‹ À propos de la séparation des églises & de l'étatChapitre 41 sur 78 · RON RME · texte numérisé non relu

RON RME

Les rires et les sarcasmes avec lesquels la libre pensée accueillit ces flots boueux ne firent que confirmer les pauvres dupes dans leur crédulité.

Il y eut sans doute des ecclésiastiques qui surent voir clair. Faut-il les en féliciter ? S'ils ne furent pas victimes, ils furent donc complices, ce qui est peut-être encore moins honorable. Au demeurant, aucune voix autorisée ne s’éleva pour sauver l’honneur de l'Eglise et séparer sa cause de cette répugnante apologétique (1).

ments et cantiques des maçonnes, Paris, in-192, 3,50. Letouzey et Ané, éditeurs, 51, rue Bonaparte. A la page-400, je remarque une belle annonce, tenant toute une page, de la Vie de N.-S. Jésus-Christ, par l'abbé GC. Le Camus (aujourd’hui évêque de La Rochelle).

(1) Les villes de province eurent aussf leurs révélations antimaçonniques. En 1895, le commandeur Dominique Margiotta publia à Grenoble un retentissant volume sur le Palladisme, culte de Satan Lucifer, précédé de la bénédiction apostolique, d’une longue lettre de M8r Fava, évêque diocésain, qui traitait le maître chanteur de « cher ami ». Il y en avaituneautre de Ms" Piavi, patriarche deJérusalem, de l’archevêèque d’Aiïx, et de toute une série d’évèques.

La désastreuse déroute de M. Taxil ne fit pas

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Les journaux ecclésiastiques les plus modérés avaient pris l'habitude de consacrer une rubrique aux révélations. Les encycliques de Léon XIII et les encouragements épiscopaux ne cessaient de faire de la lutte contre la « secte satanique » le devoir essentiel des catholiques militants. Enfin, en 1896, la Commission antimaçonnique de Rome décida d’organiser une véritable croisade contre la Maçonnerie et de convoquer dans ce but un congrès international à Trente. Le choix de cette ville était à lui seul un symbole et un programme. Ces assises extraordinaires se

tinrent à la fin de septembre, en présence de

perdre à M® Fava sa foi antimaçonnique; dix-huit mois après, il fit un livre intitulé : le Secret de la Franc-Maçonnerie, volume qui lui valut un honneur bien rare dans l’histoire. Le pape Léon XII répondit à l’envoi de l’œuvre par une poésie latine qu’il composa lui-même, En voici les premiers vers :

Extulit ecce caput vesano incensa furore

E stygiis inimica cohors erupta latebris

Divinum numen maiestatemque verendam :

Agoreditur : Christi sponsam mordere cruento Dente audet, premere insidiis atque arte maligna Prælia mox effrons certamina miscet aperto.

(Univers, T juin 1898).

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