ER ET
ETIOLOGIE
à NE : Après que Carle et Rattone eurent démontré, en 1884, - que le télanos était une maladie infectieuse inoculable d'animal à animal, Nicolaïer, la même année, étudiant les microbes vivant dans le sol, trouva que la terre de la cour de l'institut hygiénique Flügge était tétanigène. Cet auteur rencontra, dans le pus formé au niveau des points d’inoculation de cette terre, des bacilles 1ininces, allongés et renflés à l'une des extrémités, qui lui semblèrent être l'agent s spécifique du tétanos.
. - C'est Kitasato à qui revint Yonneur de démontrer, - en 1889, l'action pathogène spécifique du bacille de Nicolaïer. Le premier, il isola et cultiva ce imicrobe en inilieu anaérobie. La même année, Chantemesse et Widal publiaient, dans le Bulletin Médical, à propos de l'étiologie du tétanos, un article intéressant dont nous reproduisons ici quelques passages.
« Dans certaines salles, le tétanos persiste pour ainsi dire à l'état endémique, chaque année éclate soit un cas isolé, soit une série de deux ou trois £as consécutifs. Chose remarquable, c’est presque toujours dans le même lit ou - dans les mêmes lits placés côte à côte que sont couchés les malades pris de tétanos. Ces lits siègent non pas au milieu, mais dans un angle de la pe ce, 1H opération a été faite par le chirurgien depuis 3, 4, 5 ou 8 jours, quand le trismus apparaît. Quelle peut être l’origine de ce tétanos ? L’infection a-t-elle été APpORE par Îles mains de l'opérateur ou les instruments ? Non, très vraisemblable- ment, parce que les mêmes instruments servent à une multitude d'opérations qui ne sont pas suivies de tétanos et l'infection venant du chirurgien n'expliquerait pas cette localisation à certains lits. »
« Dans une salle où s'étaient produits à plusieurs rese des cas semblables à ceux que nous venons de citer,
nous avons pris, pour les faire servir à des inoculations
régulières, de petites quantités de poussières sur les murs, sur les rideaux des fenêtres et des lits, sur les barreaux
métalliques des lits et des sommiers et, enfin, dans les rai-
nures du plancher au dessous et à l’entour des lits, »
« Les inoculations faites avec ces poussières sous la”
peau se cobayes n’ont pas fourni de résultat pour la pous-
sière des murs, des rideaux, du lit. Mais les inoculations
qui ont été faites et répétées à plusieurs semaines de distance avéc la terre prise dans les rainures profondes du parquet aux endroits indiqués ont presque toujours produit le tétanos. » Ils trouvèrent, par l'examen du pus trouvé aux points d’inoculation, des bacilles de Nicolaïer.
Ainsi était bien démontrée la présence du pHouee de Nicolaïer dans le sol et dans toutes les poussières, Des recherches entreprises par la suite par de nombreux auteurs aboutirent à la découverte de ce bacille ou de sa sporc dans l'air et l’eau. Ces faits sont maintenant bien connus, aussi peut-il paraître banal d'en parler.
Extrêmement répandu dans la nature, l'agent du téta-
nos s'y rencontre le plus souvent. sous la forme de spores
très résistantes. La lerre en forme le grand réceptacle na-
turel, mais certaines régions semblent plus tétanigènes
que d’autres. La guerre de 1914-1918 de prouve de façon manifesté : les sols de Champagne et des Flandres sont réputés pour les nombreux cas de tétanos qu'ils occasionnèrent chez les blessés. On trouve le plus souvent cette
spore dans la poussière des rues et dans la terre végétale
notamment celle des jardins et des champs soumis à la fumure. C'est surtout dans les parties superficielles de la terre qu'on la rencontre jusqu'à une profondeur de 30 cm.
Les poussières de Fair en sont le grand véhicule. C'est grâce à elles que les spores tét RE sqnt retrouvées un. peu partout dans les maisons et à l'extérieur sur tous les”
objets qu'elles recouvrent.
Les excréments des animaux, mammifères herbivores v / e
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surtout, contiennent souvent des spores. On en a même
trouvé dans l'intestin de l’homme. Tulloch, en 1910, en trouve dans les matières fécales de 33 % des soldats britan-
niques revenant des colonies.
Enfin, les eaux stagnantes où courantes peuvent en renfermer. Vaillard et Roux en firent la preuve en détermi-
nant des tétanos chez des animaux inoculés avec des boues
de décantation.
Le germe du tétanos pénètre toujours dans lorganis-
me à la faveur d'un traumatisme, si petit soit-il qui, par-
fois peut passer inaperçu, réalisant alors ce qu autrefois on appelait un « tétanos médical ». Le plus souvent, il s'agit de plaies siégeant aux extrémités des membres, 41 % des tétanos seraient consécutifs à de telles lésions, Ce pourcentage ss explique : par la souillure tellurique facile au niveau des mains et des pieds.
Dans l'ordre de’ fréquence viennent ensuite Les plaies de la continuité dés membres, puis les plaies de la face et du cuir door ; les autres sont beaucoup moins souvent tétanigènes. 4
Sur 17 de nos haie où nous pensons connaître
Ja porte d’enttée de la spore ou du bacille tétanique, nous
trouvons huit fois des plaies siégeant au niveau de l’extrémité des membres, trois fois des plaics des jambes ou de
la cuisse, trois portes d'entrée au niveau de l'appareil gé-
nital de la femme etenfin au niveau du menton, du front et de l'épaule.
Classiquement, le caractère de la plaie importe beau- COUP ; les plaies les plus souvent tétenigènes sont ‘celles qui sont contuses, irrégulières, déc hiquetées, anfractueuses, souillées de terre ou de débris de vorps étrangers. Des plaies par arme à feu, par exemple, ou celles des fractures compliquées ouvertes-exposent volontiers au tétanos. Actuellement, les cas de tétanos consécutifs à de tels traumatismes importants ont pratiquement He peeu grace à l'usage préventif du sérum. Une statistique de Pelannoy et Minne parue dans la revue de la Société de Médecine du Nord en juin 1947 montre que sur un total de 2.450 bles-.
sés de guerre opérés et 5.000 interventions au cours des