D. — EXAMEN DE L’EXPECTORATION
Il s'agira, comme on l’a vu, presque toujours d’une expectoration quotidienne, purulente, surtout matinale et assez abondante. Parfois l’abondance est extrême, atteignant plusieurs centaines de centimètres cubes par jour. L’abondance de cette expectoration est déjà un argument très important en faveur de la dilatation des bronches.
Les bacilloscopies en série permettront facilement l’élimination de la tuberculose pulmonaire. En effet au cours de celle-ci, une expectoration purulente et d’une telle abondance est toujours richement bacillifère à l'examen direct. Aussi quelques examens directs et quelques homogénéisations, négatifs, permettront facilement son élimination.
Les réactions tuberculiniques devront être pratiquées surtout chez les sujets jeunes. Positives, elles n’auront pas de valeur, mais négatives, elles permettront l’élimination pratiquement formelle de toute infection tuberculeuse. Dans ce cas, il conviendra de renvoyer immédiatement du sanatorium le malade exposé à une primo-infection tuberculeuse. Nous reviendrons d’ailleurs plus loin sur ce point important.
E. —— BRONCHOGRAPHIE LIPIODOLÉE.
La tuberculose éliminée, il restera à fournir la preuve formelle de la bronchectasie, ce qui se fera
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par la bronchographie lipiodolée. Cette méthode devra être employée dans tous les cas où, la tuberculose ayant été éliminée, on soupçonne la bronchectasie.
La technique de cette intervention, surtout par voie nasale, est simple et sans difficulté. Nous ne décrirons pas les aspects radiologiques des dilatations ampullaires,, sacciformes, moniliformes et cylindriques qu’elle peut révéler.
Cependant, il est bon de savoir que dans certains cas, le lipiodol ne fournit pas la preuve des dilatations des bronches les plus authentiques et que l’on ne doit pas conclure de la négativité de cet examen à l’absence de bronchectasie.
En pratique, le diagnostic se posera de façon différente suivant les cas :
1° Tantôt il s'agira de malades, dont le début de la maladie est ancien, présentant de façon permanente une expectoration purulente, abondante, non bacillifère, s’accompagnant de toux fréquente et parfois d’hémoptysies.
On s’orientera, dans ces cas, immédiatement vers la dilatation des bronches dont on fera facilement la preuve.
2° Tantôt, surtout dans des bronchectasies plus récentes, moins accentuées, le tableau sera beaucoup moins net. Le malade présentera depuis plus ou moins longtemps des bronchites hivernales, parfois des épi-
sodes plus importants qualifiés « pneumonie » ou « congestion pulmonaire ». L’expectoration présente au moment des poussées est fréquemment tarie en dehors de celles-ci. L'importance des signes d’auscultation comparée à la discrétion des signes radiologiques, la négativité des bacilloscopies au cours d’un épisode aigu, pourront mettre sur la voie du diagnostic, celui-ci sera cependant plus difficile que dans le cas précédent et souvent ne sera affirmé qu'après une certaine période d’observation, comme on le voit dans le cas de Mlle Bar, qui montre aussi que ces bronchectasies moins accentuées fournissent les meilleures indications d’un traitement chirurgical radical.