LOGE
et les faces latérales de la vessie. Notons en passant que M. Ombredanne a décrit tout autour de la vessie une gaine celluleuse, sorte de tissu péritonéal tassé par les mouvements de cet organe, qu’il appelle gaine allantoïdienne.
Les bords latéraux doivent être divisés en deux parties, une supérieure marquée par le passage des artères ombilicales, une inféro-postérieure formée par l’union de l’aponévrose avec celle de Denonvilliers.
Nous ne voulons pas rentrer dans l’étude de la provenance embryologique de l’aponévrose ombilico-prévésicale, ce n’est pas dans le cadre de notre sujet. Signalons toutefois qu'aujourd'hui on tend à rattacher cette aponévrose au système des aponévroses cachevaisseaux de Farabeuf ou gaines vasculaires d'Ombredanne. Ce serait la portion de la gaine hypogastrique soulevée par l'ascension de l’artère ombilicale et l’homologue de la portion vasculaire de l’aponévrose de Denonvilliers sur laquelle elle paraît s’insérer à angle droit. En bas elle se continue avec les aponévroses latérales de la prostate, qui représentent, en effet, la portion de la gaine hypogastrique accompagnant les vaisseaux prostatiques notamment les plexus latéraux prostatiques. Holl toutefois a décrit à cette aponévrose latérale de la prostate un feuillet latéro-prostatique qui est constitué par l’aponévrose pelvienne, celle-ci se relevant, au niveau du bord interne du releveur de l’anus vers les faces latérales de l’urèthre, de la prostate et de la vessie. à *
Pour MM. Cunéo et Veau, l’aponévrose ombilico-
p +; Rte
prévésicale ést constituée par l’accolement de deux feuillets d’un cul-de-sac péritonéal entourant primitivement la vessie. Cet accolement donnerait en avant et latéralement cette aponévrose, tandis qu’un autre culde-sac s’accolant également en arrière donnerait celle de Denonvilliers.
La cavité de Retzius paraît donc assez nettement limitée, elle offre toutefois à cet égard quelques particularités très intéressantes pour l'étude des affections qui peuveni l’atteindre. Tout d’abord elle a quelques points faibles dans ces parois. Dans sa paroi antérieure c’est d'abord en haut la cicatrice ombilicale, puis la ligne blanche, interstice celluleux entre le bord interne des deux droits, bien différente de l’épaisse ligne blanche sus-ombilicale, solide, aponévrotique et feutrée; même en bas où l’admiviculum lineæ albæ semble la renforcer la loge prévésicale communique avec le cavum suprapubicum de Leusser par l'intermédiaire de ces foramina presque constants qui perforent la base du ligament. Elle communique encore avec la gaine des droits par de nombreux foramina dans lesquels passent les artérioles et les branches nerveuses. Enfin la gaine des droits elle-même est bien mince, réduite qu’elle est à un simple toile celluleuse, le fascia transversalis.
Dans la base de la cavité autre point faible car si les deux ligaments pubo-vésicaux latéraux sont solides, ils laissent entre eux un espace fermé seulement par l’aponévrose pelvienne qui constitue à ce niveau le ligament pubo-vésical moyen. C'est juste au-dessous
que se trouve laloge préprostatique, qui, elle-même n’est
séparée de la loge pustatique que par une mince lame celluleuse émanée de l’aponévrose transverse de Henle, le fascia préprostatique.
Enfin la cavité prévésicale présente des communications directes avec les tissus cellulaires des régions voisines. C’est surtout à la partie supéro-interne des segments latéraux. Lorsque le péritoine se replie après avoir fermé par son cul-de-sac la toiture des cornes, il n’adhère pas à la paroi de sorte que le tissu cellulaire prévésical communique Jargement avec le tissu cellulaire des fosses iliaques.
Chez la femme on trouve une autre communication, moins nelte, avec le tissu sous-péritonéal du ligament large. En effet, le ligament large comprend en somme deux portions,une portion supérieure, sous-péritonéale, sus-jacente à la gaine hypogastrique que l’utérine a entraînée à l’intérieur du ligament, et une portion inférieure, solide, portion sous-ligamenteuse de Rieffel. C'est dans cette dernière que se trouve cette gaine hypogastrique de l’utérine, second repli d'une même couche dont le premier est celui de l’artère ombilicale. Le tissu sous-péritonéal court à la surface de cette couche, se glisse au-dessus des replis, les franchit, mais d’après M. Albarran serait arrêté par une adhérence du repli de l’ombicale avec le péritoine. Toutefois le tissu cellulaire de la portion sous-péritonéale du ligament large, siège des phlegmons, n’est séparé de celui de la cavité de Retzius que par ce repli de l’artère ombilicale et sa faible adhérence au péritoine.
Les vaisseaux sont rares dans la cavité prévésicale
ou tout au moins de petit calibre.Ce sont,en bas, le rameau graisseux, branche récurrente de la dorsale de la verge émanée elle-même de la honteuse interne et sur toute la hauteur les ramuscules perforant la gaine des droits pour se perdre dans le tissu cellulaire de la loge.
La question des lymphatiques a pris une grande importance depuis que M. Imbert de Montpellier a fait des adéno-phlegmons de beaucoup d’abcès de la cavité de Retzius. Toutefois rien à ce sujet n’a été bien éclairé.
C’est Gerota qui en 1896 dans son article Uber die Lymphgefæsse und die Lymphdrüssen der Nabelgegend paru dans l’Anatomischer Anzeiger (Bd. 12) décrivit des ganglions dans cette région. Les lymphatiques de la paroi antérieure de la vessieiraient, quelques-uns du moins, à des ganglions situés dans le tissu adipeux prévésical. [ls auraient en avant la même situation qu'ont sur les côtés les ganglions que Waldeyer avait décrit sous le nom de lymphoglandulæ vesicales latérales le long des artères ombilicales, Gerota les appelle donc les lymphoglandulæ vesicales anteriores.
Paul Deblet reconnaît qu’on peut les rencontrer quelquefois, il dit dans un article de Poirier et Charpy que les lymphatiques de la muqueuse, de Ia mus-
culeuse et de la séreuse vésicale largement anastomosés avec ceux de l’urèthre, des vésicules séminales, de la prostate aboutissent en définitive à trois groupes de ganglions : deux latéraux, un antérieur. Ce groupe antérieur comprendrait un à deux ganglions accolés à l'artère
vésicale antérieure.
press
Ces mêmes ganglions sont décrits par Poirier et Cunéo dans l’article «Lymphatiques> du Poirier etCharpy.
Enfin en 1901, Cunéo et Marcille décrivent des lymphatiques qui partent de la face antéro-supérieure de la vessie, croisent les artères ombilicales en dessus ou en dessous et vont au gros ganglion appliqué contre la veine iliaque externe au niveau du segment moyen de celle-ci.Sur tout le trajet de ces lymphatiques seraient appendus des ganglions visibles seulement sur des pièces injectées. De plus ils ont vu trois ou quatre fois un ganglion infra-ombilical correspondant aux lymphaiiques postérieurs peu ombiliceux (Bulletin de la Société anatomique, 1901, p. 582-583 et p. 649).
Il ne faut pas oublier que dès 1895,M. Bazy avait rencontré ces ganglions au cours d’une taille hypogastrique pour une tumeur inopérable dela vessie. De plus en 1899 il communiqua à la société de chirurgie de Paris une note du D: Pottier au sujet de coupes que celui-ci avait faites dans le laboratoire du professeur Cornil et qui avaient été examinées aussi par M.Letulle. C’étaient des coupes faites dans un ganglion que M.Bazy avait trouvé au cours d’une taille hypogastrique, contre la vessie, au milieu de ce tissus condensé qui relie le cul-de-sac péritonéal à la symphyse pubienne, « espèce d'aponévrose qu’on est obligé d’inciser pourarriver directement à la vessie ».
Il est bien certain que les ganglions ont été vus dans la loge de Retzius, mais sont-ils nettement dans la cavité prévésicale ? Ilsemble d’après la description des dif-
férents auteurs que les Ilymphoglandulæ anteriores sont
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appliqués contre la vessie dans la gaine allantoïdienne qui entoure cet organe, tout comme ceux que M. Bazy a vus ou ceux dont parle M. Delbet. Il n’y a guère que les lymphatiques que MM. Cunéo et Marcille décrivent qui après avoir croisé les artères ombilicales passent à travers la partie antéro-latérale de la cavité portant
appendus quelques petits ganglions.