‹ A propos de quelques cas de Méningites puriformes aseptiques, aiguës, bénignes, cryptocogénétiquesChapitre 11 sur 18 · RU · texte numérisé non relu

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Etude microscopique du liquide céphalo-rachidien.

En présence de ces signes méningés discrets ou frustes chez l’enfant, nets chez l’adulte, la ponction lombaire, pour affirmer ou confirmer la souffrance méningée, s'impose.

Que le praticien se conduise devant le liquide trouble, hypertendu, comme s’il s’agissait d’une méningite cérébro-spinale, on ne saurait que l’approuver.

L’examen à la cellule de Nageotte du liquide céphalorachidien, que l’on a pris soin de confier immédiatement au laboratoire, montre une réaction leucocytaire variable — de l’ordre de 400 à 600 leucocytes, — mais qui peut être beaucoup plus importante puisque l’on a pu compter jusqu’à 3.016 leucocytes par mm* (Poidomi Raffaele).

Notons que ce caractère trouble du liquide qui se présente à divers degrés — du simple trouble à l’aspect purulent —, s’il est sous la dépendance directe du nombre des leucocytes, ne le reconnaît pas pour seule cause.

Les polynucléaires sont dans la proportion de 90 %

et plus, le nombre des lymphocytes à cette période

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est peu élevé ; la polynucléose au début est habituelle; nous verrons plus loin qu’elle varie, quant à son importance, au cours d'évolution.

L'examen attentif de plusieurs lames colorées selon les méthodes habituelles et avec les précautions d'usage, indique, fait capital, l'absence de germes pyogènes. Absence de germes que confirmeront les cultures en milieu aérobies et anaérobies et l’inoculation aux animaux de laboratoire.

Comme il est toujours délicat d'affirmer l’asepsie d’un liquide et que la multiplicité des examens qui réduit les causes d’erreur nécessite un laboratoire spécialisé et d’habiles expérimentateurs, l’absence de germes étant constatée, il importe de toujours rechercher le seul caractère qui, pour Widal, apparaissait comme spécial aux épanchements puriformes : le caractère cytologique, c’est-à-dire l’intégrité des polynucléaires.

Intégrité des polynucléaires, qu'il est, après une fixation à l'alcool éther, et coloration à l’hématéine éosine, facile d'apprécier «par la délicatesse du noyau, l’'homogénéité du protoplasma qui est finement granuleux et la netteté de son contour qui reste arrondi, non déchiqueté et comme taillé à l’emporte-pièce » (Widal).

Actuellement, la coloration à l’hématéine éosine est abandonnée. ;

Au liquide céphalo-rachidien, recueilli entre lame et lamelle, on ajoute une goutte d’une solution‘ de thiônine ou de bleu de méthylène.

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Les leucocytes non altérés, vivants, ne prennent pas la coloration alors que les leucocytes morts se colorent immédiatement.

Bien entendu, pour conserver sa pleine valeur à cet examen très simple, on ne saurait trop insister sur le fait qu'il doit être pratiqué aussi précocement que possible.

L'étude des réactions chimiques montre qu’en ce qui concerne l’albumine il y a le plus souvent une légère albuminose, mais celle-ci peut manquer ; la glycorachie peut être normale ou légèrement augmentée.

Comme il n’est pas rare, au début d’une méningite septique, de constater à l'examen microscopique, l’absence de germes, et des polynucléaires peu altérés, il faut, on le conçoit, éviter toute conclusion hâtive et pratiquer des ponctions successives qui permettent par surcroît d'assister à l’évolution de la formule leucocytaire et des modifications cellulaires.

Au liquide habituellement puriforme à la première ponction succède rapidement un liquide clair ; dans le liquide clair qui accompagne ia convalescence, le nombre des polynucléaires diminue, alors que le nombre des lymphocytes augmente ; à la polynucléose du début fait place « une lymphocytose dite de guérison », qui persiste plus ou moins longtemps ; parallèlement le taux de l’albumine redevient normal. Ajoutons que certains polynucléaires peuvent. sur leur déclin, présenter certains stigmates de sénes-

cence : ces stigmates de sénescence peuvent être

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plus ou moins accusés, mais ne sauraient, pour Widal, faire confondre ces polynucléaires, d’ailleurs en petit nombre, avec les polynucléaires nécrosés du liquide céphalo-rachidien de méningites septiques.

Pour être habituelle, la constatation d’une polynucléose abondante dès le début de l’affection n’est pas absolue.

Le liquide de première ponction peut être clair et ne contenir que quelques polynucléaires non altérés, alors que le nombre des lymphocytes est important ; par la suite, la polynucléose devient de plus en plus abondante pour faire de nouveau place progressivement à une lymphocytose (obs. III). À ce propos nous ferons les quelques remarques suivantes, que les circonstances ne nous permettent pas de développer comme il conviendrait, et dont nous verrons l'intérêt au chapitre des considérations étiologiques.

Etudiant les modifications du liquide céphalo-rachidien des méningites lymphocytaires curables qu'il est plus justifié selon le Professeur Nobécourt d'appeler méningites séreuses, bénignes, cryptogénétiques, E. Lesné et Y. Bocquien font remarquer « que dans les premiers jours de l'affection ce ne sont pas des lymphocytes, mais bien des polynucléaires (non altérés) que l’on observe ». Polynucléose qui « à partir du 5° jour » fait place à une mononucléose « constituée presque uniquement de Iymphoëytes ». Il faut noter, ajoutent-ils « que cette succession de polynucléaires et des éléments mononucléés n’est pas abso— lument constante » : le début peut être en eftet

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