‹ A Propos de Quelques Cas Inédits: D'Ostéomyélite RécidivanteChapitre 10 sur 16 · COMPLICATIONS ARTICULAIRES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS ARTICULAIRES

Notre malade de l'observation II à présenté des lésions considérables dans le genou. Il est bien rare que l’ostéomyélile juxtaépiphysaire reste strictement cautonnée dans le bulbe de l'os; . presque toujours, il y a retentissement dans l’article voisin.

L'étude des lésions articulaires a été longuement traitée dans les travaux d'Ollier, de D. Mollière,de Gosselin, de Tillaux et d’autres encore. Nous empruntons à lathèse de M. Lautier (Thèse de Paris 1892) les notions qui vont suivre sur l'hydarthrose, l’orga:

nisation plastique et la sclérose des ligaments et de la séreuse, la déformalion des surfaces articulaires, l'éruption du pus et même des séquestres dans l'articulation, enfin l’ankylose.

Les symplômes et le mécanisme des arthrites sont les mèmes dans l’ostéomyélite récidivante et dans l'ostéomyélite aiguë (Ghassaignac, Lannelongue).

Ces abcès osseux, situés au centre de l'hyperostose juxta-épiphysaire, sont le point de départ de ces arthrites. Les «trépanations spontanées » ne pouvant se faire vers l'extérieur, à ciuse de l’éburnation osseuse, le pus. qui a trouvé moins de résistance dans le tissu épiphysaire, s'est créé un passage à travers et a abouti dans l'articulation. Les carulages diarthrodiaux sont détruits par places ; ils présentent des «ulcérations en godets » qui vont s'ouvrir dans la cavilé de l'abcès intra-osseux, et celui-ci à son lour peut s'aboucher avec la moelle.

Toutefois, ce mécanisme qu'on ne peut constater qu'à l'auiopsie, pourrait bien, chez notre malade de l'observation IT, avoir une autre origine ; en effet, quand des fistules extérieures existent déjà, mais ne sont pas suffisantes pour laisser évacuer tout le pus, celui-ci trouvant sur sa route quelques diverticules de la synoviale, la propagation à l’articulation a pu se faire par la séreuse.

Dans le cours d'une ostéomyélite, on voit souvent des hydarthroses considérables, à marche aiguë ou suraiguë, survenir brusquement; l'arthrite n’est pas nécessairement suppurée. Et la seule présence de l'abcès dans le bulbe suffit à provoquer la sérite et l'épanchement; c'est une arthrite de voisinage ou par congestion, moins grave, d'ailleurs, que la forme précédente, et qui cède aux antiphlogistiques, comme nous le verrons au traitement.

Notons, à la fin de ce paragraphe, que la transformation purulente de ! hydarthrose peut se produire à la suite d’une fatigue, d'un traumatisme, où simplement par propagation septique, et

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qu'il sera indiqué, dans certaines sériles aiguës avec liquide abondant, de faire, au plus tôt, une large arthrotomie. Dès 1871, Lister disait « que ce mode de traitement est extrémement puis- Sant pour prévenir la transformation purulente ».

Le caractère évolutif de ces hydarthroses, c'est la tenacité, la tendance aux récidives fréquentes ; et, l'exception : une guérison complète ; ne sont-elles pas souvent, en effet, durant des années, la seule manifestation extérieure d'une ostéomyélite qui se prolongé ?

Au point de vue de la marche et de la station debout, leur conséquence est grande ; le malade, en effet, se résigne difficilement à garder le repos complet ; il se fatigue, une poussée survient, le genou devient énorme, les ligaments articulaires sont distendus et l'on à un membre de polichinelle.

Parfois l’épanchement sera assez abondant pour imprimer au membre une position fixe ; à la jambe en particulier, ce sera la demi-flexion : en expérimentant sur le cadavre, Bonnet, de Lyon, a pu donner à la jambe cette atlilude qui correspond äu maximum de tension de la synoviale.

L’ostéo-arthrite plastique, variété ostéomyélitique de Tillaux, avait déjà été signalée par Lannelongue. Parlant des complications articulaires, cet auteur dit, en effet, « qu’elles peuvent être chroniques, sous forme d’arthrites plastiques qui conduisent lentement à une ankylose incomplète ».

Les lésions osseuses sont beaucoup plus notables que les lésions arliculaires ; on n’a relevé, en effet, au compte de cellesci, que des déformations secondaires. Les extrémilés épiphysaires, au contraire, présentent des pertes de substance du cartilage superficiel ; elles sont irrégulières au lieu d'être plus ou moins ovalaires, comme dans l’ostéomyélile aiguë, el peuvent être assez larges pour dénuder un condyle fémoral ou un plateau du tibia. Le tissu spongieux est raréfié, ramolli, friable, avec quelques petits ilots éburnés, et recouvre des abcès où baignent

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des séquestres noirâtres. Comme conséquence, il peut survenir

des déformations articulaires très variables et, à une période trés avancée, des subluxations déjà décrites par Ollier, qui rejettent le tibia en arrière. H

L'aukylose, surtout l’ankylose incomplète, est une consé-

quence presque fatale de l’arthrite suppurée, et cela, malgré une intervention chirurgicale. Dans sa thèse d'agrégation, Jalaguier l'a notée 39 fois sur 100. En voici le mécanisme : « L'inflammation à point de départ osseux ou sous-périostique se communique aux tissus avoisinants ; à la suite de la vascularisation et de lépaississement inflammatoire, il se fait des adhérences anorma-

les. Tandis que les carlilages semi-lunaires, érodés et détruits

par places, laissent les surfaces articulaires se mettre en contact et s'unir par de fortes adhérences fibreuses ou ossifiées; les ligaments voisins se rétractent et sont envahis par la dégénérescenice OSseuse ».

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