FORMES CLINIQUES ET EVOLUTION
L'étude de ces observations nous permet de distinguer :
1° Des formes aiguës ou de durée moyenne évoluant en 15 jours, un mois au plus. Celles-ci englobent surtout des streptococcémies qui restent pures (Obs. IX, XI,XV) ou compliquées seulement d’un petit nombre de localisations (Obs. IV, VI).
2° Des formes prolongées (2 mois ou plus) qui comprennent surtout des formes à localisations nombreuses ou entretenues par l’une d’elles particulièrement accusée,. Les formes à endocardite tiennent la plus grande place parmi cette catégorie. C'est dans ces cas que l’on assiste à des courbes de température très irrégulières, avec de grandes oscillations au moment des localisations et qui présentent dans l’ensemble une allure ondulante. La durée est assez souvent en rapport avec la multiplicité des localisations. La guérison peut avoir lieu plus ou moins rapidement à la suite de l’ouverture d’une collection purulente (Obs. VI) ou d’une évacuation spontanée, telleune vomique (Obs. T.
Dans ces formes, ainsi que dans les précédentes, la convalescence est longue ; il persiste une grande anémie.
3° Des formes latentes ou éphémères. — Mises en relief par M. le P' Lemierre « Les infections sanguines » (Jour-nal medical français, avril 1925).
C’est là que nous avons puisé «un certain nombre de nos observations. Ces formes sont caractérisées par leur évolution brève et leur curabilité presque immédiate. Elles ont souvent une histoire clinique très réduite, une simple élévation de température, par exemple.
Elles expriment une poussée de bactériémie streptococcique que l'hémocullure permet de déceler et dont l'organisme triomphe rapidement. Ces cas doivent être très fréquents, mais passent souvent inaperçus, soit parce que les manifestations cliniques sont trop légères, pour justifier une hémoculture, soit parce que celle-ci pratiquée en dehors d’une poussée bactériémique fugace demeure négative. Des auteurs ont signalé de petites épidémies de streptococcies bénignes. Ces formes expliquent souvent l'apparition de certaines suppurations profondes et de bon nombre de phlébites. Elles peuvent également être à l'origine de certaines endocardites malignes. Nous pouvons rapprocher de celles-ci les streptococcémies que l’on rencontre au cours de certains érysipèles. Celles-ci indiquent seulement une forme un peu sévère de l’érysipèle.
Entre les formes éphémères, les formes aiguës, les formes prolongées, existent de nombreuses formes de transition.