LA MER
La mer ! à moi la mer et sans fond et sans rive, La mer! vaste pâture au cœur audacieux ;
La mer, qui dans ses bras tient la terre captive Et mêle son abime à l'abime des cieux !
La mer, calme et riante où l'azur se reflète,
La mer, comme un enfant jouant dans son berceau ; La mer où je naquis dans un jour de tempète,
La mer, sein maternel, tu seras mon tombeau !
O mer, je ne veux pas d'un autre cimetière ; Quand la mouette aura chanté su: mon trépas, Quand les plis de tes flots m'auront fait un suaire, Sur le bord détesté ne me rejette pas !
La terre à mon sommeil serait dure et pénible ; Jalouse de garder les cendres d'un amant,
Ne cède qu'à l'appel de la trompe terrible
Et ne me rends qu'au jour du dernier jugement !
Telle est la vocation de l'homme de lettres. Elle empoigne son existence; elle commande, il faut marcher. Obstacles, défenses. décourage-
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