‹ À propos de la séparation des églises & de l'étatChapitre 10 sur 78 · SPACE · texte numérisé non relu

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Dès lors, pourquoi, par une hâte indiscrète, courir le risque d'attirer des persécutions sur ceux-ci ou sur ceux-là? Pourquoi les isoler de leur milieu, leur enlever toute influence sur ceux qu’il est le plus important d’atteindre ?

Supposez que, par toute la France, les jeunes catholiques aient été signalés à l’attention et à l’admiration publique. Quelques-uns d’entre eux en seraient fiers, et la plupart des libres penseurs leur enverraient du bout des doigts un rapide salut. Or, à côté de ces très minces avantages, je vois de terribles inconvénients.

On peut s'attendre à tout de l'autorité ecclésiastique. J’espérais encore, il y a quelques semaines, que ce que son intelligence ne comprenait pas, son cœur le devinait assez pour éviter de parler, à l’aurore du xx° siècle, comme parlèrent Grégoire VIT ou Boniface VIIT. Je crains d’avoir eu tort. Il ne nous appartient pas d'aider Pie X à faire la police de son Église.

Je voudrais encore, avant de finir, dire

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quelques mots de mon étonnement, en voyant

l'importance que la plupart des organes ultra-

conservateurs ont donnée à ces modestes

pages.

De ce concert de lamentations, de malédictions qui, de Bruxelles, Paris, Turin, Florence, Gênes, Naples et Messine, s’est élevé vers le ciel, je ne mentionnerai que les articles de {a Civilta Catlolica (1).

La simultanéité et la généralité des efforts qui se font partout du côté des catholiques intellectuels, pour garder la foi sans abdiquer la raison, paraissent naturellement à des Jésuites la preuve que quelque puissance malfaisante parcourt l'Église en y répandant des semences diaboliques. Ils voient l'étendue de la crise, sans en comprendre ni l’origine, ni la nature. Ils appellent des mesures de rigueur,

sans s’apercevoir que ce n’est pas par la chi-

(1) N° du 20 janvier 1906, article intitulé Paul Sabalier e la Separasione in Francia (p. 203-209), n° du 3 février et du 2 mars, articles intitulés Uomini nuovi ed errori vecchi, p. 257-274 et 559-575.

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rurgie qu’on soigne une crise organique et qu’on élimine un venin, si venin il y a.

Si les dénonciations de la Civilta Cattolica venaient à être écoutées, Rome frapperait en masse, non seulement en France, mais dans toute l’Europe catholique, quiconque tient une plume ou se permet d’avoir une opinion.

« Le Réformisme », pour parler avec la célèbre Revue, n’est pas ici ou là, il est partout : il s’est glissé dans les séminaires, insinué dans les palais épiscopaux (1), etinfiltré jusque dans les Universités pontificales.

(1) Il n’y a que deuxmembres de l’épiscopatd'Italie dont le nom, à cause de leur savoiret de leurs vertus, soit populaire, d'un bout à l’autre de la Péninsule, celui du cardinal Capecelatro et celui de M£' Bonomelli, évêque de Crémone. Va-t-on faire de ce dernierun hérétique, l’écarter, l’éliminer? Va-t-on saisir bien vite l’occasion qui se présente de prouver au monde entier que, non seulement l’Église ne supporte pas qu’on pense ce que ne pense pas, ne pense plus ou ne pense pas encore le magistère infaillible, mais qu’elle n’admet même pas qu’on constate un fait qu’il ne lui plaît pas de constater ? C’est en effet à cela que se réduit le crime de Mar Bonomelli ; il aconstaté —(ZLa Chiesa e à Tempi Nuovi |[Cremona, 4906, in-12 de 104 p.' Stabilimento Tipografico,

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