‹ À propos de la séparation des églises & de l'étatChapitre 54 sur 78 · LOT TER · texte numérisé non relu

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tive. Celle-là, c’est le péché contre le Saint- Esprit! le levain de toute hérésie.

Et c’est ainsi que, de quelque côté que nous nous tournions, nous voyons l'Eglise se séparer de la démocratie.

Mais quoi, me dira-t-on, l'Eglise qui, le Vendredi-Saint, au moment d’adorer la croix, prie pour les Juifs, l'Eglise qui, dès le premier siècle de son existence, trouvait des accents d’une émotion infinie pour demander au Seigneur de rassembler amoureusement tous les hommes en une seule famille, l'Eglise dont le soupir a toujours été orienté vers l’union, vers l’universalité, ne saura-t-elle pas trouver des accents nouveaux, pour jeter vers la démocratie une prière qui, comme une sorte de pont bâti par la foi et par l'amour, rapprochera les deux civilisations ?

Préoccupé de cette songerie, je montais, il y a quelques jours, vers cette église de Mon tmartre, vers cette « basilique du Vœu National », dans laquelle le catholicisme français de notre génération a symbolisé ses rêves et

ses aspirations. Il était nuit. Aucun des bruits

de la gigantesque cité ne franchissait le seuil

du temple. L’ostensoir entouré de lumières et de fleurs rayonnait sur l’autel. Tout à coup un chant éclata, entonné rien que par des voix d'hommes :

Pitié, mon Dieu, c’est pour notre patrie Que nous prions au pied de cet autel...

Pitié, mon Dieu! si votre main châtie Un peuple ingrat qui semble vous braver; Elle commande à la mort, à la vie,

Par un miracle elle peut nous sauver.

(Refrain) Dieu de clémence, O Dieu vainqueur,

Sauvez Rome et la France Au nom du Sacré-Cœur.

et J’eus un frémissement et une angoisse, car dans ces voix qui priaient pour la France, on sentait passer toutes les colères, toutes les rancunes, toutes les imprécations d’un moribond qui ne sait ni se résigner à mourir, ni se reconnaître en ses héritiers.

Je conclus donc cet aperçu sur la situation de l’Eglise, en disant que ce qui a perdu

l'Eglise en France, ce n’est pas sa dogma-

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tique, c’est sa politique, ou plutôt, si l’on veut être tout à fait juste et précis, ce sont les louches manœuvres qui ont accaparé l'Eglise, malheureusement sans qu’elle élevât

devant l’univers une protestation indignée.

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Conséquences de la dénonciation du concordat.

Ma main se serait refusée à écrire les pages qui précèdent, si je n’avais rien eu à ajouter.

Cette partie de l'Eglise où se sont réfugiés, haineux et épouvantés, les fauteurs de tous les asservissements, puissante encore par les ressources que des gens, hantés par des visions analogues à celles de l’an 1000, peuvent, dans un accès d’affolement, jeter à ses pieds, cette partie de l'Eglise est moribonde, elle est déjà morte.

Muis cette église est-elle toute l'Eglise ? A

cette question que nos lecteurs n’ont pas cessé

ES

de se poser en lisant ce qui précède, je suis heureux de pouvoir répondre par un non Joyeux.

. Ma joie étonnera peut-être ceux qui savent que je ne suis pas membre de l'Eglise, Elle est pourtant réelle et profonde. La vie me réjouit partout où je la rencontre. On ne discute pas avec des cadavres.

Encore une fois, les libres penseurs qui confondent Eglise et cléricalisme sont excusables, puisque l'Eglise elle-même n’a jamais nettement séparé sa cause de celle du cléricalisme ; mais des observateurs, qui veulent étudier les groupements religieux, doivent, s'ils ne veulent pas s’égarer, tenir grand compte des minorités.

Or, pendant que l’immense majorité des catholiques français compromettaient la cause de l'Evangile et de la foi, dans quelques presbytères de campagne, dans des cellules de séminaristes ou de moines, se préparaient les prémices d’une génération nouvelle.

Je suis sur un terrain dangereux pour ceux que j’admire. Il y a, sur tous les points de la

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