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bilisatrice particulière. Alors, nous ajouterons au microbe à examiner en émulsion, qui est l’antigène, du sérum antiméningococcique chauffé qui sera la sensibilisatrice et un sérum neuf non chauffé de cobaye qui est le complément. Si notre diplocoque est bien un méningocoque, d’après la méthode de la déviation du complément de Bordet et Geugou, la sensibilisa- -trice fixera le complément sur l’antigène; si on ajoute des hématies et un sérum hémolytique chauffé, nous n’aurons pas d’hémolyse. Pour que la réaction se produise, il faut employer des cultures ayant au moins 24 heures.
A tous ces caractères, nous avons reconnu notre méningocoque. Nous avons ramarqué qu'il est très fragile, exigeant des repiquages fréquents, mais poussant bien à 37° entre une température minima de 23°, et une température maxima de 42°. Le froid empêche les cultures de pousser, mais ne les tue pas. De méême, la dessication agit sur les cultures, aussi sommesnous obligés d’encapuchonner les tubes. Si nous laissons des tubes de cultures à la lumière solaire, nos microbes sont tués en 4 ou 5 heures.
Les antiseptiques agissent sur eux et les tuent; Koch a principalement signalé l’eucalyptus.
On n’a pas trouvé au méningocoque de toxine soluble, mais il est muni d’une endotoxine qui paraît lui être nuisible à lui-même, si bien qu’en s’'acrumulant dans les milieux de culture, elle rend ces derniers inaptes à un développement ultérieur. I1 se produit en somme une antolyse. ‘
Les animaux de laboratoire ne sont guère sensibles au méningocoque, sauf la souris ,et le singe chez lequel on à pu reproduire la méningite cérébro-spinale à ménincogoques. A ces ca ‘actères, nous reconnaîtrons aisément le microbe de Weischelbaum.
Comme on le voit, les moyens de diagnostic, bactériologiquement parlant sont nombreux, mais complexes. Pourtant ils sont indispensables, car si l’on s'en rapporte uniquement à la morphologie du microbe, on s'expose à de graves erreurs. Nombreux sont, en effet, les microbes qui ressemblent au méningocoque.
Le pneumocoque, le streptocoque et le staphylocoque se reconnaissent facilement, mais il en est d’autres qui ont été classés sous le nom de pseudo-méningocoques et qui sont plus difficiles à différencier.
Nous avons pu observer deux cas de méningite à pseudo-méningocoques, en dehors du service (Obsere. XVI et XVII) ; il est facile de faire une erreur; aussi, avons-nous dû apprendre à connaître quelques caractères différentiels de ces différents pseudo-méningocoques.
Ils ont été étudiés par Von Tingelsheim. Le plus grand nombre d’entre eux se décolorent par le Gram.
Le diplococcus mucosus et le micrococcus pharyngis cinercus se reconnaissent à ce qu'ils poussent à toute température sur gélose et sur gélatine solide,
Le diplococcus pharyngis siccus ne S'émulsionne pas dans les liquides. Il est donc impossible de rechercher l’agelutination avec lui; de plus, il ne fait pas fermenter les mêmes sucres (Hudelo et Merle) (1).
(1) HupeLo Er MERLE. — Bul. de Soc. méd. des lôpit. de Paris, 5 mars 1909, p. 412.
La RG TE
Le diplococcus pharyngis flavus à des colonies jaunâtres; il y en a trois variétés, les deux premières font fermenter tous !les sucres, la troisième, comme le méningocoque, fait fermenter le lévulose, mais n’agglutine pas. |
Le micrococcus catarrhalis ne fait fermenter aucun sucre et n’est pas agelutiné par le sérum antiméningococcique (Bezançon et Israël de Joug) (1).
Le diplococcus crassus est le pseudo méningocoque décrit par Jaëger, qu’on a longtemps confondu avec le méningocoque vrai; il prend le Gram, agglutine avec le sérum antiméningococcique, mais peu; d’après Von Lingelsheiïm il fait fermenter les trois sucres. En général, les caractères de leurs cultures ou les réactions que donnent ces pseudo-méningocoques permettent de les différencier.
Dopter et Ficker ont signalé des paraméningocoques, sorte de méningocoques ou supposés tels qui refusent de s’agglutiner et qui n’ont pas Îles caractères exacts du méningocoque. Le fait n’est pas très surprenant, car autour de chaque type microbien gravitent des formes très voisines dont il est souvent difficile de régler l’identité. Leur existence est en somme une loi générale de bactériologique, et de même que lon trouve au voisinage du bacille d’'Eberth, du colibacille, des paratyphiques et des para-coli-bacilles, qu’au stréptecoque viennent saccoler des races très voisines, de même trouve-t-on autour du méningocoque une série de types de diplocoques très voisins, dont l’action est mal connue.
(4) BEZANÇON ET ISRAEL DE JOUG. — Presse méd. 1907.
Le gonocoque agglutine le sérum antiméningococcique, mais le méningocoque inoculé ne peut donner la blennoragie, le gonocoque ne fait pas fermenter le glucose sur milieux solides au neutralrôth, et ne donne pas la réaction de déviation du complément (1).
Enfin, Lieberknecht a montré qu’à l’aide de la bile et du taurocholate de soude, on pouvait différencier le méningocoque vrai des pseudo-méningocoques. La bile dissout en effet le vrai méningocoque et n’agit pas sur les faux (Roger Voisin).
Nous sommes donc arrivés, grâce à notre culture, à identifier notre méningocoque. Mais si, pour une raison ou pour une autre, nous ne pouvons pas faire de culture, comment arriver à la certitude bactériologique?
Le laboratoire nous a apporté de nouveaux moyens de diagnostic, ce sont Le séro-diagnostic et du précipito-diagnostic.
Le SÉRO-DIAGNOSTIC, à l’exemple de celui que nous faisons à chaque instant pour la fièvre typhoïde, est . basé sur le fait que le sérum d’un malade atteint de méningite cérébro-spinale épidémique à méningocoque, agglutine une culture de méningocoque. Il faut pour cela employer une culture liquide, en bouillon ascite par exemple.
Un sérum normal n’agglutine jamais le méningoco-
(4) Mizxir ET THANON. — Gonocoque et Meningocoque. Presse médicale 15 janv. 1908, p. 34.
DoptEer Er Kocx. — Sur la co-agglutination du meningocoque et du
gonocoque C. R. Soc. de biologie, 25 juillet 1908. — Sur les | précipitines méningococciques et gonocciques.
que à 1/10, très rarement à 1/5. Lorsque l’agglutination est de 1/25 on peut affirmer la nature méningococcique de la méningite (Von Lingelsheim). Seulement, l’'agglutinine n'apparaît dans le sérum qu'assez tardivement dans certains cas (Houston et Raukin) et peut même quelquefois manquer. Von Lingelsheim ne l’a constatée que dans 56,7 0/0 des cas. Grâce à ce procédé, Netter et Debié ont signalé un cas de méningite à méningocoque, avec un liquide céphalo-rachidien absolument normal.
Vincent et Bellot ont imaginé un nouveau procédé de diagrcstic, LE PRÉCIPITO-DIAGNOSTIC. Dans quelques cas, les microbes peuvent ne pas être constatés dans le liquide céphalo-rachidien et pourtant l'examen du liquide permet d’affirmer l'existence d’une méningite à méningocoques.
La méthode est basée sur le principe suivant: Lorsque l’on mélange à une macération de méningocoques complètement éclaircie par la centrifugation une faible quantité de sérum frais d’un animal innumisé contre ce microbe, on voit se produire après huit à quatorze heures de séjour à l’étuve un précipité ou un louche ca ractéristique. Les deux tubes témoins resteront clairs.
Nous avons procédé à cette réaction en suivant la technique préconisée par les auteurs. On éclairci par centrifugation Île liquide céphalo-rachidien retiré par ponction lombaire. À L ou C gouttes de ce liquide, on ajoute IT à V gouttes d’un sérum précipitant le méningocoque. Le sérum de Flexner donne les meilleurs résultats, peut-être même est-il le seul à en donner. On peut
employer le sérum de lapin préparé avec une culture de méningocoques autolysés dans l’eau distillée. On porte ce mélange à l’étuve pendant huit À quatorze heures. Dans le cas de méningite cérébro-spinale à méningoco-
ques, le liquide devient louche, homogène, on prend une opalescence, tantôt très légère, tantôt très marquée. Pour bien juger la réaction, il faut placer dans l’étu-
ve, comparativement deux tubes, l’un contenant unique:
ment du liquide céphalo-rachidien utilisé, l’autre du sé-
rum précipitant employé. Les deux tubes doivent rester stériles. Pour éviter le trouble spontané du liquide
céphalo-rachidien que Letulle et Lagane ont signalé, Vincent et Boudet conseillent d'utiliser le liquide céphalo-rachidien très peu de temps après sa récolte, de ne pas l’exposer trop longtemps à la lumière, ni à l’air avant de l’utiliser et de boucher le tube avec un bouchon de caoutchouc pour éviter l’évaporation du liquide.
Lemoine, Gablinger, Tilinau, J. Louis, Salebert et Louis ont obtenu les meilleurs résultats de ce procédé.
Nous n'avons pu l’employer régulièrement faute de sérum. ‘
A l’aide de ces moyens d'investigation, nous avons pu établir solidement un diagnostic; nous pouvons donc employer un traitement à bon escient. Comment avons-
nous procédé?