques de lPhôpital militaire de Rennes et nous avons pu constater la présence de ces polynucléaires.

Mais nous n’avons pas rencontré de ces « états méningés » à liquide puriforme dans lesquels les éléments constatés sont des polynudléaires histologiquement intacts, conservant toute la pureté de leurs contours et toute l'intégrité de leur noyau. Widal, Lemierre, Boidin les ont rencontrés dans la syphilis des centres nerveux, et Brissaud, Widal et Philibert ont pu remarquer l'existence de ce liquide dans les états méningés frustes. Il est nécessaire de savoir que ces états existent afin d'éviter l'erreur qui consisterait à conciure dans un examen hâtif à la présence d’une méningite à méningocoque alors qu’en réalité elle n'existe pas.

D’après Sicard et Descoups le changement des polynucléaires altérés en polynucléaires sains serait un élément de pronostic favorable dans la méningite.

La Iymphocytose a été signalée surtout lorsque le liquide céphalo-rachidien reste clair; nous ne l'avons pas toujours remarquée. (Observ. VII.) Elle aurait comme crigine la gaine lymphatique périvasculaire, tandis que les polynucléeires viendraient des vaisseaux

sanguins, indiquant par conséquent un état congestif et inflammatoire. Mais la polynucléose ou en général la lymphocytose rachidienne qui ont une valeur relative très grande n’ont en revanche qu'une petite valeur absolue. Elle existe dans les méningites aseptiques (pseudo-méningites mécaniques) dans les méningites toxiques, (urémie, saturnisme) ou pseudo-méningites toxiques, par exemple, dans ces cas méningitiques liés à la présence d’oreillons on a d’autres infections. En tout cas elle ne signifie rien quant au diagnostic du cerme infectieux.

Pour faire ce diagnostic nous avons eu recours à la bactériologie. Nous prenons une goutte de ce liquide purulent, nous l’étalons sur une lamelle et nous la colorons. Il est préférable de laisser la lamelle sécher à :a température du laboratoire. Nous examinons et nous trouvons un ou plusieurs diplocoques, quelquefois méme deux diplocoques disposés en tétrades, dont les éléments accolés ont la forme de grains de café, les faces aplaties se regardant. Jamais on n’observe de chaînettes. Le plus ordinairement on le trouve à l’intérieur des lymphocytes, cependant on peut le trouver aussi à l’extérieur.

Il a donc une certaine analogie morphologique avec le gonocoque, analogie d'autant plus grande que comme lui il ne prend pas le Gram.

Le méningocoque est aérobie strict, ne pousse pas bien sur gélose ordinaire à moins que l’on ne l’ensemence largement avec le pus à examiner, ou bien que l’on ensemence d’abord sur sang gélosé avant de repi-

quer sur gélose simple.

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I1 pousse très bien dans les milieux albumineux et humanisés comime la gélose ascite.

Au bout de vingt-quatre heures à 37° nous observons des colonies surélevées, de 1 à 3 m/m, grisâtres, transparentes, puis opaques. Notre diplocoque ayant tous ces caractères, allons-nous affirmer que nous avons affaire à un méningocoque ?

Nous ne pouvons encore rien affirmer. Tous ces caractères pour être très spécifiques ne sont pas propres au ‘méningocoque et pour l'identifier il n’y a qu’un moyen c’est de faire une culture.

Etant en possession d’une culture nous pourrons faire les quelques réactions qui sont caractéristiques du méningocoque; dès lors nous pourrons l’identifier avec certitude. Nous voulons parler de la fermentation des sucres et des recherches avec un antisérum spécifique.

Von Lingelsheim a particulièrement étudié l’action du méningocoque sur les différents sucres. Il a la particularité de ne faire fermenter que certains d’entre eux le glucose et le maltose, mais de rester sans action sur certains autres comme le dextrose. Ce moyen de diagnostic que nous avons employé autant que nous l’avons pu a été confirmé par Dopter, Wilson, Mackensie et Koch.

Suivant la méthode de von Lingelsheim nous emploierons des milieux sucrés solides, colorés en bleu par le tournesol. S'il se produit une strie rouge au point ensemencé, nous avons une fermentation sucrée. Dopter et Koch emploient des milieux sucrés liquides.

Le second moyen de diagnostie consiste à se servir d'un antisérum spécifique.

Nous savons en effet que l’injection d’une culture de méningocoque à un animal, détermine dans son sérum la formation de principes (agglutinines, précipitines, sensibilisatrices) dont l’action spécifique permet dans la suite de reconnaître la nature méningococecique ou non d’un germe donné.

Nous chercherons à obtenir une agglutination et pour cela nous opérons ainsi:

Nous prenons cinq tubes de un centimètre cube; deux d’entre eux contiennent des dilutions de sérum antiméningocoecique à 1/100 et 2/100, deux autres contiendront des dilutions de sérum de cheval ordinaire à 8,5 0/0. Nous ensemençons ces tubes avec une cul-

ture de méningocoques de dix-huit à vingt heures, nous

les plaçons à l’étuve pendant vingt-quatre heures.

Si nous avons réellement du méningocoque, les deux tubes à sérum spécifique seront seuls agglutinés, si l’on n'obtient rien, il faut, selon le procédé de Kutscher, monter la température de l’étuve à 55°. L’agglutination doit alors se produire.

On sait que la toxine méningococcique appelée encore extrait aqueux méningococcique ou antolysat, est précipitée par l’antisérum. Pour obtenir ce précipité, on ajoute par exemple à 50 gouttes de toxine une quantité variable (1, II, III, IV gouttes) d’antisérum ; au bout de 24 heures, à la température du laboratoire, on aura un précipité.

De plus, on sait que l’antisérum contient une sensi-

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