‹ À propos de théâtreChapitre 10 sur 23 · Werther und seine Zeit. T/eipzig · texte numérisé non relu

Werther und seine Zeit. T/eipzig

Il Si vous veniez à Bruxelles voir Siffurdl > 1 Nuus adhéroas; nous eorrigeous dos épre Dous boudons uotre valise, et en route! À] heures quarante- cinq, nous prenions à 1.

Nord le Lraîn express qui nous déposait J onze heures du soir gare du Midi, place de la ^ litution.à Bruxelles, capitale des neuf provinces^ Voyage parfait ! Nous n'étions que noue j daus le wagon, plus un gentleman londt liomme très au fait du ti'ain-lrain artistiqiK gentleman, je ne le lui envoie pas dire, est I simplement le compagnon de voyage idéal. Oa pas obligé avec lui de faire des fi^s de coa^

i PROPOS on Tnf:*TnE,

ose qu'en voyage et m^me en tout temps je déleste. Il s'occupe passionnément d'inventions et il laisse ses voisins se taire comme il leur plaît. I! avait découvert dans je ne sais quel bazar un nouveau système de ianlorne pour lire en cliemio de fer. Vers quatre heures et demie, au moment où les ombres plus épaisses tombaient sur la plaine de Picardie, il a allumé avec une vive satisfaction sa lanterne nouvelle école. Ça produisait exactement le môme effet que le singe qui avait oublié d'allumer la sienne. Notre compagnon de route accrochait sa lanterne adroite, à gauche, devant, fierrière; il faisait dépasser la mèche de la bougie au-dessus de l'ouverture du haut; il la renfonçait dans l'inférieur; il mettait l'instrument de biais ; puis il approchait son livre, tâchait pendant cinq minutes de se faire (Tùire qu'il distinguait les caracti^res et les lignes et finissait toujours par s'écrier: « C'est bien élOQnant, ça ne va pas encore. » Nous lui avons conseillé d'éteindre la lumière pour voir si par ce procédé, plus neuf certainement que tous les autres, elle n'arriverait pas h éclairer. U n'a pas voulu nous Mciiiiter. Il s'est obstiné à, chercher des moyens leimes. En arrivant à Bruxelles, il n'avait pas lu son livre, il n'avait pas dormi, il n'avait pas soupe, il n'avait pas vu clair et il avait failli tout de môme mellre le fen au wagon. Mais il ('■liiil con-

t'-iit: il pi.iuvait certifier que la petite mécaoiqae nnA iiiarcliait f*as. .^

.MainU-nant. je vous dirai que j'adore Bruxelloi ti'Ut LNtnnemeDt. C'est plus beau que Paris.

Ah! qa'il est doui de Toyagor,

comme on chante à Feydeau. Vous avez tous bl^ sans aucun doute le livre charmant, quoique trop en concetti, qui souvre par cet alléchaDt petft niMrc>*au :

« r.orsque nous fûmes arrivés à Riom, nous oommmçdmt'S à nous reposer et à nous louer de notn voyage. Nous y fûmes si bien reçus par Je Jieute-

nanl gt-noral et nous fûmes logés chez lui avec tant do propreté et même de magnificence que nous oubliâmes que nous fussions hors de Par/s. La ville n'est pas de grande étendue , mais elle est fort ijgréable et fort riante... »

Esprit Fléchier commence de la sorte le récit de ses surprises et de ses enchantements en Auvergne. Ses trois mois d'Auvergne et de Limagne ne valent pas pour la richesse des sensations nos deux jours de Brabant. L'optique du déplacement change tout et nous-mêmes. Qu'est-ce que c'est, je vous prie,

■ A PROPOS DE lUÊÀTRË. 17a

que celle ville de Paris, où vous enlrcz à l'Opéra sans que personne voua regarde seulemeal ! Là-bas, ils saveul qui vous ûlcs et c'est bien llatteur. Us bus lénioignent plus d'estime qu'on ue fait ici « U iluse d'une imagination qu'ils ont que l'esprit est pus fin à Paris qu'ailleurs ». Pure imagination leur part, je vous jure. Tout est mieux h fcuxelles, tout, tout, je ne m'en dcdis pas.

(fi'abord, te langage courant, Ohl j'exagère peutre. Je me laisse pcul-Clre trop aller au plaisir du byage. II est probable qu'à Paris aussi le parler ibiluel contient beaucoup de pittoresque. Mais on llntend tous les jours et l'aceoulumunce fait qu'on ne s'apen.'oil de rien. Au contraire, on vibre, on a des soubresauts sur les originalités du langage belge. Dès la douane, on a de quoi s'occuper. Le douanier s'approche et vous dit : « Avez-vous gtielque chose de neup b Quand cotte question m'est tombée dans l'oreille, j'étais encore à demi endormi; je venais de descendre du wagon &ïmmc j'étais, dans mon injmcnse robe de chambre, qui, par son ampleur, no pouvait paraître que trôs suspucte à un douanier. Avez-vous du neu/'? Moi. j'ai cru qu'il voulait ma demander si nous avions enfln pris Bac-Ninh. Pas encore, ô Belge sympathique; nous le prendrons bientôt, n'en doutez pas. Mais la ligure placide du Rouanier s'obscurcit d'une Icinic sov^re. 11 répL'li:

n<> A M.I'Ti IZ riElTRE.

•|ii] m: îLiiii!!!* kïr ciîi.)<<r!^ II pziiat qu'on leurabd «•t lii*'i: c'.jiij»' ib iiV.r . L* 12 'jLViient qu'à se temr traiiqLiîl-r r: l Dr jii^ 5ri -iiifrer coalre le gouveriniiiciit. li- t-D î'd: ihz.: iiii, Li. qu'ils se sont coupé la Irlc a\tH: Ifui j»r^ . Tr i.iiciîpr. Voilà la philosophie tl«' i'histuiro du C'ii.tKr ûija^iid.

L:i ville t-sl arrivw aia î*ejtu moment d'une ville, apn-s ln|m'l il n'y a |«lus fV4ir ei^e qu*à se gâter, iiii'iiio l'ii sVteiidant et vn s'enihi-llissaDt. Elle n*est ni li*(>p grande ni trop petite: ni trop magnifique ni (mp uKHleste; ni trop vieille ni trop neuve; ni trop |»er^ve ni trop tortueuse. C'est l'air de magnificence ijui domine. Toute proportion gardée, le boulevard Anspoh vaut bien l'avenue de TOpéra. Il est plus suporbe en t'flitiees d'art. Les hauts quartiers autour iu paiv, oii rèiine la ligne droite, ont réiégance ■ouri.u>o et sans fruu-frou. La vieille ville en bas

■^. AiiiiKV. trrouiilante, variée en circuits. A mi-

.• ..*. Ni-.'îto-r.udule, niasse romantique, dégagée au

' ■ .1; •'^ais^.nis modernes, forme la transition et

; rv le Bruxelles neuf, où s'élèvent les

.■ '■■ ^ j;..^;i\ ornement monarchique et conslilu-

• . '. . ., Aiwien Hruxelles, débris d'une répu- . •■ ■■ .\; -.r.s^yen âge, ramassé autour de la Grand'-

/•.Ao,' iV::o lirand'Place, avec son hôtel de ville et

• -i *^vs.^:^s des corporations, reste en Europe le N,\V'..Ux\\ le plus riche el le plus savoureux du

A PKOPOS »E THf AiftE. 1 . .

XV* siècle bourgeois. EDe dit U tk* de? o:ez*:cttlons aussi daiiement et ausH miiîiitkQfesif^: tdt Pîerrefoods raccHite la vie d'im sr^zd iazvc ie:«iÂ~ . La Grand'Place de BnixeUes est oc^DHir Fntror. r:. poème de pierre, et, comme Xureanier^. m :•.:•: -ir &Dtastique, écrit en diaipefile>, es femcres r': e:. maçoDneries par des corps de mélkf fusnz: be^?*-. Mais Prague, vu du p(»t. a un aspEcl oe iiir,'.c:jr planant sur la Moldau ; ei ne tnxivez-T:*:^ iils çiir Nurembei^ sent un peu le OKÂsi ? La GnudP.iiiïT de Bruxelles, au contraire, est Tivanîr : c*ii t reH'.re un air doux et frais; la richeàse ei la muliiioir ôts détails d'architecture semblent nous figurer hd^ f:>Ljr animée et joyeuse, qui ncKis remet ^n sc-riici -. ^: le passé et le passé de toutes les rpiq-ies: jr :: •> apercevoir du monde à toutes fe î^L^\r^ àr ■ H! r. de Ville; ce sont les bouri:ôc«i5 et les brr> i journées de septembre qui atlendent Vsrny^ l'j-i:.çaise revenant d'Anvers? elle va i'iir^ vn e:^.'aujourd'hui même. Voici qu^. par îa nie des Éi^Te^. descendent vers la Grand'Place les bannière Or* charpentiers, des archers, des brasseurs, de* cL^.peliers, des fripiers, des bouchers, qui sont v^icette nuit du fin fond du \\* et du xvi* sircle^ f>0'^r venir amicalement au-devant des Français de Vhn 1832; et qu'est-ce que j'aperçois là-bas, du c^W: du marché aux Herbes î C'est Isaac Laquedem, en [ifrr-

18S K rnopos de TiiÉAinE.

Q>[iiilte du Locle et dont nous coniiaissoas LousH Deux Voleurs et le Postillon de Lonjumeau, faisait quelquefois dos voyages à Paris, Comme il était de bonne noblesse, fils d'un père à son aise cL pourvu d'excellentes références, il avait réussi, pendant ses courts passages àtraver.'i la i^rand'ville. à se faufiler dans un endroit fasdnateur, le « Café du Etoi a. situé en face de la Comédie, à l'angle de la rue Richelieu cl du Fau bourg-Sain t-Hoooré. Lft, malgré son jeune âge, il était devenu le familier de gens extrêmement importants : Tliéaulon, Uoclidfort, Ferdinand LangK', Merle, Itoniieu, Jouy, tous vaudevillistes, Jouy excepté, qui composait plutôt des tragédies en cinq actes et en vers. Quand Leuven reparaissait k Vtllers-Collerets, il enflammait les dix-huit ans de Dumas de ses récits ; il lui peignait les prestiges du « Café du Roi s, la belle existence des vaudevillistes et dramaturges du boulevard, qui gagnaient tant qu'ils voulaient, cinq, dix, quinze et vingt francs de droits d'auteur, par soirée. Quel joli métier, et si facile I Car un vaudeville, voire un mélodrame, ça se tournait en trois déjeuners chez Philippe ou au t Cadran bleu e. Lui et Dumas se mirent donc à fabriquer un vaudeville à Villers-Cotlerets mt'me. La chose s'appelait le Major de Striubotirg. On y voyait un major en demi-solde, devenu laboureur, qui poussait la charrue tout on lisant.

A PBOPOS »£ Tfll^TÏT.

I BeYenons un peo sar les f^ Dumas. On n a p» à craûfedr^ f •aunEv^' jbiibs ^public en lui pariant d'un hcmiUit gii. sl TTaurt >eMï Europe a compté des laeàEBss^ lac TiiiliiiniF. h' Quand je dis les oomiDeDœBfeaii^ àt ItmnsBL jt ut taise qu'aux commeofotœEKls Irjsrar's. grr aàiop •^ l'ébiouissant thaumatcisr fsor il ?îygF> L^mrs- Ikm intellectuelle et lOûtajcr de Itmiats^ gt x ihns' l ecmtée par le menu. pcMimil i^cmiff i^ su^ f m. ioléressant chapitie de pèdasDÔe -ei ± wçâiuiisiî^ Elle s'est faite ta comme j-i ^ pjus^ sins k dire:tion du doclair Hasard, qoi <îîsl oiaoïc 1 f 3 hh;: le plus habile, le plus apfr^ei^. îe pas mmnianr et le plus fécondant des mhTr^st. it iè*: j&. i^ui vis^ aujourd'hui décrire: ce sera j^nur m*^ auîj» ï^-rsf sîon.

J'ai déjà fait remarqoer tï j**at:iir mBt^r- 1 ' et sa cour n'et pas. oof&jxiî: ol j- irar r^u**iu-ment, la première p*êoe de L»g:T;iff gu. ar *;i* r>nr*' sentée. Dumas avait ©ctac^^:*^ Lir*tri^ur»aiMar.. *-i collaboration arec Rouâeaa eî Aô:» joi*: o^ L»iL**îî /a Chasse et r Amour, raujderiu*: *i ul s»t*i* t^u fut joué le 22 septembre l*i> bu >r -i**rii-r- 0* r Ambigu-Comique, et eu €y>iisd^'jr^'jc2ri'i^.Lad»bu^ et Vulpian, /a .Voce et CEnUrr^'Vùfrfa^ ratuoerr^i^ *^, trois tableaux qui fut jc«é k 21 wn^asjbrH mi>, * la Porte-SaÎDt-Martin. J<r vk-fi* d^ Ui^m*»^^ k ht*-

190 A PROPOS DE ini5\TnE.

lemeiil de soumettre cet amas de chef-d'reuvres tuix sommiti^s du » Café du Roi ». qui se moquèrent bien d'eux. Mais les deux amis avaient foi dans leur vocation. Ils composèrent à Paris même (a Chaxse et l'Amnur, qu'un habilu6 du café se chargea de présenter et fit recevoir à l'Ambigu. Les sept premières scènes sont de Dumas. Mallieureusement, la plus jolie de la pièce, celle qui a le plus la tournure scénique, est la onzième, qui appartient à Leuven. De Leuven aussi sont les vers philosophiques :

Dn seul inalant einminei le monde;

Dumas y mettait plus de rondeur. Son chaa chantait :

Car, pour mettre à baa nn liÈvre, Je sais un fameux lagjin.

A l'Ambigu, le succès fut fort beau pour le terO Quarante représentations consécutives, A la ï Saint-Martin, Dumas ne fut pas moins heureu:t|i la Noce et t' Enterrement. On trouve t inècQ une acène, assez franchement bouffonae;(l

pia|or.

1 PBOPOS DE TIÉATIE. 19^

ite et son fils qui s'approdnienl da

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