‹ A propos de quelques cas de Typho-Anémie observés dans une clientèle du Département de la MoselleChapitre 16 sur 27 · LA TYPHO-ANEMIE DU CHEVAL · texte numérisé non relu

LA TYPHO-ANEMIE DU CHEVAL

La typho-anémie, souvent dénommée anémie infectieuse où pernicieuse du cheval, est due à un virus filtrable comme l’ont démontré MM. Carré et Vallée. Elle se manifeste sous une forme aiguë ou lente, par une septicémie avec déglobulisation massive. Elle est caractérisée par des poussées d’intensité variable. Malgré une hypoglobulie assez rapide et très intense, il n’est pas toujours facile de reconnaître les symptômes de l’anémie.

On rencontre cette maladie à peu près dans presque tous les départements, mais surtout la Normandie, la Côte d'Or, les Ardennes, les régions de la Marne, de la Meuse et de la Moselle sont par moments durement éprouvées par ses suites.

Dans le département de la Moselle, eïle est redoutée depuis bien des années. La région de Dieuze semble surtout avoir été le lieu de départ de cette infection en ce qui concerne les trois départements recouvrés. Les recherches, qui ont été pratiquées par la Direction de l'Agriculture à Strasbourg, ont prouvé que c'était au foyer d'infection de Dieuze que nous devions une grande partie des infections constatées dans nos régions. C’est sans doute la progression rapide et inquiétante dans les départements de la Moselle et du Bas-Rhin qui motiva les recherches scientifiques de KR. et K. Seyderhelm de Strasbourg. Ceux-ci étaient persuadés d’avoir trouvé l'agent de la typho-anémie.

D’après leurs recherches, ils attribuaient la maladie aux toxines occasionnées par Gastrophilus équi. If a été prouvé depuis (Marxer) que les auteurs de cette théorie ont ignoré les symptômes d’anaphylaxie, et que les gastropFiles n’entrent pas du tout en considération.

Le virus oppose une résistance énergique aux influences thermiques et aux désinfectants, et dans les conditions normales il reste virulent pendant des mois. La culture artificielle n’a pas été obtenue jusque maintenant.

La transmission de la maladie à d’autres chevaux est facilement praticable par l'application sous-cutanée ou intraveineuse de sang, plasme, sérum ou sécrétion nasale. Par contre, il est très difficile de provoquer une infection buccale par du sang ou lurine, la litière ou du foin infecté, à moins d'employer des doses énormes et répétées.

La forme d'infection est indépendante du mode d'infection et de la quantité des matières infectées. La durée d’incubation varie de 2 à 57 jours, en général de 5 à 30 jours pour les ânes. Les chevaux de trait léger, les petits chevaux russes (panje) et les bardots semblent mieux résister à l'infection que les chevaux de trait lourd. Les chevaux, en général, les ânes, les mulets et les bardots ont une réceptivité égale pour le virus, néanmoins les chevaux sont moins résistants à l'infection et accusent une mortalité plus élevée.

L'infection des étables jusqu'ici indemnes de typho-anémie est en général due à l’achat ou à l’hospitalisation de sujets atteints ou blanchis après un traitement quelconque et aux pâtures infectées. Il est du reste connu que le virus peut rester sur l'animal pendant une durée illimitée, et ceci sous une forme latente. Dans un cas d'infection artificielle par 100 centimètres cubes de virus, les symptômes typiques de la maladie ne firent leur apparition

tire.

qu'apres 14 ans. Dans un autre cas observé sur deux chevaux, qui utilisèrent la même mangeoire et dont un était visiblement malade, l’infection de l’autre était cliniquement reconnue après huit jours.

L'ancienne théorie qui attribuait uniquement l'infection à l’injection de sang, d'urine ou d’excréments a été infirmée par des expériences modernes. Celles-ci ont prouvé que l'infection était souvent due aux insectes hématophages (Anopheles, Stomoxis Tabanides, . Limnatis nilotica Savigny au Maroc).

Nous reviendrons, au chapitre « Diagnostic », sur la réceptivité d’autres espèces que celles des chevaux.

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