III. — CAUSES D'ERREURS DANS LA RECHERCHE DU B. K
Elles sont très peu nombreuses :
1° On ne saurait tout d’abord assez insister sur l’importance d’une technique correcte et d’un examen minutieux. Les erreurs d'interprétation, la confusion entre un B. K. et un dépôt de colorant par exemple, ont une grande importance pratique et ne peuvent certainement être négligées. Il faut penser à ces erreurs devant des bacilloscopies paradoxalement positives avant l’entrée au sanatorium, alors qu’au sanatorium les examens les plus minutieux restent négatifs.
20 Par contre, la présence de bacilles acido-résistants non tuberculeux qui a parfois été constatée dans
les crachats semble tellement rare qu’on peut pratiquement la négliger.
3° On rencontre parfois chez des sujets ne présentant aucun symptôme pathologique une expectoration authentiquement bacillifère vérifiée par la culture et l’inoculation au cobaye. Dans ces cas, il semble habituellement s’agir suivant l’hypothèse de Bezançon et Meyer, d’une lésion pulmonaire minime invisible aux rayons X. Il peut parfois s’agir aussi d’une émission bacillaire venant de l’ouverture dans les voies aériennes d’un ganglion hilaire suppuré.
4° On sait également que la tuberculose peut s’associer à de nombreuses affections pulmonaires. La constatation du B. K. dans l’expectoration ne doit donc pas empêcher de rechercher l'explication de certains symptômes particuliers pouvant être dus par exemple à une bronchectasie.
5° Beaucoup plus difficile est le diagnostic de l’association du cancer du poumon à la tuberculose avec expectoration bacillifère et celui de l’élimination de bacilles tuberculeux au cours de l’abcès du poumon. Nous avons examiné ces problèmes à propos de ces deux affections.
B. — REACTIONS CUTANEES A LA TUBERCULINE
On sait qu’une réaction tuberculinique positive n’& pas de valeur pour porter le diagnostic de tuberculose-maladie ; aussi nous nous bornerons à étudier la
valeur des réactions tuberculiniques négatives pour éliminer le diagnostic de tuberculose.
1° THÉORIE CLASSIQUE. — Classiquement une réaction tuberculinique positive est la preuve d’une infection tuberculeuse de l’organisme pouvant être latente ou active, et, de même que cette infection tuberculeuse, la positivité de cette réaction persiste toute la vie.
On sait également que certains facteurs, bien connus depuis longtemps, peuvent amener une éclipse temporaire de ces réactions. Parmi ces facteurs, les plus importants semblent être :
— Ja tuberculose à la phase avancée ;
—- des maladies infectieuses aiguës surtout la grippe et la rougeole ;
— des troubles endocriniens principalement les dysthyroïdies ;
— certains états physiologiques : grossesse et ac-
couchement.
2° NOTIONS D’ACQUISITION RÉCENTE. — Plusieurs notions nouvelles ont été apportées récemment sur la valeur des réactions tuberculiniques.
a) La cuti-réaction a une très grande valeur, mais la percuti-réaction et surtout l’intra-dermo-réaction sont plus sensibles, on aura intérêt à vérifier par elles le résultat d’une cuti-réaction négative lorsque l’on désire une certitude.
Pratiquée avec un milligramme ou un centigramme de tuberculine l’intra-dermo-réaction augmeute de 17 à 22 % le nombre des sujets reconnus allergiques.
b) Outre leur éclipse temporaire vue plus haut, les réactions tuberculiniques peuvent se négativer complètement, parfois même en un temps assez court. Paretzky a observé 80 cas où la négativation s’est faite en moyenne en 18 mois. Cette extinction des réactions tuberculiniques pourrait survenir après guérison bactériologique de l’infection tuberculeuse. Donc une tuberculose à l’état cicatriciel peut fréquemment s’ac- ‘compagner de réactions tuberculiniques négatives, et ‘effectivement de nombreux sujets porteurs de calcifications hilaires ou même pulmonaires et ayant vécu dans un milieu contaminé ont des réactions tuberculiniques négatives.
Plus tard, on observe parfois la réapparition de l’allergie probablement à la suite de la formation de nouveaux foyers par réinfection exogène.
c) Dans des cas exceptionnels, mais absolument in- ‘contestables, une tuberculose active, sans cachexie, avec expectoration bacillifère, peut s’accompagner de Ja négativité absolue de toutes les réactions tubercu- Jiniques.
3° CONCLUSIONS. — En conclusion, la constatation de Ja négativité complète des réactions tuberculiniques ne permet pas à elle seule, d'éliminer complètement une tuberculose cicatricielle, et même parfois une tuberculose active. Cette proposition s’entend de la négativité des réactions tuberculiniques, à elle seule, isolée de l’ensemble de tous les autres symptômes
fournis par la clinique et le laboratoire. Au contraire,
lorsque la négativité de ces réactions est associée à un ensemble de symptômes convergents qui plaident contre la tuberculose, elle a une valeur considérable, pouvant aller jusqu’à l’élimination formelle de la tuberculose.