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Rome, comme la plupart des oracles, donne
des réponses fort embrouillées, mais donnât-
exact du clérical français ; il est avant tout réactionnaire ; de plus, il est toujourssurle chemin de Rome, pour y aller ou en revenir. Mais ici il faudrait distinguer les cléricaux sincères qui acceptent vraiment les directions pontificales et les cléricaux farceurs qui se font un jeu de les travestir. Ce sont des cléricaux français qui ont prié pour la conversion de Léon XIII et du cardinal Rampolla ! Et encore aujourd'hui, quelques-uns de leurs chefs ne parlent du prédécesseur de Pie X que sur le ton du plus parfait dédain : « Ce pauvre Léon XII!» V. Baron de Mandat-Granceÿ: Le Clergé français et le Concordat (Paris, in-12, 1905) p. 26, 196, 206. Par contre, ce baron est plein d’admiration pour Pie X et l’avertit que seulement quatre ou cinq évêquesont su conserver l'estime (!) des catholiques (p. 62).
M. de Maändat-Grancey n’est guère plus aimable pour les congréganistes: « Les généraux et autres chefs des ordres religieux ont été encore au-dessous des évêques. Ils n’ont su ni prévoir l’orage, ni manœuvrer pendant qu'il a duré, ni même mouriravec dignité. » (Loc. cit., p. 138.) Tout cela, parce que évêques et généraux des ordres religieux n’ont pas mené assez vivement la campagne contre la République, que ces pieuses gens, dans leur argot, appellent « la gueuse ».
. Je n'ai pas à m’étendre ici sur les querelles entre catholiques réfractaires aux directions de Léon XIII et catholiques ralliés. Devant le grand public les deux partiss’efforcent d'observer une certaine tenue,
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elle toujours, directement ou indirectement, les conseils les plus efficaces, à leur retour, ceux qui l’ont consultée ont perdu, dans ce voyage réel ou idéal, leur qualité de citoyens.
Nous sommes ici à l’origine profonde du conflit entre l'Etat et l'Eglise, conflit qui aurait pu éclater quelques années plus tôt ou plus tard, mais qu'aucune habileté, aucune mesure politique ne pourrait écarter pour longtemps. Le citoyen, d’après la conception des Français actuels, ce n’est pas l'électeur, ce n’est pas même le soldat prêt à verser son sang pour la patrie; pour faire le citoyen digne de ce nom, il faut quelque chose de
mais de temps en temps l'orage éclate. Voir par exemple l’Osservatore Romano (journal officiel du S, Siège), n° du 24 février 1901; on y trouvera un long article où la Vérité Française est fustigée impitoyablement. Le journal pontifical y relève un article «tissu d’assertions gratuites et malignes, d’affirmations qui sont en opposition parfaite avec le nom glorieux inscrit en tête de ce journal, et où les insinuations perfides sont entremêlées de calomnies », lltermine en disant que la défaite politique des réfractaires est « la conséquence de leur cécité et de leur obstination ».
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plus profond et de plus intime : un effort personnel et viril pour voir clair, se conquérir une opinion et agir après cela en conséquence,
Cet effet peut avoir des résultats plus ou moins heureux ; il sera complet, parfait chez les uns; pressenti seulement chez les autres ; mais, pleinement réalisé ou simplement esquissé, il suffit pourtant à transformer un individu, à en faire un homme nouveau.
Il n’y a donc pas en France deux partis campés en face l’un de l’autre, mais deux conceptions antithétiques de la vie. Une lutte si profonde n’a encore été vue dans aucun pays. Les philosophes diraient peut-être que les systèmes de l’immanence et de la transcendance sont aux prises ; un spectateur, même distrait, dirait qu’il y a, d’un côté, une civilisation qui est en train de poindre, de autre, une civilisation qui est en train de mourir.
Ici il faudrait distinguer soigneusement entre cléricaux et catholiques ; il y a, en effet, un groupe de catholiques qui ne songent à
s'adresser à l'autorité que pour les choses
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religieuses. Nous les retrouverons plus loin, et on verra quel avenir est réservé, je crois, à cette minorité. Mais ce n’est, pour le moment, qu’une avant-garde; et, puisque j’envisage la situation actuelle, je dois constater qu'aux yeux du clérical, le catholique indépendant est une sorte de monstre, et qu’aux yeux du grand public catholicisme et cléricalisme sont synonymes.
Cela étonnera peut-être, mais la politique de Léon XIII, bien loin d'amener un rapprochement entre l’Eglise et la démocratie, a eu des résultats tout contraires. Elle a fait éclater l’antithèse.
Je ne m'occupe pas ici de sonder les intentons du pontife, mais il faut constater un fait étrange, c'est que les organes les plus bruyants du parti clérical se rencontrèrent alors un instant avec ceux de l’anticléricalisme militant, pour déclarer que le pape, bien loin de vouloir aiguiller le catholicisme vers des horizons nouveaux, faisait une manœuvre destinée à tourner la place et à conquérir la Répu-
blique. Le grand public, quine pouvait pas se