EFFICACITÉ DU TRAITEMENT ANTISYPHILITIQUE
Cette efficacité nette et rapide est l’argument le plus important en faveur de l’étiologie syphilitique d’une lésion pulmonaire. (Même si le diagnostic n’est pas certain, un traitement d’épreuve pourra être instilué si aucune autre étiologie ne peut être retenue). Ainsi, dans notre chservation n° IIT, alors que le malade présentait en permanence une expectoration muco-purulente de moyen volume et une température à 38°5 le soir, le traitement par le Novarsénobenzol, puis l’acétylarsan, amena rapidement une chute de la température, une diminution considérable de l’expectoration et un nettoyage radiologique.
Dans le cas de Rolland, Aubin et Oppenot, le malade présentait depuis plusieurs années un état général lamentable, et un aspect radiologique inchangé ; le traitement mercuriel et bismuthique amena une reprise de poids de 20 kg. et la récupération d’une image radiologique à peu près normale.
Cependant, pour être certain de l’action réelle du
traitement, et ne pas être dupe d'une simple coïncidence, il conviendra d’avoir fait précéder le traitement d’une période d’observation suffisante afin d’être assuré que la lésion ne présente pas de tendance à la régression spontanée.
D'autre part toutes les formes de syphilis pulmonaire ne sont pas influencées de façon identique par le traitement. Les lésions de type hyperplasique ou gommeux Correspondant aux formes récentes ou évolutives de syphilis pulmonaire sont influencées très favorablement ; par contre, les lésions de type scléreux Correspondant aux formes anciennes, ne sont que peu ou pas influencées. C’est ce qui explique l’absence de modification radiologique, malgré le traitement, dans l’observation n° II.
Comme nous l’avons dit plus haut, aucun symptôme isolé n’est pathognomonique, il faudra la réunion de plusieurs d’entre eux pour l’établissement d’un diagnostic plus cu moins probable selon les cas, la réunion d’un nombre suffisant de ces signes pouvant amener une certitude presque absolue, ce qui est le cas dans les observations II et III.
Il faut donc conclure que la syphilis pulmonaire est une des affections à rechercher devant un syndrome pulmonaire qui ne fait pas sa preuve. Mais l’association fréquente, qui nous reste à envisager, de la syphilis à la tuberculose, vient encore compliquer le diagnostic dans un grand nombre de cas.