‹ À propos de l'épidémie de méningite cérébro-spinale de Rennes 1909Chapitre 6 sur 19 · LA TION · texte numérisé non relu

LA TION

1 août. — Une éruption d’herpès est apparue autour des Ièvres. La céphalée a diminué, de même que l’insomnie, mais le liquide reste purulent. Nouvelle injection de sérum de 30 ce.

FER 3080; 3 août, même état. Quelques vésicules d’herpès se montrent en avant de l’oreille droite. Injection de 45 cc. de sérum de Flexner." T°: 139°6.

4 août. Bien que la température baisse à 38°9, l’état du ma-

Jade s'aggrave. La céphalée augmente. Le pouls s'accélère (95 pulsations) et reste irrégulier.

5 août. T°: 37°4. Le malade délire et présente une vive agita-

tion. Le liquide céphalo-rachidien retiré par la ponction présente une coloration jaune clair. Il se prend en masse dans le tube au bout de quelques instants. Injection de 30 cc. de sérum.

6 août. Même état grave. Injection de 15 ce. de sérum. La température remonte à 38°8.

7 août. Le malade est dans le coma. On fait une dohniore injection sérique de 15 ec. La mort survient le lendemain, 8 août.

L’autopsie n’a pu être faite.

Observation XII (Personnelle).

Gaut.…. Pierre-Marie, 59 ans. ‘

Entré à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Augustin, le 25 juillet 1909.

I1 souffre depuis le 15 juillet de courbature avec une légère

céphalée, mais si peu qu'il n’a cessé ses occupations habituelles que pour entrer à l’'Hôtel-Dieu.

À son entrée on constate un peu de raideur de la nuque. Le liquide céphalo-rachidien est limpide. T/examen microscopique, après centrifugation, n’y révèle rien d’anormal. Albumine dans UE

1 les urines. ke:

Les jours suivants, l’état du malade reste stationnaire. Céphalée

La céphalée est un peu plus vive. Le signe de Kernig, absent jusque là, fait son apparition. ‘ ÿ | C4 el

Le malade est constipé depuis quelques jours. Le ‘pouls est : ; rapide (116 pulsations). Le liquide céphalo-rachidien est très nl | légèrement trouble. Il contient de rares cellules (globules de pus et larges cellules endothéliales), mais de très nombreux diplocoques décolorés par la méthode de Gram.

Le 3 août. L'état du malade reste le même, On inocule 45 ce.

de sérum de Flexner.

Le 4 août. La température tombe à 36°5. La céphalée s’atténue. Sérum de Flexner, 30 cc.

Le 5 août. Délire, ne très abondantes. Temp.: 37°. Sérum de Flexner, 15 cc.

Le 6 août. L'état du malade s'aggrave. L’agitation fait place à une grande torpeur. La température s'élève à 37°8. Le T août. Mort dans le coma.

L’autopsie n’a pu être pratiquée.

Observation XIII.

Salle St-Louis, n° 22. 15 déc. 1908

De B.., 36 ans, peintre.

Entre à l’Hôtel-Dieu après onze jours de maladie. A été pris brusquement de maux de tête intenses, si violents qu’ils l'ont obligé de s’aliter. À eu des vomissements à deux reprises différen- E tes. É

Le 15 décembre, à son entrée, présente de la raideur de-la nuque et des membres inférieurs. On pratique une ponction lombaire, on retire un liquide purulent.

Le 19. Le malade délire, présente de l’hypéracousie.

Le 20. Ponction lombaire, liquide très purulent. Pas d’injeclion de sérum, l'hôpital en étant totalement dépourvu. On le traite par les bains, l’agent colloïdal.

Le délire augmente, délire gai, exagéré par un éthylisme anpu cien.

5 L'examen du liquide révèle un diplocoque, que l’on a cultivé et identifié: Méningocoque. L

Le malade meurt. A l’autopsie on trouve du pus sur les mé ninges cérébrales et spinales avec des adhérences très nombreuses.

Observation. XIV.

... M:.., Salle St-Louis, 15 ans.

Petit garcon âgé de 15 ans. A été bien portant jusqu’ au 7 mars. A cette date a été pris de céphalée extrêmement vive, s’accompagnant de vomissements, Le 9 mars entre à l’Hôtel-Dieu,

; ayant toujours des maux de tête très intenses. Vomit. Légèrement constipé. Présente de la contracture de la nuque et des

membres inférieurs. Strabisme léger. Temp.: 39°4.

Le 9 au soir, première injection de sérum de Dopter de 10 ce. Liquide, retiré à la ponction, trouble.

Le 10, l’état général, qui était assez mauvais, aurait quelque tendance à devenir meilleur, La langue est sale, le pouls rapide.

“Le 11, nouvelle ponction, le liquide est un peu plus clair. Injection de 10 cc. de sérum de Dopter. Re

Le 12, amélioration sensible, les maux de tête ont disparu.

Le 14, la raideur diminue. Le malade va de mieux en mieux et guérit. re

Le liquide céphalo-rachidien contenait du méningocoque, qui à ce été cultivé et identifié. |

Observation XV. F... F..., Salle St-Louis,

Entré le 13 mars à à l'Hôtel-Dieu. Est malade depuis deux jours. A été pris brusquement de maux de tête et de vomissements. Présente à son arrivée du subdélire. Strabisme léger. Constipation. Raideur de la nuque. Signe de Koernig.

Le 14 on fait une ponction lombaire. On retire un liquide légè-

“ment purulent. Temp. 38°2. Herpès.

On injecte 10 ec. de sérum de Dopier. | Le 15, nouvelle ponction lombaire. Le liquide s'est écairei. Les < symptômes se sont un peu améliorés. ces ES SR Inject, de 10 cc. de sérum de Dopter. Her ns 5 Le 16, l'état général s'améliore de plus en plus. RS Le malade entre en convalescence. L’examen bactériologique nous montre un diplocoque de Weï- “ , schelbaum, avec toutes ses réactions.

Observation XVI. — C. M... 3 ans, Salle St-Eugènie, n° 7.

Prise subitement, le 28 mars, de: vomissements # de maux de

tête. Pas de constipation. Temp. 38°.

Entre le 1° avril. Dort la nuit. Le lendemain, on constate æ oe | la raideur de la nuque, la langue sale, du signe de Kærnig.

On fait une ponction lombaire qui ramène un liquide purulent. On injecte 10 cc. de sérum de Dopter. Le 2 avril chute de température: 36° 4 Moins de raideur de la nuque. ee au bout de 8 jours.

Observation XVII — C.… EU ho. mois, Salle St-Eugénie, n° 8.

Sœur de la précédente.

À été prise brusquement le 2 avril de maux de tête. Ne vomit pas, n’est pas constipée. Très abattue. Dort la nuit. Entre le 3 avril au soir. Vomit. Temp. 37° 7. Le 4, temp. 88° 4, Raideur de la nuque très marquée. Pas de signe de Koernig. Cependant contracture, car l’enfant crie si on la dresse dans son lit. Crie Ja nuit. Le 5, ponction lombaire; inject. de sérum de 10 ec. (Dopter).

Le liquide extrait est légèrement purulent.

Les 6, 7, ingect. de 10 ce. de sérum.

Le 10. Les symptômes s’atténuent. L'enfant joue. Diarrhée,

Le 12, entre en convalescence. Guérison.

Dans ces deux cas, on a isolé un pseudo-meningocoque, qui fait fermenter tous les sueres. : S

Fe

Observation XVIIL — J... V..., 3 mois, Salle Ste-Eugénie.

La petite malade nous arrive à l'Hôtel-Dieu après quatre jours

de maladie. Elle a été prise subitement, est couchée «en chien de fusil ». Contracture généralisée, Opisthotonos. Vomissements. Strabisme divergent. S’alimente bien. Temp. à 38°.

On pratique une ponction lombaire le 2 avril.

On retire un liquide purulent, on ne peut faire de sérum.

Le 3 la température s'élève à 38° 5. La contracture persiste.

Le 4, la température est de 40° 1. Entre dans le coma. Mort.

De Examen bactériologique: Méningocoque.

Observation XIX, — G... Ma... 8 ans, Salle SteEugénie

Depuis trois mois environ tousse, caractère changeant,

Le 15 avril, prise brusquement de céphalée intense à la région frontale, puis à la région temporale. Vomissements glaireux, ne présente ni constipation, ni diarrhée. Entre le 17 avril à l’'H6tel-Dieu. Couchée en chien de fusil. Légèré paralysie faciale droite. Céphalée, raideur de la nuque, Signe de Koernig. Pas d’albumine, ni sucre. Temps: 37° 6

Une ponction lombaire donne issue à un liquide purule:it sortant sous pression. Inject. de 10 cc. de sérum de Flexner.

Le 18 avril, nouvelle ponct. lombaire. Inject. de 10 cc. de 54rum de Flexner. Apparition d'Herpès. La temp. monte à 39°3.

Le 20, ponct. lomb. Inject. de 20 cc. de sérum. La temp. tombe

HS AO IP

Le 21, temp. 38° 9. 10 cc. de sérum de Dopter.

Le 92, accidents anaphylactiques. Urticaire, Prurit.

Le 93, l’état général s’améliore, la raideur diminue.

Le 95, légère élévation de température, 38° 5

Le 26, débâcle urinaire. Etat satisfaisant. Temp. 37°. :

Les 27, 28, 29, rechute. Inject. de 10 ce. de sérum. Hi

La paralysie faciale est persistante. Photophobie.

- Inégalité Düpilire, Diarrhée.

Le 6 mai, ponct, lombaire. Liq. presque clair. Inject. as 10 ce és de sérum. Le 10, 12, etc., amélioration. ; Fe re 4

Le 29, l’état général est très satisfaisant, Les symptômes ont. tous disparu, sauf la paralysie faciale qu’elle conserve. |

Le laboratoire nous indique un diplocoque à réaction ménin-

gococcique.

Observation XX. — F... L..., Salle Ste-Eugénie, n° 3, 11 ans.

A. H. On n’a aucun renseignement héréditaire. Enfant assisté.

A. P. Etat en général maladif. Se plaint fréquemment de maux de tête. Lt > : Fos se

Lorsque la malade entra à l’Hôtel- Des elle Arai déjà depuis trois semaines, de maux de tête qui avaient été accompagnés au début de vomissements et de constipation opiniâtre. Au- me cun autre renseignement, À son entrée, le 26 avril, se trouve dans un état de prostration qui l’empêéhe de répondre aux ques- = tions qu’on lui pose. ;

Temp. 37° 6. Amaigrissement, mauvais état général. Ventre retracté « en bateau ». Ne vomit plus.

Le 27. Ponction lombaire qui donne issue à un liquide clair.

Injection de 10 cc. de sérum. Contracture des membres supérieurs. La malade est toujours dans le coma. FE

Le 28. Aggravation de l’état, Temp. à 36°. Peau froide, extrémité cyanosées. Il n’y a plus de contracture, l’anesthésie est complète, les réflexes sont abolis. Respiration à type Sheyne-Stock. Pouls filiforme incomptable. Inégalité pupillaire. Pupille gauche

allongée dans le sens transversal.

Le 29. Etat à peu près le même. Le Sheyne-Stock a disparu Respiration bruyante et embarrassée. La petite malade succombe.

A l’examen du liquide, on trouve un diplocoque, qui se cultive 10% et donne toutes les réactions du méningocoque. £ * .

4 Observation : XXI. P:P.M.17 ans, Salle St-Louis, n°. 23:

Pris brusquement, le mercredi 28 avril, d’un malaise général, inappétence, fatigue. Maux de tête très violents. Vomissements abondants sans douleurs, ni nausées. Le 29, très abattu. Les douleurs s’'irradient vers la nuque, Mouvements très pénibles. - Constipé depuis le 26. :

AE Pouls à 65. Langue saburrale. Membres inférieurs contracturés. Ventre en bateau. Nuque très raide.

Abolition des réflexes rotuliens. Herpès à la lèvre supérieure. Hyperesthésie au niveau des membres inférieurs. Rachialgie. Raie méningitique. |

Les pupilles sont contractées. Surdité presque complète. Ecoulement de pus par loreille.

On n’a aucun renseignement sur son étiologie.

Temp. 38° 9 à 39° 8. Entre à l’Hôtel-Dieu.

Le 2 mai, on pratique une ponction lombaire. Liquide puru- {ent, sortant sous pression. a

L'examen montre de nombreux polynuecléaires et des diplocoques ne prenant pas le Gram. Temp. 39° 7.

Le 3 mai, temp. 38° 6. Même état.

Le 4 mai, ponction lombaire. Liq. purulent. Temp. 39° 8

Le 6 mai, injection de sérum de Dopter. Temp. 39° 8

Le 7 mai. La temp. est tombée. Les symptômes sont a naires. Le 11 mai, ponct. lombaire. Liq. purulent.

Le 12 mai, temp. 40° 1. Douleurs très violentes.

‘Le 13 mai, temp. 38° 5. In]. de 10 cc. de sérum de Dopter.

Au soir, la tempér. est de 36° 3. Douleurs atténuées. On manque de sérum. Les 14, 15, 16, 17, 18 l’état est stationnaire.

Du 20 au 25, la temp. est régulière, Toutefois, la raideur de la nuque s’amoindrit. Les réflexes réapparaissent.

Les 26, 27, 28 ont fait trois injections de sérum de Flexner. Les symptômes continuent à s'améliorer. Le malade guérit après 2 mois de maladie.

L'examen bactériologique nous dénote du méningocoque.

Observation XXII — N..., 3 ans, Salle Ste-Eugénie, 7 mai.

Cette petite malade est amenée très abattue, yomissant. Fée Elle a été prise très brusquement de maux de tête, de vomisse-

ments. Elle est constipée.

Elle a une raideur de la nuque et de la ie des mem- x bres inférieurs. Couchée en chien de fusil. :

Respiration irrégulière. Paralysie faciale du côté gauche. Temp. 38°.

On fait une ponction lombaire. On extrait un liquide céphalorachidien purulent qui, identifié, contient du méningocoque, ie quel cultivé nous donne les réactions ordinaires.

On ne peut faire du sérum.

Néanmoins, l’état de la petite malade s’améliore. On ne lui ae applique aucun traitement. -

Elle guérit. Garde sa paralysie faciale: Ru environ 1 mois. Elle disparaît.

Observation XXIII. C... E.., 15 ans, Salle Sainte-Anne.

Prise brusquement, le 17 mai, vers midi, de violents maux de tête, à la région de la nuque. Vomit l’après-midi. Les maux de tête augmentent les jours suivants; la douleur se propage le long de la colonne vertébrale. Les vomissements se renouvèlent

5 une ou deux fois par jour.

“& Entre à l’'Hôtel-Dieu le 20 mai. Raideur de la nuque, PES

en « chien de fusil ». Temp, 88° 4

Le 22, disparition des réflexes. Re méningitique. re de strabisme ni d’inégalité pupillaire, Un peu d’asymétrie faciale dénotant une légère paralysie faciale gauche. Herpès aux lèvres. Temp. 38° 6. Pouls normal.

Ponction lombaire. Liquide purulent. |

Injection de 10 cc. de sérum de Flexner. Temp. 38°4.

Le 24, symptômes identiques. Nouvelle ponction et injection de 15 ce. de sérum de Flexner, Temp: 37° 8. .

Les 2, 15 ce. de sérum de Flexner. Temp. 37°1. Contracture Ne muscles de la région lombaire. Léger opisthotonos. Délire SGD REA =

Le 31, les réflexes rotuliens -réapparaissent, Inject. de 15 cc. de sérum Dopter. Vers 1 heure, la malade s'endort. Le délire disparaît dans la soirée. ;

Le 1° juin, la journée est bonne.

Le 2, la temp. tombe à 37°. Nouvelle injection de sérum de Dopter, 15 ec. La température reste normale. L'état s'améliore. à La malade guérit. + | & L'examen bactériologique nous montre un diplocoque que lon

cultive. Fait fermenter tous les sucres.

Ageglutination négative.

Observation XXIV. — G... J.-M... Salle St-Louis, n° 7 bis.

Agé de 37 ans, maçon. Le 20 mai a été pris brusquement de courbature dans les bras, les jambes, la nuque, a cessé de parler 2 semble ne plus comprendre. SIA ë Il entre le 23 à l’'Hôtel-Dieu avec de la raideur de la nuque, du strabisme convergent, du signe de Kæœrnig. Contracture du ventre, des membres, Coma. Paralysie des sphincters. Temp. 38°5.

Les 24, 95, 26. Coma. Manque de sérum. Ponction lombaire donne liquide purulent.

Le 27, injection de sérum de Dopter, 10 ce. Temps 360151

Les 28, 29. Légère amélioration, 36° 7

Le malade sort de son coma.

Le 30, inject. de 15 cc. de sérum de Flexner. Temp. 36°4.

Leone injection de 10 cc. de sérum de Flexner. Temp. 36°2.

Le malade va de mieux en mieux. La paralysie des sphincters a disparu. Se lève pour uriner. La langue est belle. Pas de cé- SR phalée. Signe de Koernig. Le ventre est souple.

Le 8 avril, mange, boit, se lève.

Le 9 avril, plus abattu, un peu de raideur de la nuque, ventre 5

contracturé. Les symptômes de début réapparaissent Me Le

le coma. C On trouve, à l'examen du liquide, un : diplocoque qui n’a pas ses

cultivé.

Observation XXV. — I... J... Salle St-Louis, n° 22.

Homme de 50 ans, ouvrier à l’arsenal. Pris, le 5 juin de cépha-

lée, brusquement, puis de vomissements. Mais depuis quelques jours déjà, il était mal en train. Le mercredi suivant, 9 juin a du délire, de l'agitation.

Il entre le 12 à l'Hôtel- Dieu, avec Ft de fièvre TA Le délire domine la scène, succédant à des périodes d’abattement.

Raideur très marquée. de la nuque. Signe de Kærnig. Reflexes a.

rotuliens abolis. aralysie des sphincters vésical et anal. Sueurs.

profuses. Langue saburrale. Ventre rétracté. Pas de taches ne

sées. Foie et rate normaux. Temp. 39° 5. ; Rien aux appareils circulatoire et respiratoire, pas d’albumine.

Le 15, injection de 15 cc. de sérum de Flexner. Après pone- ss

tion lombaire, laquelle donne issue à du liq. purulent. Délire, contractures. On manque de sérum.

Aucun symptôme ne s'améliore. Bains.

Meurt le 25, après une courte agonie.

Le liquide lactescent, qui était sorti sous pression, contenait

La

un diplocoque ne prenant pas le Gram, agglutinant, faisant fer-

menter les sucres, sauf le lévulose,

l° ÉTUDE DIAGNOSTIQUE

La majeure partie des malades dont nous venons. - de voir les observations nous furent amenés à l'Hôtel- RE

Dieu, plusieurs jours après le début de leur maladie;

nous n'avons donc pu, pour la plupart d’entre eux,

nous rendre compte nous-même des symptômes ini-

tiaux. Toutefois, avec l’aide de l'entourage de ces ma-

lades et avec les renseignements qu'ils nous ont eux-

mêmes fournis, nous avons pu reconstituer, le plus sou-

vent d’une façon assez précise, le commencement de

jeur histoire.

j° DIAGNOSTIC CLINIQUE

Tout à fait au début de la maladie, ii est quelquefois très difficile de porter, cliniquement parlant, le diagnostic de méningite cérébro-spinale. Les symptô-

mes pour être très marqués sont communs avec ceux «le bien d'autres affections. Et pourtant il est extrêmement important de faire de bonne heure un diagnostic, afin de permettre au malade de bénéficier d’un traitement d'autant plus actif qu’il est plus tôt administré.

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Pour notre part, nous nous sommes appuyés, pour !e faire, sur la façon brutale dont l’affection a commencé, et sur cet ensemble de symptômes nerveux qui dès le début se sont manifestés chez nos malades.

Fréquemment, en effet, ils nous ont raconté qu’ils avaient été pris brusquement en plein travail, de coutbature générale et surtout de maux de tête violents qui ne les ont pas quittés dans la suite.

Cette céphalée siégeait au front, aux tempes, sa violence était très grande, arrachait même des cris aux malades et présentait des exacerbations très pénibles. C’est elle qui a toujours été le mode de début chez les malades qui font objet de nos observations.

Nous n'avons pas rencontré le début insidieux que l'on à signalé dans quelques cas (Debré).

Nous avons été amené à constater que cette céphalée a duré pendant toute la maladie, augmentant avec les autres symptômes, disparaissant en même temps qu'eux au moment de là guérison.

Accompagnant la céphalée nous avons trouvé de la rachialgie; tous lont éprouvée d’une façon plus ou moins intense. Elle siégeait surtout au niveau des lombes, mais souvent aussi elle occupait toute Ia hauteur de la colonne vertébrale.

La pression des apophyses épineuses la rendait plus vive, occasionnant parfois même une douleur intolérable.

L'hyperesthésie cutanée a été signalée, nous ne l’avons jamais rencontrée (F él

Mais ce que nous avons constaté, après l’avoir re-

heure systématiquement chez tous nos malades, ce sont les contractures musculaires. à

Ces contractures se sont toujours manifestées :

1” Au niveau de la nuque, C’est cette ( crampe de la nuque » des Anciens, que nous avons rençontrée,

bien marquée et persistante.

Elle à augmenté à chaque recrudescence de la maladie pour disparaître momentanément au moment des améliorations (Observ. 11, VI, VII, XXIV).

La constance de ce symptôme est remarquable, car

tous les auteurs qui se sont occupés de cette variété de

méningite cérébro-spinale l’ont signalée. Ainsi Marcel

Ferrand, Pfaündler, Grysez, Dopter, Roger Voisin...

Aussi en avons-nous toujours tenu un grand compte dans l’établissement de notre diagnostic.

2° Au niveau des genoux. Nous voulons parler du signe de Kærnig. Nous avons, dans chaque cas, cherché à faire asseoir nos malades dans leur lit sans leur faire quitter l’adhérence de la face postérieure de la jambe avec le plan du lit et jamais nous n'avons pu y arriver.

Les auteurs ont signalé cette contracture comme un précieux élément de diagnostic, nous avons pu vérifier l'exactitude de ce symptôme.

Comme pour la raïdeur de la nuque, nous avons constaté qu’elle variait avec l’aggravation ou l’atténuation de la maladie.

3° Au niveau des cuisses et des jambes, entraînant la position dite «en chien de fusil » (Coste et Pinssan). |

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