CHAPITRE IV
Traitement.
Le traitement de l'ostéomyélite récidivante comporte à la fois les indications qui conviennent à l’ostéomyélile aiguë et aux complications que nous avons étudiées.
Au début de la maladie, et quand on hésite encore sur la nature des phénomènes morbides, il est indiqué de tenir le malade au repos absolu et d'employer les antiphlogistiques les plus usuels; avec les révulsifs (vésicatoires, pointes de feu en application locale), on verra quelquefois céder les premiers accidents inflammatoires. — Plus souvent le mal suivra son cours et le diagnostic de cavité intra-osseuse s'imposera. Dès lors, on devra recourir à la trépanation soit à l’aide de la tréphine ou mieux avec la gouge et le maillet. Après une bonne antisepsie, comme si l'on opérait sur des tissus sains, on fera une incision en forme de + ou d'H, jusqu’à l'os; on décollera le périosie et on commencera à enlever des copeaux osseux en se guidant sur la coloration plus accentuée des parties malades pour arriver par le plus court chemin dans le foyer d'infection. Une fois le pus évacué, on lave et on curette la cavité, puis on achève la détersion avec un antiseptique en solution forte.
Faut-il faire des contre ouvertures.sur la face opposée de l'os dans ces cas d’abcès ? Ollier le recommande fortement. L'antisepsie étant quasi-impossible dans ces circonstances, on ne voit
Le DORE
pas bien, en effet, comment, même avec une rugine, on pourrait
évacuer sans cela tous les foyers d'infection d'un os vermoulu.
Il se peut que l’on ne trouve pas de pus dans la cavité; mais
Gosselin nous enseigne qu'on ne doit pas regretter d’être intervenu, puisque la mise à jour calme aussitôt les douleurs de l'ostéile névralgique et des faux abcès.
L'ouverture doit se faire exactement au point maximum d’inten-
sité des douleurs ; on sera ainsi certain d'opérer au-dessus de
la lésion. — S'il existait déjà des trajets fistuleux, on les suivrait
en les agrandissant, afin de permetlre à ces cloaques d’évacuer
plus facilement leur contenu de pus et de séquestres. La rugination et les évidements sous-périostés sont en général très efficaces, parce qu'ils rendent possible l'évacuation à peu
près complète des os nécrosés et le nettoyage des cavités fon-
gueuses et purulentes : or, nous savons que là est le secret et la condition sine qu& non de la guérison.
Dans certains cas où l’ostéomyélite suit une marche envahissante et tend à se propager aux parties voisines, il faut se résoudre à pratiquer de grandes réseclions, enlever toute une diaphyse par exemple; ce sera le seul moyen de sauver un membre et quelquefois le malade lui-même, que la septicèémie emporterait. Voici comment on procède habituellement dans le traitement de la nécrose. |
Après antisepsie rigoureuse, on endort le malade cependant, qu'un aide place à la racine du membre, soit la bande d'Es-
march, soit un tube quelconque en caoutchouc. On doit serrer
fortement pour n'avoir pas d'hémorragie. La compression digitale à suffi dans l’amputation du membre de Laurent A. (M. Tédenat). On incise jusqu'à l'os, on décolle le périoste, et on fait, avec la gouge et le ciseau, une tranchée, suivant l'axe de l'os, assez étroite pour ne pas compromettre sa solidité, quitte à l'agrandir pour l'extraction des séquestres. L’instrument rencontre du tissu très dense, à travers lequel il ne faut pas
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