L-construire ; i|uel effet môme puurraieut faire sur a
lauteur les plus C'pouvanlables tragédie» do la viéj
^ileet de la socii^té, quand il s'est habitué ii em-^l
Biployer le poison, le naufrage, l'apoplexie, le viol, lei
meurtre, le bagne, l'échafaud, comme de simples
moyens de se tirer d'embarras dans une passa
IdiSicile, ou à litre de simples rempiisîages pourj
Bcombler les vides d'un sujet qu'il ne sait pas voiic»
taussi ricbt! qu'il l'est?
Ce touffu stérile, cet encombrement sans opulence I
cette incontinence sans fécondité de prologues, d'épi-a
Bjugues et de paralogues, on les trouve dans la comé-J
Idie, dans le vaudeville et dans Topêretle comm
bilans le drame. Aussi on ne saurait crier trop bautJ
1^ .--..^ là rn-»r
15 ro. mviient pour - LT: ^ir fT^ :3 53^ . lei iva qa'an» et
-V»^^^'-> "^ -ï^ :v-iiii" un. - t!ntiiçjicîil et qui -.5 : - '•--tAtoir is2ii> 7 :fligre- » Il fau-
~u^ ?^r u; Air?^^ï^r .^ rji22<«fiL lox valeurs qui
r-.L:«: .t>.:. : u ifts r yiatsaL s ',*: *îêiïre> ei plus
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* iri*t.r î -ui» i>: t niitT 2^105 JL 5:«ar seêoique.
*-•.> Oi.iMj'^cii5- iiL afc-u?f iH 3cac pfe>^)Hksdu livre.
1^ 1-^, i'imt.v. À< :*rji3%f(li^gi?»m*fffis. des liêTeloppe-
-V'-'ok it,>^ .^,-4rsi^:u^!v ie*? :vaxçtûca::>:a?^ desjuxta-
ix>i:...C5i ;fv xcc ut jinnsiQjswii càanttiDt que ne
s.i.:^rv y%jt> V .^kîLj:*:. Ou! xtii: V saciiJe connaît
tcn l: v\>< \»:r:::cî> in Li FHxv. T:c; Se m^r-ode agit
>\u> avctis liât ^i:>:ijyc^ ui.;\i::e vie 31. Dumas fils l-KHir TtHlitiou d^miiûve de >e> iwivrvs, Cest une pKface sur U Fiù r^^i^m^. Les lecteur? de M. Dumas, et il eu a un certain nombre, vont être un peu surpris de la nouvelle que nous leur donnons. 11 leur semblait que, il y a quelques années déjà, M. Dumas avait écrit une préface au Fils mturel, et que M. Calmann Lé\7 avait publié
un Théâtre complet d'Alexandre Dumas fUs, avec préfaces inédites, en six volumes, qui en est, pour certains volumes, à la sixième édition, et, pour d'autres, à la douzième. Il leur semblait bien ; ils ne se trompaient pas.
La nouvelle préface a pour objet précisément la précédente préface du Fils naturel; la nouvelle édition définitive, qui est intitulée, on ne sait trop pourquoi, Édition des comédiens, n'est pas destinée à la foule vulgaire. L'édition Calmann Lévy est l'édition publique que tout un chacun peut acheter, moyennant trois francs cinquante centimes. L'édition des comédiens, celle qui contiendra, à ce qu'on nous apprend, des préfaces sur des préfaces, plus de nombreuses noies de M. Dumas sur les écrits de M. Dumas, est une édition mystique ; elle ne sera tirée qu'à quatre-vingtdix-neuf exemplaires ; cent, se serait trop ; ce serait retomber dans la cohue ; se serait se prostituer au public qui a toujours tant maltraité M. Dumas. L'édition mystique est définitive ; l'édition pour le public n'est que complète.
Maintenant, pourquoi M. Dumas, qui ne veut tirer sa préface de préface qu'à quatre-vingt-dixneuf exemplaires, commence-t-il par la communiquer, en grand secret et tout à fait confidentiellement, à un journal qui a certainement plus de quatre-vingt-dix-neuf abonnés ou acheteurs ? Ah !
' H A PBOPOS DE THÉÂTRE.
voilà 1 On prend des airs avec M. Tout-le-Monde, et on o'csL pas fichi?, cependant, d'être lu dp M. Toutle-Monde. Le public seul, en effot, peut tirer de son sein, pour un auteur, les quelques centaines et les quelques milliers de lecteurs dont le sufirage a , du prix. Quand on prétend trier soi-mûme ses admirateurs sur le volet, quand on se donne la mine d'écrire seulement pour quatre-vingt-dix-neuf privi-^ légiés, choisis un à un, on risque fort d'avoir écrjj jiour fus quatre-vingt-dix-neuf moulons et un Chai penois du proverbe.
Au théâtre, ou quand il compose un ronn
gislral, tel que l'Affuire Clemenceau, le roman c
raœui-s le plus hardi et le plus vrai qui ait î'ic pubUj
chez nous depuis Madame Bovari/, M. Dumas a poiJ
premier besoin et pour pi'emior talent la clarté.
préfaces de lui-même sur lui-même sont tout i
contraire des fouillis ; que sera-ce d'une préface si^
I une préface I C'est du métafouillia. Je ne veux p
discuter le fonds du rare morceau, que M. Dum
itinait aux quatre-vingt-dix-neuf et qu'il a é;
[ au beau milieu de cent mille lecteurs. 11 fauc
[ trois fois plus de place qu'il n'y en a dans un sein
r feuilleton, pour distinguer tout ce que M. bum
I confond.
Je ne veux relever dans le dernier écrit t M. Dumas que l'amertume singulii're qu'il montré
DS DE TIIÉA'
lis
l'pour le public, lui qui a OtC- toute sa vie le favorisa I et, en certaiiit jours, un favori presque sc&oilateuH ràii public! I
I Qui nu croirait M. Dumas un homme beureusn I 11 possède ua bel lii'ilel avenue de Villiers, et, daail I cet hôtel, un réduit, un chalet mystique, coniaUM I l'édition des comédiens. 11 s'est fait et il a assocUS Icn lui deux existences, d'ordinaire inconipatibli»,]! bqui sont l'une et Tautre une égale source de TélicilésS l-la vie sage et rangée du clicf de raniille, la vie av«n t des ailes de l'artiste qui vat,'abonde,impatientdujiJUg,J l.parnii le chœur des Grâces et des Muses. Pi^re de9 I famille, il a la pleine conliance et le dévouemealfl vdes siens; artiste, de belles dames studieuses outa Vifaît de lui leur dieu; de belles comédiennes l'on» KodorË, en tout bien tout honneur; tes unes et lesfl ftautres l'ont pris et le prcnneut pour directeur dân I coQscienco ; c'est un confesseur laïque ; il fait con-fl ■ currence à Bellac. On l'a acclamé dès la jeunesse ;v K-et, depuis, il u'a cessé de marcher de victoire enl Fvictoire. Ll n'a pas été écrasé comme Flaubert fiou»a île poids d'un premier succès. Le Demi-Monde a étâj run plus Éclatant triomphe que ^m Dame aux Camélia».H Il n'a pas été écrasé, non plus, sous le poids du nom qu'il porte. Il nous offre le phénomène, à peu près unique dans notre histoire littéraire, du fds d'u glorieux écrivain qui a réussi à se faiie écoult
16 A propos DE iiiÉATrE.
après son père et qui, sur quelques poiots.le dép; Qui ne croirait M. Dumas un homme heureux- Mais les dieux jaloux, qui ne veulent pas qu' seul mortel puisse jamais se vanter de son bonheurj ont logé dans le cerveau de M. Dumas fils un mi pattes inconcevable et inexorable. La petite héte, di les premiers ti^mps, ne remuait pas trop; à heure, elle fait rage. Plus M. Duiuas avance di la gloire et la fortune, plus la petite liôte se dt de ses mille pattes; plus elle lui taquine les convolutions; plus elle lui enfonce dans la matière grise l'idée prodigieuse qu'il a été méconnu, incompris et persécuté de son siècle. Quand cela le prend, il lance une préface amphigourique afin de bien expliquer son œuvre, injustement méprisée, et puis, une seconde préface pour expliquer la première qui a été mal saisie. Ce qui est son tourment, c'est qu'on refuse de reconnaître dans ses drames la grande portée morale, sociale et utilitaire; dans son génie, le caractère et l'aptitude sociologiques. On le prend pour un amuseur et un bateleur. Il se sent dédaigne, du savant, du prêtre et du politique, lui qui a décoi vert et qui possède l'art précieux de mener l'immoral à l'utile a. Et la foule qui hurle avec les loups hurle après lui sur le même moJe que le prêtre, le politique et le savant. Tels sont les spectres qui hantent l'esprit de M. Dumas.
end gnë^
ivec ^\
C'esl sans douluun Iravcrs foi-L commun cri France Be refuser à ud homme supérieur la variôLô des tons de l'esprit. Il esl chez nous toute une classe I pelils-maitres inlellectueis et dcveotés politiques, les uns ducs et membres d'Aciidêmies, les autres, Eeliefs de groupe ou directeurs de journaux, i]ui u'entendront jamais qu'on fasse Locke commissaire des appc^ls, puisqu'il a éciit un Traité sur l'éducatim, bi Addison, lord du bureau de commerce, puisqu'il fe?t montré capable de rédiger le Spectateur, voire Ë Babillard.
I Rous ne croyons pas cependant (jue M. Dumas
personnellement à souffrir beaucoup de ce
aire d'esprit pédaiilesque et fessc-matliicu. C'est
1 prôlre illustre qui, justement aprùs avoir lu les
iéei de madame Aubray, s'est fait le premier palri)n
andidalure à l'Académie française. Pour ce
li est de la foule, elle s'arrache ses brochures socio-
Igiques encore plus avidement que ses drames.
WBomme-Femme, la Qucilion du divorce, les Femmes
mi votent et les femmes qui luenl, se sont vendus,
à vingt, trente et cinquante mille exemplaires. Une
brochure politique de Chateaubriand ou de Benjamin
Constaut ne s'est jamais débitée en tel nombre.
le que puisse être la valeur intrinsèque de la socio-
Kie de M. Dumas, ces faits et ces chiffres prouvent
h" elle a été assez goùféc de ses contemporains !
Que faut-il de plus à ftT. Dumas? Ne croira-t-il qu'on prend sa sociologie au sérieux que si on le nomme Grand Législateur de France, ou si Ton crée une chaire à TEcole de droit pour y commenter r Homme-Femme ? Personne ne lui interdit la sociologie, môme au théâtre. On demande seulement que ce ne soit pas une sociologie d'une impression pénible pour le spectateur. 11 a beau dire : quoique le Fils naturel ait des parties admirables, Témolion finale qu'on en emporte n'est ni agréable, ni saine. M. Dumas peut avoir raison, en tant que sociologue, de produire chez nous celte émotion; il a tort en tant qu'auteur dramatique.
Iles Aiuia/ea itii Ihéûlreel de t.
J'ai auQoncé la publicalion du huUir>iiii> volume Annales du théâtre et de la musii/ue, par J jiM. Edouard Noël el Edmond Stoullig. Le morceau ] capital des Annales est cette fois la préface , Perrin sur la mise en scène.
Tout le moode savait queW, Perrin est un artiste | xnsommè. Personne ne se fût douté, à voir ses préférences décidées pour le moderne et quelquefois le moderne le plus Lanal, qu'il possédât en liltéralure le grand goût. Personne ne se doutait davantage qu'il filt écrivain. Ou l'est toujours quand on parle des j
ïses qu'on aime et où l'on s'entend. J'ai entendu |
i notaires, dùvoués à leur prafeaaion, i^\ fe
.OPOS DE THÈATHI
liaient éloquents el. s'illuminaii'nt loi'9(]u'ih des beautt'ïs du notariat. Le morceau de M. Perriii traite h. la Tois de la théorie de la mise ci) scène et de son histoire. C'est moins un traité qu'un recueil da notes et de souvenirs personnels, choisis avec tact el reliés ensemble par un fil élégant et I^r. Tout en est d'une justesse exquise. On est 6tonu6 de voir M. Pei'rin apprécier, comme il faut, au vol el en passant, d'anliques chefs-d'œuvre qu'on croyait hien qu'il détestait, puisqu'il ne les joue que le moins possible. C'est apparemment le public qui ne saurait plus los goûter, et qui airac mieux le tout contemporain. Et la première lui de M, Perrin entrepreneur de spectacles avant tout, est d'attirer le publie, quel qu'il soit et de quelque façon que ce soit. Mais il ne s'agit pas aujourd'hui des erreurs ou des défauts de M. Perrin. Il s'agit de sa préface, qui est charmante et sur laquelle M. Sarcey lui-même renonce à gronder. Le lecteur me saura gré de lui mettre sous les yeux la page aimable et délicate où M. Perrin résume sa théorie de la mise en scène :
(( Il doit en élre d'un théfttre comme de ces maisons de grand air dont la bonne tenue nous charme dès l'abord. A peine a-t-on franchi le seuil qu'on éprouve comme une sensation de bien-être, tant tout y est bien ordonné, bien entendu. Tout noay
Peulic taise Ion té
plait, toul nous sourit, tout nous cliarmi?, \a. boiinn façon des gens, la proportion dos apparlomeuls, la ' couleur des tentures, îa disposilion, la forme dos meubles; on respire à pleins poumons l'harmoDie. Ou cause, et cette causerie a un charme tout parlîi^ulicr. Ou écoute el l'on se seul écoutô ; on est conmt des aulr&s et de soi, parce qu'on a l'esprit à S'aJse et dans un état de confiance absolue. Une volonté supérieure attentive o invisible et présente e a présidé à, ce bon accord et réglé cette harmonie. C'est celle de la matlres-se de la maison. Eh bien I j'estime que la mise en scène doit remplir l'office de ces aimables hôtesses dont l'hospitalité est si douce
I qu'on quille à regret leur demeure et qu'on désire toujours y revenir, n Que reprendre à cela ? Rien. On est obligé de tout accorder à M. Perrin ou presque tout, du moment qu'on a consenti sa maxime première d qu'une pièce est faite pour ôtre représentée» ; et c'est ce qu'il serait évidemment bien difficile de lui contester.
La mise en scène comprend les trois éléments qi]i forment le relief par où la pièce représentée dillcre si grandement et si à son avantage de la pièce lue. Ces trois éléments sont l'action ou le jeu des acteurs fit leur groupement sur la scène, le décor et la d
S3 A PROPOS DE TII1^:ATnE.
cnralîon, le cosluine. D'aucun de ces 6Iéincnts t ne peut dire qu'il est inutile à la reprësentatioi On ne peut dire d'aucun qu'il n'est pas en quelqoi degré nécessaire. M. Perrin esquisse rapidement l'histoire de chacun d'eux, en y mêlant ses propres souvenirs de directeur de lliéâtre. Ici, je place d'abord une observation qui deviendrait, le cas échéant, une grosse objection contre le système ou les excès du système de mise en scène appliqué à la Comédie-Française par M. Perrin. 11 me semble que M. Perrin, en écrivanl son chapitre pour servir à l'histoire du tbèâtre, ne s'est pas fait assez remarquer h, lui-même la loi bistorique d'où ressort l'importance respective, fort inégale, des trois éléments dont il traite. On a senti dès que l'on a eu cbeznouslanotiondéQnitivedu théâtre, et l'on ne pouvait faire autrement, on a senti tout de suite la nécessité absolue du jeu et de l'action; assez vite, l'inquiétude et le souci du costume ; fort tard, le besoin du décor ; plus tard encore celui de la décoralion. La décoration, en oEfet, dans le développement de notre histoire scéni(iue, se distingue fort bien du décor. Nous connaissions déjà, depuis assez longtemps, à l'Opéra, les décors du second acte, du troisième acte et du cinquième acte des Huguenots, des premier et troisième actes de Robert, des premier et cinquième actes de la Juive, décors admirables par l'union de la splendeur avec l'exactitude,..
A PROPOS iiiî tiii':atiik. 23
baad l'illustre metleur en sci^uc Mouligny s'oi^t risé, pour la première fois, d'appeler au secours ilu e et (ie la cuinédie rameubleinonl.do pri'iidix; pour auxiliaire le tapissier.
Au (emps de Molière, la décornlion proprement ^^dite équivalait â rien, soit sur la scène, soit dans la ^Brile. M. Peri-in mentionne cl signale au cours de ^fpD récit un manuscrit Tort îulérossanl de la Bililio- ^Tiièque nationale ; c'est un registre commencé vers 16âO par Laurent Maliclot, chef machiniste de ta tr oupe de l'Hôtel de Bourgogne, et continué par ses ^Bncesseurs; de telle sorte qu'il embrasse une période ^^■.soixaute ans et se prolonge jusqu'à sept années ^^près que s'est opérée ia fusion de la Iroupe de l'Hôtel de Bourgogne avec celle de Molière. Que dit le registre de la décoration nécessaire au Misanthrope? KOUT la représentation du Misanthrope, il faut six simplicité des chefs-d'œuvre 1 Nous ivoDs par un autre document qu'en ni9 encore l'éclairage de la salle du Théfltre-Françaisnecoillait pas plus de vingt et un francs par soirée ; il se faisait au moyen de deux cent soixante-huit chandelles, pesant ensemble quarante livres. Aujourd'hui, l'éclairage del'Opéra.quisefait au moyen de huit mit lecinq cents iiecâJi^ gaz, coiHc mille trois cents francs par soirée; soitpourcent représenlatioDS, cent trente mille francs. Pour ce qui est du décor proprement dit, depuis Cor-
gistre ^fefon
'ii
PBOPOS UE TIIÉATM
rieillo cl (tcndaiiL plun d'ua siècle, la coutiioie ë ([Uif les raèiiies dfcors servissent pour toutes lespièces tragiques. Il y avait cinq ou six décors types ; le décor salon, le cir'cor jardin ou forêt, le décor palais, h d6cor place publique, conçus d'après un dessin a vague et assez gëoéral pour s'adaptur à tout. Nrt génération a connu ce syslème de décors unîform au Théàtre-llallcn ; il est encore pratique en proviacflfl dans les villes de trente mille âmes et au-dessous. Une même pièce exigeait-elle trois décors diPFérenls et successifs, on les juxtaposait sur la se acteurs passaient iuslunlaDémenl, et sans baisser d rideau ni aucun changement à vue, du milieu i théàtrti oti il y avait « un beau palais », sur l'un d côtés, où l'on voyait « une mer avec un vaisseau garni de mils », et ensuite, sur l'autre cûté. où s'ouvrait « une belle chamlire avec un lit bien paré * et les draps mis.
C'est qu'alors, dans la représentation, tout tenait à l'action ; elle tenait lieu de tout ; elle suflisait pour occuper la scène, parce qu'autant que nous pouvons le conjecturer, la démarche des acteurs, leur attitude leur geste, leur accent, leur voix étaient bien plus en saillie qu'aujourd'hui. On ne marchait pas, à proprement parler, sur la scène; suivant l'expression racinienne, on portait ses pas. On ne disait pas la syllabe ; on la posait. Ou ne débitait pas le vt
Lpr.
A CROPOS DE rUDATflC. ^Q
JainaJl, on le chantait presque. Quand il s'agissait l'ail yere de Corneille, on en sonnait comme de [a bompelte ; quand il s'agissait d'une cotnédJe de Molière, prose ou vers, on mimait chaque phrase el chaque mol, même au moyeu d'accessoires ; on chargeait à la façon d'une parade sur les tréteaux ; on irononçait en cerlains endroits et en certains rôles, immesî l'on se fût servi de la pratique qui est en usage à Guignol- C'est ce que je suis enclin à conclure de divers aiias qui courent sur l'ancien théâtre et des traditions qui régnaient encore, dans ma jeunesse, k la Comédie-Française. Vers 1845, e l'action » de MM. les sociétaires, surtout des plus éminents, de Sarason, de Provost, de M. Régnier, quand ils jouaient l'Intimé, l'etit-Jean, Sosie, Sganarelle, Argan, Pourceaugnac, se rapprochait bien plus de la manière de Ravel ou de Levassor que de celle de RoufTé.
H L'action » de Beauvallet, quand il jouait le I>ersoonage du Cid ou celui de Polyeucte, était beaucoup plus colorée et beaucoup plus retentissante que celle môme de Frederick, quand celui-ci lançait
fameuse iuveclive de Kean à. lord Muill. Beau-
llel ne se contentait pas de jeter avec éclat la
Paraissez, Nuyarrais, Méiui'es el CasUUans,
os DE TDEATRE.
le mol ■ A la gloire ■ daas le vers de i
lijeuclc :
* ta gWl
Il les criail, il les hurlait. A ces passages on eût (lit que sa voix emplissait la scèae comme d'une irradiation de couleur écarlale. Dernier vestige, je n'en doute pas, dernier et puissant vestige des préceptes et des exemples, transmis de génération en génération par l'École. La querelle bien connue de Marivaux et de la Comédie serait à elle seule une Torte preuve que les comédiens meliaienl autrefois dans l'action un caractère beaucoup plus tonique qu'aujourd'hui. Parmi toutes les prétentions sur le chapitie desquelles Marivaux, selon Fontenelle, se montrait si susceptible, il y en avait une qui lui tenait parliculit'rement à cœur. Marivaux se piquait d'avoir introduit le premier dans le dialogue du IhMlre et dans celui du roman le ton naturel, le ton même de la conversation ordinaire. Or, que reprochait sans cesse Marivaux aux comédiens? C'était de lui ôter, pnr la manière dont ils jouaient ses comédies, le bénéfice et l'honneur de la révolution profonde qu'il estimait avoir opérée dans le style scéniquc ; c'était a de paraître trop sentir la valeur de ce qu'ils disaient ;m lieu de laisser en soin aux
PROPOS DE TIlÉATRri.
""spectateurs » ; c'était, eu un mol, l'aclîon, le jeu, la voix trop en relief.
L'action, ainsi conçue, pouvait s'emparer assez complètement du spectateur pour que sea yeux n'eussent pas besftiu d'être occupés ou sikluils par le décor. Mais si, à l'origiuo on négligeait 11- dfcor, ou comprit bien vile qu'il y aurait beaucoup plus d'inconvénients à négliger l'halàt. Molière su préociopa le premier et constamment du costume. I^ partie de l'aulaisie qu'il y a dans son théâtre ne lui ^l pas permis de laisser de côlé les questions se ipporlant à cet objet. Il ne iwuvait habiller Masirille, Sbrigani, Scapin, Sganarelle comme des tdels de chambre de Couti et de Julie d'Angenues. I Le souci du costume uaiiuit donc 1I13 bonne heure; i il resta longtemps sûcondaive. La règle était Ile chaque comédien se procurai lui-même sa garde- Bbe. Tous n'ayant pas même fortune, les ensembles ieot été fort disparates à l'cei! si l'usage avait Umis que les comédiens les mieux reniés fissent wul entra eux de quantité et de variété, pour leur garde-robe, comme ils faisaient assaut de mîi^nificence et de richesse. Ou ne possédait pour la tragédie que trois types d'habit : l'babil du jour, l'iiabit espagnol et l'habit autique, qui ëtaieul employés selon te caractère du drame et ré|)oque où il se ail. Il n'est pas besoin de dire que l'babit anti-
\ PROPOS DE THÉAIIVE.
mesure que les talenls pt'cdent en ampleur, que les œuvres deviennent médiocres, que les Ihètnos du drame ou de la comédie siègent moins sur le haut ou s'écartent davantage des directions universelles de l'âme et de l'histoire. On doit ajouter, pour être toul à fait juste, que, dans le moment privilégié du pt-ocexsus littéraire et poétique d'un peuple où surgissent ses premiers cliefs-d'i lîuvre dramatiques, l'appétit du théâtre est aussi frais el aussi vif chez le public que l'est la faculté de création chez les auteurs qui travaillent pour le Ihùâtrc. Dans les siècles suivants, il faut ^ l'appétit du public des condiments dont il n'avait pas d'abord besoin.
C'est ce qui explique qu'au temps où nous sommes M. Perrin ait introduit presque fatalement â la Comédie-Françiiise une sollicitude exagérée du costume et du décor qu'on n'y connaissait pas auparavant, et c'est ce qui explique aussi, quoique M. Perrin ait agi sous l'empire du circonstances impérieuses, que des juges d'un esprit Judicieux lui aient pu raisonnablement reprocher tout son étalage do mise en scène. Il est quelquefois difticile d'absoudreM. Perrin sur ses goûts magailiques ; il est presque toujours impossible de le déclarer coupable sans circonstances atténuantes.
Ce n'est pas la faute de M. Perrin si le développement de la poésie lakisle et romantique a rendit;
!■; TirÉiTi
de pliiÀ en plus le public de nos Itiè-llres scmblablît it ce prince du Triomphe de la sensilnlilé qui m; Ijouvait vivre, dans sua palais, quVutouni de c/«(V* de lu'ie fabriqués par le mai^hinisle, el qui n<! voyageait jamais sans emporter dans ses bagages des villes pittoresques, & la façon de Nuremberg, de blanches cascades, des rocs sauvages, des sites we rt h érieos établis et organisés par d'habiles artistes. Kfie n'est pas sa faute si la prépondérance qu'on H^nee ù. uu certain moment et que n'ont pas tout ù *'feît perdue les Uiéories sur la couleur locale, si les progrès de l' archéologie gi-ecqueet latine, de l'assyrioiogle, d« l'ôgyplologie, de l'ethnologie et du l'anthropologie, si la naissance méjnc d'une nouvelle écolo de peintres et de statuaires érudils. qui ..uot le souci de l'exaclilude et la superstition de la kn^raphie historique, qui sont ardents pour la dlû des types au point de ne vouloir plus reprékDler ni Rêt>ecca k la fontaine, ni Ruth chez Itooz, i Moïse descendant du Smaï, ni le Seigneur Jésus • sa croix, avec un nez non sémite; non! ce pfeet pas la faute de M. Perrin si tout cela réuni a le spectateur actuel exigeant sur des détails "dont personne autrefois n'avait l'idée. J'aurai plus d'une occasion d'examiner ici de quelle façon M. l'errin traite la mise eu scime du l'éperLoirc 1, non seulement pour œ qui csl du décor
PROPOS DE THÉATHi:,
el du costume, mais encore pour ce qui est de l'aolion. Sur lo répertoire je fais mes réserves. 11 y a cependant divers genres de pièces qu'on ne peut que louer M. Perrin de monter avec im soin poussé jusqu'au scrupule. Que serait le plus beau drame romanlique sans le décor? On s'indigne et j'ai moimême un peu souri de la tempête et des rafales que nous a servies la Comédie-Française an dernier acte du itoi s'amuse. Je me le demande pourtant ; sans la rafale que resterait-il de cet acte? Il en resterait toujours de fort beaux vers k entendre ou à lire, mais sans effet scénique. Que deviendrait, sans le saisissant du décor et des costumes, la maison de Sallabadilî Un bouge, non seulement ignoble, ce qu'il doit ûtre en effet, mais insupportable aux yeux et h l'esprit, qu'on ne pourrait pas pins trouver tragique, que ces cabarets à toit bas, avec une chambre discnlte sur le derrière, qui se cachent dans la banlieue de Pai'is, au pied de nos remparts. Un autre exemple. Sous forme de roman, l'idylle alsacienne l'Ami Frits ne fait qu'alLacber ; au thtSitre, elle ravit ; croit-on que l'effet de ravissement subsisterait le même, si M. Perrin n'avait réussi il susciter devant nous les Vosges en fleurs, s'il n'avait trouvé moyen de nous donner la sensation et la vision des cerisiers pendant la cueillette, et de la fontaine rustique, avec son eau courantes
A PnOPOS DE THÉATIIE. 33
limpide. Je ne di^itingue pas bien, quand je vois l'Ami Frits h la Comédie, qu'est-ce qui est l'accessoire, de Ja mise en scène ou de la pièce ; je ne sais ■trop si ce sont les décors qui servent d'illustration au teste de MM. Ërck.mann-Chalrian, ou si c'est le texte pénétré de l'accent du terroir, veiirauUch et ItiiUilicli, qui sert de légende à. la belle image composée par les décors. Je sais que le tout ensemble forme un spectacle qui peut plaire à l'amant le plus austi^re de la poésie pure. On en est tout rafraîchi.
Maintenant, il est vrai que M. Perrin outre un
iuson amour de la mise en scène quand il retarde plusieurs semaines ou de plusieurs mois ou de toujours la reprise de Bèimke et celle de Bajaset, sous prétexte qu'il n'est pas encore tout h. fait renseigné par les antiquaires sur la couleur de la lule que portait la vraie Bérénice ou parce qu'il •nque vn lur. On tombe toujours du cdté où l'on
incbe, et les natures d'élite penchent toujours beaucoup plus du côté de leurs qualités que de leurs débuts; carenfm, et, somme toutes c'est une quahté
lur un directeur de théitre que de tenir à préparer représentations irréprochables.
Influence antiprofessionnelle de la décoration sur les comédiens. — La croix de M, Delaunay. — M. Cumberland.— Une figure parisienne : Gustave Claudin.
Quelques personnes ont bien voulu s'étonner que le feuilleton dramatique du Journal des Débals n'ait pas traite de la croix de M. Delaunay, la môme qui fut baptisée, à Torigine, la croix de Samson. Je leur ferai remarquer que l'Ordre national de la Légion d'honneur est Tune des institutions politiques de rÉtat et qu'ainsi la question de savoir jusqu'à quel point on respecte les principes qui régissent l'Ordre, en décorant ou en ne décorant pas un comédien, homme de grand art et honnête homme, est du domaine de la controverse politique.
I Une seule chose scrail ici de ma coifiiiétenc^, ce fcrail de rechercher les effets que pourra produîro l'art de jouer la comédie l'attribulion de la croix t comédiens. Je crains qu'ils ne soient pas bons. i crains que le sentiment de la croix obtenue ou i la croix à obtenir ne rende messieurs les sociébires encore plus enclins qu'ils ne le sont depuis juelques années à s'exagérer la grandeur de leur "postolat. Car ce sont décidément des apôtres. Les ( rencontrez-vous quelquefois aux abords du Palais- Royal, quand ils se rendent k la rëp^titioti I Us j portent leur lètc comme saint Luc. A la ville, c«la les regarde. Le chiendent — je demande pardon ùl
> hauts missionnaires de l'art de la vulgarité du i Hrme — le ckicndenl est qa'lt la scène ils gardent I t même port de t^le, même quand le personnage Ki'ils représentent exigerait un peu moins de i ïslé.
■ Pour M. Itelaunay, que! méchant tour lui a joué lut de suite la croix ! 11 était occupé à donner ses I ^réscntalions d'adieu. Rien ne le retenait plus; b le croyait bien décidé. Quand il a reçu la croix s mains du ministre, c'a été comme si son cœur I dégonflait d'un secret chagrin. II s'est écrié : « Je 1 vais plus ; je resterai à la Coitiédie jusqu'à i qu'on me renvoie. » Mol d'infiniment de bonne râcel Mais quelle IbSie!
A TROPOS DE THEATRE.
Vers la retraite en raiii la raison nous appelle ; Ea v>m notre dépit quelquefois y conunt;
L'n ascendant trop poissant ;
El ta moioflre faieur d'un coup d'œil rainssaiit
Nous rengage de plus belle.
Il y a k présent, treiile-cînq ans que M. Del uay occupe la scène. Il n'y a compté que des si La reprise des EffiviUès a été l'un de ses plus é lauts triomphes. Malgrô ses cinquante cinq ans h sonnés, jamais il n'a trouvé autant qu'aujourd'i le chemin de plaire au public. Jamais il n'a i aussi applaudi. C'était une inspiration de s bien rare de disparaître volontairement, en pleine possession de Ions ses moyens, dans une conjoncture où il n'eût laissé de lui que les souvenirs les plus charmants, Qui l'arrêtait? Rien ne l'oblige à une vieillesse laborieuse; il possède la modeste fortune qu'il faut pour assurer la tranquilhté de sa Cn de vie. Les reporters nous ont décrit sa jolie maison blanche, au soleil, entre cour et jardin, dans une rue discrète de Versailles. Il aime les bois, les vallons et les collines qui couronnent les adorables replis de la Seine. Il a le jarret robuste pour les parcouiir ; le poumon vigoureux pour en aspirer l'air, les parfums et les brumes ; le cerveau frais pour en percevoir tes saines sensations. Ses années de retraite
^s'il l'eùl voulu, s'il s'y fill pris à temps, eussent été plus dignes d'envie que ses années pourtant si heureuses d'acUvilé et de renommée. Jo me lo figure, revenant le matin, en mal ou juin, d'une course à Iravers les prés eL la rosée ; le facteur lui apporte son journal; il le prend et court au suiiislc, i\n\ raconte un brillant début de jeune premier k la Comédie et (jut ne manque pas de dire : n Eh ! Kli ! ce n'est cependant pas tout à fail Delaunay I II s'en faut! Vous rappelez-vous Delaunay dans le rôlel... d Ce serait lii encore des plaisirs d'atnour-propre et dos crière-bouffées de vraie (;loireI Au lieu de cela, t voilà qui reste «xposé aux âpres critiques, [tour ^eure où son talent (léchira; et il lléchira; c'est mplacable lui ! Le votlfl qui va alteudre l'indiUé' tnce et la lassitude du public; et elles viendront, ftles viennent toujours 1 Et puisqu'il veut resler délais jusqu'à ce qu'on le renvoie, hélas 1 lui aussi omparable Valère et le Dorante uoq pareil, on ^renverrai Combien peut-être alors il aura le cœur berl Sommes-nous donc tous ainsi faits? Nous "esl-il donc à tous difRcilc de nous marquer l'heure où le temps va passer d'aimer et d'être aimé, d'être ^miré et célébré, et le temps d'agir, et le temps if écrire, et le temps de nous démener et de raisonner pr nos tréteaux I Est-il donc si dur il reconnaître et à pter, le moment ofi l'on ne doit plus demander
à la vie d'autre plaisir que le plaisir même de vivre, à la nature et au monde d'autre jouissance que le spectacle inépuisable en curiosité du monde et de la nature? Il paraît, puisque les rares privilégiés, qui, après avoir parcouru la carrière tumultueuse et poudreuse, siîraient enfin en situation de vivre pour vivre, îrapcrçoivcnt pas ce dernier bonheur de la vie, le plus doux peut-être et le plus vif de tous, quand on a gardé la santé et acquis Taisance, ou, l'apercevant, y renoncent pour une chimère, pour un rien, pour un ruban I
Paris s'est beaucoup occupé des expériences de M. Cumberland. J'ai assisté à la séance privée que M. Cumberland a donnée à l'hôtel Ck)ntinental. Venu un peu tard, je n'ai suivi d'un bout à lautre (ju'une seule de ses opérations. M. Cumberland ne prend sur sa carte de visite aucune qualité. Il ne s'intitule ni prestidigitateur, ni magnétiseur, ni magnétisé, ni somnambule. Il ne traîne à sa suite ni préparateur, ni sujets préparés d'avance. D'extérieur, c'est un gentleman comme un autre, sans aucun air maladif ou impératif. Pas plus fascinateur de physionomie, que fasciné. Il est Anglais, du comté de Leicester. Il a étudié à Oxford. Il a une figure ovale, des cheveux blonds, un œil bleu, profond, tantôt nageant et vague, tantôt en l'air et qui perce
l'espace, tl porte seulement moustache, une fine moustache blonde. Il ressemble au général Wolscley, et. par momcuts, quand son œil se fixp, il a beaucoup du regard de M. Gordon Bennelt. Taille, environ un mètre soixante centimètres ; corps ro-
tste et souple; une mine de saule et de bonne meur; une figure jeune. Sur tout cela, je n'inae pas à croife qu'il y ait du magnétisme ni de double vue dans son cas. Il y a plutôt de la clairyance, de la finesse psychologique, une délicatesse infinie de tact et beaucoup d'exercice.
Voici en dèltûl ce que j'ai vu faire par M. Cumberland. Dans le salon de l'hôtel Continental, où loous nous tenions. M. Cumberland a prié un des Bsislants de lui fournir un objet. Madame la corne de P. .. lui a présenté une épingle en brillants, , Cumberland a ensuite prié M. Gamier, de l'Ins- ^ut, d'aller cacher l'épingle dans l'endroit du jardin des Tuileries qu'il voudrait en se faisant accompagner de deux personnes : M. le prince de S... et M. le comte de P... Ce qu'a fait M. Garnier, tandis que M. Cumberland restait dans le salon de l'hôtel Continental à s'entretenir avec les autres assistants. M. Garnier étant revenu avec ses deux compagnons, M. Cumberland a d'abord mis sa communication avec celle de M. Garnier s l'un assez lou^; fil d'archal : puis, il s'est lu
40 * PIIOI-US ÙK THËATIIË.
luàme bandé les yeux ; puis, il a sfiisi la maiad M. Garnier duns la sienne ; puis, onfin, il a recodj mandé à M. Garnier de bion tenir sa pensée fii^ sur l'épingle, et il est parti, ou plutût il s'est laqM au dehors suivi da l'assistance. M. Garnie marcliaient d'un pas si rapide que nou peine à les suivre. Arrivé à la grille de la terra des Feuillants, M, Cumbcriand a loumé à droite si aucune hésitation sensible. Il a marché vers un c tain arbre, sans plus d'hésitation; el. toujours hésitation, il a ini:^ la main sur un point précis 4 cet arbre, oii l'épinj^le avait élc en cfTet cachée s l'écorce. J'ai observé, en plaisantant, que les volet de Paris étaient déshonorés, de n'avoir pas eu l'i^ prit, pendant vingt minutes iju'ils ont eues à eux, t découvrir et de dérober une épingle deux fobp cieuse. Quelqu'un ma dit alors etassurè que, i moment où M. Garnier était sorti des Tuileries et^ M. Cumberland y avait reparu, un garçon de l'hôtd Continental était resté de planton auprès de l'arbre.
Quel Age peut bien avoir M. Gustave Claudin, l'homme le plus en mouvement qu'il y ait dans la presse parisienne ? On tremble de poser la question, puisqu'il faut conclure des Souvatit's de M. Claudin que, en 1840 déjà, il lloriasait, que. déjà en 1840, les hommes illusties se l'arrachaient. Le Tait est que
A PHOfOR l>E TBi: H*t.
|e le connais depuis <[uc j'écria. ol loui c ëcriyenr, de quelque moment iiu'ik «ojent, k r lissaient avant qu'Us aient lailJ^ pour U f lis leur plume. Toujours par les rocs, le* ftaoe^ s coulisses, les bureaux de rédaction ; H louioun le premier sur le boulei'anl à l'beure dn roc-foc et 4u JroUr-frou, vers Iroia lieun« rt dMiti*. CA4t|uim tefierDier, vers une heure e< do&ie éa aulra, < le café Riche, le cigare ù la bouche, q éteint le gaz et que les aulomédof» en i cherchent ua bourgeois qat Tmille bien la a i la porte de Levallois ou i ta pnrle de ( Si M. Claudia n'était chr^t» et ai7a,a<im mbi . chrétien et ana aulbentiffnesde la Vft U m m louarre, on le prendrait pour base L batiste. Il a toujours vOca. U a t in^rante de Paris. Il a toujour» m < sa poche pour le pourboire du cocher. Il m t été jeune. Il parle de madeowiwlle Man ai rfitetatife qui l'a parlicuhêrenKOl Mqaenlée. cl aa A>crétioa éprouvée de galant homne r u pé d w «ak d'avouer qu'il a été son premier amanl. P>fmt hm. ■ toute ma vie, j'ai eobiidu parler « dii «id«t ^Schramm • dam le ntilitaiir et ■ do }a«e Oa*din » dans le civil. 1^ pmnièn! lui» <|«e i* 9*bliai à Paris un article de litlénUse — c'«tait mt Cœlhe à la Revue df titttrwetiim /mUi^ft^ eo W»
a A pni)ro5! nK Tiii^AiriE.
— et que JB m'eu allai, impatieol el frémissant,) cabinet de lecture de mademoiselle Grassot, pour chorcher dans les journaux l'efTel que n'avait pu manquer de produiru mon début, il n'y avait pas un de ces frivoles gazetiers qui fit mention de mon nom, mais ils parlaient tous de Gustave Claudin. Celait le dernier bon mot de Claudin par ci, le cigare de Claudin par là. Claudin al ail, CJaudiu for ever. agaçant Claudin I Depuis, M. Alphonse Daudet, bien après moi, a éprouvé à l'endroit de Claudin, la môme sensation de basse envie. U a fort joliment conté lui-même que, à ses premiers pas dans Ja vie parisienne, la seule vue de Claudiu, mollement étendu sur les coussins de son éternelle Victoria, avec son sempiternel cigare à la bouche, avec son inaltérable sourire exprimant le songe incessamment diapré de I*aris, le faisait tout ensemble . pâlir, transir et brilier. Claudin, lui, était un sommet de la littérature triomphante oii il désespéi'ait de monter. Ne eerai-je jamais glorieux comme Claudin? Ne m'eutretiendrai-je jamais, comme lui, au foyer du Vaudeville, sur le pied de l'égalité, avec les grâces épanouies et les grâces naissantes, avec Céline, Léonide, Blanche et Atbalie? N'aurai-je jamais comme lui une Victoria de louage qui courra toujours, un cigare qui' ne s'éteindra plus, et tout ce qu'il y a de plus célèbre et de plus charm
wnDi les gens à pied, poêles, peintres, comédiens, Bsomédieunes iri'envoyaiit de petils saluts familiers j ^e la main, pendant que fuira radieux, le long d i rue Richelieu, h travers la place du Carrousel, feur le poat des Sainls-Pères, mon char numéroté? iinsi pensait M, Alphonse Daudet, encore inconnu. s choc d'émulation fut si violent qu'il eu écrivit , la file trois chefs-d'œuvre : te Roman du Chape- I rouge, les Aimi du Paradis et k Petit Chose. M. dandina manié toutes les formes du journaélé, à ses débuts, correspondant politi({ue e deux ou trois feuilles de province. Il a eu l'honleur de suppléer quelquefois Théophile Gautier dans "Te feuilletoQ du Moniteur, du temps que ce journal Était encore le Moniteur o0ciel. 11 est chargé, depuis quatorze ans, de la critique dramatique au Petit Moniteur; h quoi il joint chaque semaine une chropque parisienne, faniilit^re et courte, pour le grand tfmiteur, qu'il signe du pseudonyme d'Eurotas. Motatiste ou critique, M. Claudia écrit surtout pour la 1 feule pressée qui forme le public d'un journal à un I fou tel que le Petit Moniteur. Ce genre de public fîest pas aussi facile qu'on le croit en matière lît-
rll serait rebuté par des articles où l'auteur mett&H, avec le trop de souci d'une forme châtiée, rop de vigueur et trop de substance. Mais il ne ]
4i A riioi'us im Tiif;*TiiB.
soutTrirait ikis non plus qu'on deviul vide eL viilgai en étant rapide et h portée. M. Gustave Claudin a eu le Uilenl de réussir auprès de lui. Critiquu dramatique, il lui sait parler, comme il convient, de Victor Hugo, de Molière, de Sophocle, adapter à une masse de lecteurs inégalement instruits les idées, impressions et les uotions émises, ressenties c<»ordonnèes pour de plus lelLrés et de plus dains par un SaiuLe-Beuve, un Saint-Victor, Théophile Gautier, Chroni(|ueur, il sait donner des leçons de bon sens, gvec un tout petit grain, pas t.i'op violent, d'ironii' et de paradoxi?, décrire et conter les dessous de Paris sur le Ion aisé d'une couvei-sation de boulevard. La librairie Dentu a réuni eu volume sous le titre généra] : Tarte à la crème, quelques-unes des chroniqura de M. Claudin. Elles sont comme un prologue des Souvenirs que M. Claudin publie aujourd'hui. Lisez celles qui ont pour titre particulier les Maniaques, Ce qu'on dit dans les journaux, /es Idées fixes d'Akxaiulrc Dumas, vous aurez sa manière et sa mesure.
M. Claudin a eu aussi des loisirs pour la litléraluiv romanesque. Naturellement, c'est le roman aisé qu'il a pratiqué. Pour se délasser, pour amuser l'immobilité d'une demi-journée de chemin de Ter ou la solitude d'une niittioée au coin du feu, rien ne vaut le genre affréable et cursiT auquel ap|
lieonent Fosca', te S'orv. baissé^, les Capnces de Dioméde'. M. Gustave Claudio ne nous fatij^c pas ia t^ le d'observations et de descriptions. )l (;lisseet 'appuie pas. 11 est tout en surface. Il a dans l'i^^ rit le dilettantisme et l'iadifTérentisme de Mussol ' pec des retours, par lK>uffées, de morale patriarcale : même paterne, qui lui vii>DDenl de son métier i docteur hebdomadaire èa bon sens à l'usage du etit abonné bourgeois. Mixture, eu somme, assux iDgulière! Sa mC-thodede composition et d'eslhËlii|ue Dusiste tout bonnement à réalisej- par le livre les i >ngcs extravagants de parisianisme que la vie t'Ilelême n'accomplit guère. L'aventure galante, le tore baissé, histoire un peu lesle, s'engage chez la eurisie du passade de l'Opéra et se dénoue dans j I bel appartement des Chainps-filysées ; elle pourlit luut aussi bien se dérouler à Bagdad du temps » l'ingénieux Calife, ou à Cachemire du lemps de i fegrui Bt'y et des Mille et un Juurs. Au contraire, 'osca est un tableau mi-partie de province et miiartie parisien, dont Ber(|uin applaudirait li-s dis- | ertations vertueuses, sinon toutes les péripéties. a le héros privilégié de Fosca n'en est pas moins ]