‹ A propos de quelques cas de fausses tuberculosés observés dans la pratique sanatorialeChapitre 91 sur 139 · FORME AIGUË · texte numérisé non relu

FORME AIGUË

C’est la plus habituellement rencontrée. Après une incubation de quelques jours, la température s’élève brusquement à 39° avec un malaise général et apparition de symptômes d’une rhino-trachéo-bronchite. La toux est suivie assez vite d’une expectoration d’abord muco-purulente, mais qui devient rapidement sanglante. Cette expectoration présente un caractère particulier appelé la sputolyse : les crachats se liquéfient au bout de quelques heures et se divisent en deux couches : une couche supérieure homogène formée d’un liquide rouge clair ayant l’aspect de la gelée de gro-

seilles, et une couche profonde plus visqueuse adhérente au crachoir.

L’auscultation fait percevoir des signes de bronchite diffuse avec parfois quelques foyers congestifs localisés. L'aspect radiologique du thorax ne présente aucune modification.

L'examen des crachats, après coloration de Giemsa ou de Fontana-Tribondeau, montre les spirochètes très nombreux, polymorphes; un examen à l’état frais, à l’ultra-microscope, met en évidence leur très grande mobilité. Il y a parfois association d’un nombre plus ou moins grand de bacilles fusiformes.

L'évolution est bénigne. La guérison demande de une à six semaines.

Dans cette forme, le diagnostic est facile si l’on sait penser à la spirochétose de Castellani. L’expectoration sanglante est un fait anormal au cours de l’évolution d’une bronchite aiguë. Quant à la tuberculose vers laquelle cette expectoration sanglante pourrait orienter, elle sera éliminée sur l’absence d’anomalie radiologique, et surtout la négativité répétée des bacilloscopies malgré une expectoration abondante.

Ensuite, l'examen des crachats, en révélant les spirochètes, fera la preuve de la maladie.

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