‹ À propos de quelques cas de phlegmons de la cavité de RetziusChapitre 5 sur 19 · IL. — ANATOMIE DE LA CAVITÉ DE RETZIUS · texte numérisé non relu

IL. — ANATOMIE DE LA CAVITÉ DE RETZIUS

C’est M. le professeur Pierre Delbet, qui, en 1891 dans son ouvrage sur les suppurations pelviennes, mit au point la-conception de Retzius. On avait longtemps vécu sur la traduction que Constantin Paul avait donnée en 1862 d'une communication de Hyrtl à l’Académie de Vienne. Par cette communication celui-ci faisait connaître le contenu d’une lettre de Retzius datée de 1858 et dans laquelle le savant suédois disait ce qu’il avait déjà exposé à l’Académie de Stockholm en 1656.

Après avoir subi deux traductions la description de Retzius avait été quelque peu déformée et voici d’après M. Pierre Delbet ce qu’il faut en retenir.

Dans la paroi abdominale antérieure, en arrière des droits, se trouve un espace celluleux, véritable bourse séreuse, dans laquelle se meut la vessie.

Cette cavité à comme limites :

En haut. — Les arcades de Douglas.

En avant. — Un feuillet partant des arcades de Dou-

glas et allant s’insérer au pubis.

Lo S

En arrière. — Un deuxième feuillet — fascia trans-

versa de Retzius — placé sous le péritoine qu'il tapisse et qu'il accompagne derrière la vessie pour aller se

| jeter sur les aponévroses périprostatiques.

Latéralement.— L’accolement de ces deux feuillets sur le bord externe des droits.

Sans vouloir entrer dans la discussion historique de la question nous voulons rappeler que quelques auteurs s'étaient déjà occupés de la région, en particulier Hessel-

bach en 1806, Cooper, puis en 1817, Cloquet qui avaient à décrit le feuillet antérieur sous le nom de fascia transversalis, Scarpa qui, dès 1826, ainsi que le dit M. Paul Delbet, avait signalé un espace de tissu cellulaire entre le pubis et le péritoine, enfin Kolbrausch, que cite M. Pierre Delbet et qui, en 1854, avait déjà étudié les aponévroses de la région.

Puis les travaux se succèdent, ce sont ceux de Velpeau qui décrit le second feuillet ou fascia propria, ceux de Tillaux en 1877, de Cruveilher, de Richet en 1877 qui fait du premier feuillet un feuillet fibreux ou facia transversalis fibreux et du second un feuillet celluleux ou fascia propria de Velpeau, ceux de Fallin et Duplay qui font remonter la cavité à l’ombilic,la thèse de Gérardin en 1879 qui identifie le fascia transversa de Retzius qu’il indique bien comme le feuillet postérieur, mais ce feuillet ne va qu’au sommet de la vessie se continuant là avec un feuillet du fascia pelvia qui passe en avant de cet organe, de plus il ramène la limite supérieure aux arcades de Douglas. Vint, ensuite,

l’œuvre de Bouilly en 1880 qui, anatomique et clinique,

pote

différencie les abcès de la cavité de Retzius et les abcès sous-ombilicaux en exposant les théories de Heurtaux de Nantes. Celui-ci décrivait des infections localisées à une loge, plus ou moins nette, limitée en haut par J’ombilic, en bas par les arcades de Douglas, en avant par l’aponévrose de l’abdomen, en arrière par le fascia infra-ombilicalis. Bouilly voit le fascia propria de Velpeau se déboubler en ‘un feuillet antérieur passant devant la vessie et un postérieur passant derrière elle.

La même année,en 1880, Pauzat, puis en 1885 Leusser confirment que la cavité finit aux arcades de Douglas et découvrent entre les droits et le fascia transversalis qui vient s’insérer sur la face postérieure du pubis une cavité sus-pubienne, espace sus-pubien de Pauzat, cavum suprapubicum de Leuner.

Roser en 1886 et Charpy en 1888 font remonter l’espace prépéritonéal de Retzius à l’ombilic.

Nous ne croyons pas devoir nous attarder plus longuement à cet exposé historique, ce travail à été fait plusieurs fois et avec une trop grande compétence.

Nous nous bornerons à dire ce que l’on appelle aujourd'hui cavité de Retzius et comment l’on conçoit ce qui fut la cavité prépéritonéale de cet auteur. Disons, en passant, que cet espace qui dès 1879, avec Gérardin, n’est plus que prévésical, devient le second que l’on trouve en dissèquant la paroi abdominale antérieure, avec Pauzat et Leusser dès 1880. Enfin M. Pierre Delbet a décrit une troisième loge siégeant en arrière de lui entre le fascia ombilico-prévésical et le péritoine. Il

s’est occupé tout particulièrement à l’étude de cette

région et nous lui devons une description très détaillée du deuxième feuillet qui devient avec lui le fascia ombilico-prévésical. M. Paul Delbet a lui aussi très particulièrement étudié cette question.

Actuellement on conçoit l’espace prévésical de la façon suivante.

C’est un espace rempli de tissu cellulaire qui part de l’ombilic, descend devant la vessie, derrière le pubis jusqu'aux ligaments pubo-vésicaux. De chaque côté de la vessie, à droite et à gauche il émet deux prolongements, deux cornes qui s’insinuent entre la vessie qui est en dedans, le muscle obturateurinterne et plus bas le releveur de l’anus recouverts de leurs aponévroses qui sont en dehors.Ces deux cornes vont jusqu’au niveau des échancrures sciatiques.

Cet espace a la forme d’un demi-cylindre taillé en biseau au dépend de sa face postérieure.

Pour mieux l’étudier il est préférable de lui décrire trois segments, un moyen, antérieur et médian, deux latéraux.

Le segment moyen à comme limites :

En haut. — L’ombilic.

En bas.— Les ligaments pubo-vésicaux et l’aponévrose périnéale supérieure.

En avant. — En haut le fascia transversalis et devant lui les droits.

En bas, le fascia transversalis et les droits avec entre les muscles et le fascia le cavum suprapubicum.

En arrière. — Le fascia ombilico-prévésical.

Latéralement. —En haut, les artères ombilicales au

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