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qu'on devra faire au plus tôt, sans attendre l'isolement complet des séquestres, quand les accidents de résorption n'auront pas cédé aux larges incisions des foyers ».
Malgré ce, il est bien évident que la suppression d'une grande longueur de diaphyse sur toute la circonférence pourra compromettre la solidité du membre et son service plus tard.
L'échec des évidements, la gravité des accidents généraux, la crainte de la pyohémie et de l'hecticité justifient amplement la résection.
Il est intéressant de connaître comment se reforme l’os nécrosé ou réséqué.
Nous avons parlé de l'opération hardie de Vigarous; en 1853, Larghi enleva à un enfant 22 centimètres de libia en conservant le périoste religieusement; quatre mois el demi après, ua nouvel os aussi régulier que l'ancien était régéuéré. Sédillot n'accepta pas le résultat et les explications de Larghi. Mais bientôt les tr'ayaux de Holmes, David Chewer, Laroyenne, Ollier, fixèrent la question, qui n’est plus discutée aujourd'hui.
La génération osseuse peut cependant faire défaut, et, au lieu d'un levier osseux résistant, on n'oblient parfois qu'une masse fibreuse insuffisante. Il est alors indiqué de provoquer la formation de tissus osseux par des perforations, des dilacérations, le détachement du périoste des extrémités, et l'implantation de chevilles osseuses vivantes. — Dans le cas de pseudarthroses, Ollier conseille la suture osseuse après avivement. — Avant à traiter une lésion humérale de ce genre, Mac Even a obtenu la guérison à l’aite de nombreux fragments osseux minuscules, transplantés dans la fausse articulation. Ollier pense que cette poussière d'os agissait par «action de présence » en excitant les propriétés osléogéniques des tissus voisins. d
Divers autres procédés ont été indiqués pour l’oblitération des cavités osseuses.Ollier se sert d’un lambeau ostéo-cutané ; il préfère cette manière d'agir à celle qui consisle dans l’introduc-
tion de fragments osseux multiples, qui sont fatalement beaucoup moins aseptiques.
Lücke utilisa dans une circonstance la rotule qui lui servit à garnir l'excavation.
Neuber enfonce les parties molles dans la cavité et les y cloue au moyen d'aiguilles en os.
La nécrotomie ostéoplastique de Bier n’est pas une méthode différente de celle de Lücke ou d'Ollier.
La manière de Lister, de Schede, basée sur la propriété qu'ont les caillots sanguins de s’organiser, à été trop souvent suivie d'infection.
Les procédés de plombage, plâtrage et autres qui constituent la méthode de Dreesmann, n’ont pas obtenu l'approbation de beaucoup de chirurgiens.
Il n'en est pas de même, en France surtout, des greffes osseuses et de l'implantation d'os décalcifiés ; ceux-ci, surtout chez des sujets âgés, jouent temporairement le rôle de soutien et finalement sc résorbent et disparaissent. Quand il s’agit de reconslituer un os entier, il faut avoir recours aux greffes vivantes prises soil sur des animaux (variété hétéroplastique), soit sur uu autre sujet sain (type homoplastique), soit sur le malade luiméme (greffe autoplastique). Voici, à leur sujet, quellés sont les conclusions d’un travail de Laurent, qui confirme d’ailleurs les idées d'Ollier.
«La greffe autoplastique peut persister, et cela après avoir présenté un certain degré de résorption.
» Le type homoplastique montre plus de tendances à la résorption, qui peut être complète ;
» La variété hétéroplastique est destinée à la résorption, à l’élimination complète ou à l'enkystement,
» Dans le cas de réunion par première intention, ces greffes restent en grande partie vivantes, alors même qu'elles sont en voie de résorption.
» Les greffes de cartilage et fréquemment celles d'os morts peuvent ètre assimilées au type hétéroplastique ».
Dans leurs travaux sur la question, Martini, Valan, et surtout Trischita arrivaient, en [ialie, aux mêmes conclusions que Laurent en France.
Tout récemment (1899), Manara a publié des faits qui renversent complètement les théories antérieures, du moins en ce qui concerne les greffes homo et héléroplastiques d'Ollier. D'après Manara, ces greffes, non seulement peuvent continuer à vivre, mais sont susceptibles de faire du tissu osseux. Et il vaudrait mieux employer les greffes ostéo-carlilagineuses qui font immédiatement de l'os, tandis que dans les greffes ostéo-périostées les cellules osseuses passent d'abord par l'état cartilagineux.
Manara se sert d’une colle spéciale dont il enduit les bords de la cavité à combler. La face carlilagineuse de la greffe est Lournée en dessous ; on remplit les interstices avec de la colle ; on suture les plans superficiels, et on place un pansement solide par dessus.
Certes, le procédé est ingénieux et les résultats obtenus par Manara sont bien différents de ceux obtenus jusqu'ici. Toutefois il est bon de faire remarquer, même si ces faits sont contrôlés par d’autres, que ces expériences ont été faites surtout sur des os plats, el dans des conditions d'asepsie parfaite. Obtiendrat-on d'aussi beaux succès quand il s’agira d'os ostéomyélili= ques ? L'avenir nous le dira (Clin. chir. 1899. N° 2. — Bulletin médical, 24 juin 1899). |
Quoi qu'il en soit, voici comment se fait expérimentalement la reconstitution osseuse, d’après Adamkiewicz : Les fragments osseux vivants, transplantés dans un autre os, se soudent à celui-ci au moyen d'un tissu conjonctif riche en noyaux ; des bords de l'os récepteur partent des aiguilles d’ossification, tandis qu'apparaissent dans le tissu conjonctif des ilots d’os nouveau. Le tissu conjonctif diminue, tandis que ces îlots s'accroissent, et
ilarrive un moment {après plusieurs mois), où il y a continuité osseuse complète entre l'os implanté et le terrain mère ; alors les injections vasculaires démontrent la continuité entre les deux tissus. — (Gangolphe.
Dans l'implantation d'os décalcifiés les phénomènes sont absolument identiques, sauf que ceux-ci finissent par être résorbés par l'os nouveau. À :
Il nous reste maintenant à voir rapidement quels traitements il convient d'appliquer aux complications arthritiques de l'ostéomyélite à récidives.
On combattra l'hydarthrose par le repos, l’'immobilisation, les révulsifs, la compression ouaco-caoutchoutée ; si elle ne cède pas, il à faudra s’en prendre à la cause qui l’entretient et faire la trépanalion.
Lorsqu'il y aura épanchement purulent, on devra se hâter de faire de longues incisions, une ou plusieurs contre-ouvertures, et, après évacualion et lavages antiseptiques, on laissera de gros drains dans les plaies.
Contre l'ostéo-arthrite chronique douloureuse, lorsque la trépanalion n'aura pas guéri le malade, il faudra se résoudre à pratiquer des résections plus ou moins vastes.
Enfin, lorsque nous aurons affaire à ces vastes foyers purulents, intarissables, à ces arthrites prolongées et douloureuses, à ces lésions qui entrainent sûrement le malade au tombeau ou tout au moins le rendent impotent en le faisant cruellement souffrir, on proposera l’amputation du membre, qui sera souvent acceplée avec enthousiasme,