‹ À propos de théâtreChapitre 4 sur 23 · Paris, G. ChBi'peniier · texte numérisé non relu

Paris, G. ChBi'peniier

iH A rnoros Dt tnÉATnE.

tout ca i\aiU out aimé. Jo reprocherai à M. Cli diu d'&Toir resserrO en un volume ce qui poun fournir Li mali^ de quatre ou cinq, et de D''aT( pas dre^ i la fin de son ouvragi? une table i noius propres. monteur ¥.^vr. que vous a^ raison sur les index! Que jo vous sais gré d'avfl plaidû ici la cause des /nrfftT, de tes réclamer même i t^rec. e( pour legrec, bien que vous sachiez depuis {4 de quarante ans déjà tout le grec nécessaire pour en passer? Tout n'est pas parole d'Évangile dai les Stmvetiirs de .M. (^laudin ; la mémoire lui fourci quelquefois. Jouflroy devient pour lui JralTroy. veux bien croire que le maniaque dont il ne parle (c'est dans Tarte à la crème) avait coro| combien de fois Virgile emploie dans l'Enéide 9 i-erbe auxiliaire ftre > ; mais que le même m niaque ait aussi compté combien de fois Vii^Ie sert de t l'auxiliaire avoir , non! cela, je ne crois pas; avec la meilleure volonté du monde, ne saurais le croire.

Légères distractions de plume volant în^énumf siur le papier 1 M. Gusiave Claudin rapporte, revanche, bien des circonstances que lui seul connues et dont l'histoire pourra s'emparer. ExempU en 1848 ou 1849. M. Gustave Claudin renconf un jour Proudhon h l'imprimerie du passage Caire, où se publiait le journal /c 7*Li(/)/e qui avi

'alors UD éDUTiiie succès. Quelque teiQ|)s auparavant, Proudhon avait àù metlre It^ Pevple ea I commandite. Il dit lristemf!Dl à Claudin : « Muq J journal va maintenant gagner de l'argent...

capitalistes l'ont accaparé...» Et, prenant le brus I de Claudin, il ajoute: « Souvenez-vons que tout I journal qui vaut cent Trancs est perdu pour son I parti !.., B Tout le sauvage et lioiiniHe l'roudlioiul

\ tout le grand prosateur qu'il était, respire dans oel

L mot, Uiie autre fois, en 1869, M. Claudin, qui!

■Bongeait alors à écrire la vie de Napoléon HI, si 1

romanesque et quia tant do quoi tenltir un artiste I

\pa narration et en analyse psychique, va trouver 1

) souverain aux Tuileries pour lui demander où I

Vtésident, eu outre de la personne de l'empereur, i Hes sources vivantes de renseignement. L'empereur | l'entretient longuement, l'encourage dans son des- I Rein et le congédie sur ces mots: «Surtout ne dejnandez rien à mes ministres ; ils u* me coimais- | ttul pas... Voyez plutôt (Iricourl,.. Je parlerai J J*ersTgny,.. Si le général Pleury était ici, vou; lourriez le consulter,.. // m'aime, celui-là, et il I me connaît bien... s Ce sont là. des lueurs pour I [■'historien.

Ainsi les perles Trûlent les pierres Tausses dausJ

Kja vitrine de choses modernes que nous ei

ÏM. Gusiave Claudin. Heureux M. Claudin d'avoir!

C'esl du décret du 6 janvier 1864 que date] fermeture annuelle d'une partie de nos salles f sieuues. Ce décret, qui a établi la liberté des tliéàbd et des genres, a affranchi les directeurs d'un certi nombre d'ôbtij^alioiis li^^les en n:iême temps qu'ilH dépouillait de leur privilège. N'étant plus tenus J leur cahier des charges, les directeurs se sont avij qu'il serait bien naïf il eux de jouer, pendant j canicule, devant des salles vides. Ils ont conçu U de suite le plan de jeter, chaque année, sur "i pavé, à l'époquo des grandes chaleurs, artistes, fin rants, ouvreuses, musiciens de l'orchestre, ouvri machinistes, contrôleurs et buralistes. C'était j gêne et peut-être la misère pour beaucoup de bravï gens. Fort heureusement, l'idée est venue, bieDf|| après, aux directeurs que, si on ne fait plus d'à gent à Paris, pendant les mois d'été, avec de 1 artistes et des troupes bien dressées, on peut en fal h Londres, h Bile, à l'operinglie et à Carpentras.I ont donc pris l'habitude de former leurs troupes Çj uanip volant vers le temps de l'année où 1 quitte le signe des Gémeaux pour entrer dans c de l'Écrevisse. Chacun d'eux s'attribue un des qu^ points cardinaux. Telle troupe va se fixer en Anj terre pour six semaines ; telle autre se dirigée petites journées sur Perpignan en passant par F lier, et telle autre sur Marseille i-a passant i

Douarneoeï. Telle troupe exploite un r6[>erloire eiu-

|)i'Linlt! à des théâtres divers; telle autre s'en tient

: pi'''ces d'un seul théâtre ; telle autre choisit l'un

8 ouvrages qui a le plus réussi à Paris pendant

', saison d'hiver et ne joue que celui-li au cours

B ses pérégrinations. Actuellement, par exemple.

, Koning est avec la troupe dti Gymnase chez nus

ttisiiis d'outpe-Manclie ; M. Porel est avec la troupe

I rOdéon à Amsterdam. Les nouvelles qu'où re- ]

»it constatent l'accueil excellent qui a été Tait aux i

tomédiens français sur les boids de la Tamise et

Keux de l'Amstel. La troupe de l'Odéou. aprt's s'être J

Sonstitué un premier capital â Amslârdaro. compte \

pousser jusqu'à Copenhague pour y fairti une sl'-

conde fois fortune.

Les idées s'enclialnent aux idées, Le succès des Soupes d'été a fait réHéchir les directeui-s et entreteneurs de spectacles. Ils se sont dit : a Puîajue $ troupes errantes récoltent abondamment df^ laufers et des louis, pendant qu'il fait chaud, pourquoi i seraient-elles pas d'un bon rapport, pendant D'il fait froid, frais ou tiède? Pourquoi chaque roupe de Paris nu se diviserait-elle pas eu deux sec- 18 permanentes, l'une des deux parcourant d'octo- ! à mai les pays extérieurs, pendant que l'autre pturnirait un service inlra muros? Pourquoi ne !U[eraiL-on pas au besoin, parmi les artistes qui

M^^THH,

peuvent se trouver inuliliséa en même temps ( deux ou trois th6Atres, une troupe mixte, un régiment de marche qui serait charj^é des expéditions lointaines, qui s'en irait fourrager de d et de là, par monts et par vaux ? u Cette préoccupation élîûl des plus sérieuses et des plus raisonnables. ËUo était en conformité avec les saines méthodes de l'industrie. Elle répondait à des exigences créées par l'état nouveau des théâtres, par la nouvelle composition et les mœurs nouvelles du public.

En bonne économie agricole et industrielle, on doit tirer parti des moindres déchets. Or, il y a actuellement beaucoup de déchets dans l'industrie théâtrale à Paris. Plus d'un théâtre s'y voit dans la nécessité d'eniretcnir, sans les employer, des artistes dont les appointements constituent pour lui une lourde chaire. La loi fatale qui régit maintenant l'exploitation de presque tous les théâtres parisiens et qui détermine leur mode d'existence, c'est qu'une pièce ne se joue pas plus de quatre ou cinq fois, ou bien se joue de cent cinquante à trois cents fois tout d'une suite. Quelque importante que soit cette pièce, elle n'occupe jamais que la moitié ou les deux tiers d'une troupe. Pour peu qu'on la joue seulement cent cinquante fois, voilà une demidouzaine d'artistus, et non des moins habiles, qui n'ont plus qu'à se croiser les bras pendant un a

leatre. Lorsque deux théâtres exploitant des genres similaires se trouvent dans un cas semblable, cela fait juste de quinze à vinf;l artistes condamnés au repos, ce qui les énerve, et tout de même payés, ce qui ne fait pas rire la caisse. Vingt artistes des deux Js c'est une troupe complète, celât Si on voyait représenter dans quelques chefs-lieux la ;e qui a été le grand succès de Paris, l'an dernier? importe. la saison et le temps, on aurait des salles qui regorgeraient ! Ainsi ont raisonné les directeurs, et l'événement a justifié leurs calculs. ind on a vu que la chose réussissait, tout le ide s'est mis à former, à tout moment de l'andes troupes ambulantes, des troupes à temps, troupes intérimaires, des troupes éventuelles, troupes ad hoc. Des auteurs en ont levé pour iloilcr leur pièce favorite ; d'éminents comédiens, mettre en régie leur propre talent. Il y a dos lupes parisiennes pour la saison de Londres et il en a pour la saison de Monte-Carlo, l^es chemins feront offert leiu-s facilités. Hivercomme été, ils sont assaillis de troupes vagabondes. C'est une renaissance universelle du roman comique.

L'importance de ces mœurs nouvelles et de la 'olution opérée par elles dans l'exercice de l'art latique s'accusa par ce fait qu'elles commencent une littérature spéciale. Avoir une littéra-

lure, c'osl le sigoe qu'on existe dÉfiiiitivementf c'est la marque do ce qu'on est. En atleQdanl que le roman comique moderne ail trouvé ses ruinanciers et ses poètes, il a déjà ses historiographes, ses mémorialistes, ses chroniqueurs et ses atatisliciens. M. Sarcey, toujours en éveil et il l'uMl, s'est fait le premier l'historien de la Tlialie, de nouveau errante, mais qui a quitté la charrette grossière de Thospis pour le slet-ping-cat: Personne n'a oublié que M. Sarcey a tenu à accompagner deux l'ois la Comédie-Française ;'i Londres, avec quel soin il a peint les émotions des sociétaires et décrit leurs triomphes. Tout le monde se rappelle sa fraîcheur d'impressions il lui-môme, ses clmmianles surprises et ses ravissements de villageois de Paris en voyage, quand il a découvert la ville nommée Londres, que c'était bien une ville, qu'elle possédait des critiques tout comme la rue de Douai, que ces critiques avaient beaucoup d'esprit, ma foi. et du jugement, qu'U y avait aussi un public qui comprenait la pièce et l'immense aôh! du beau monde londonien, étonné à son tour et scandalisé des étonnements de l'illustre écrivain français, et de quelle manière, cufïn, la spirituelle Albion se vengea du Frenchm'in par le fameux article; Sarcey cites les sauvngex, inséré au Salwdai/ Review. Nous avons eu, un peu plus tard, l'odyssée de madame Sarah Bernhardt, le long de l'Hudsc

A PllOPOS IlK i IIÉATRE. .'i?

ÏH Saint-Laurent et du Mississipi, t-onlée de la fagon la moins indulgente el la plus amusante par mademoiselle Marie Colombier. La semaiiie dernière, M. Capoul a achevé, dans le Figa?-o, le récit de sa dernière tournée en Amérique, qui est deslioé à pa-

fître en volume. A cette litléralure de voyages tisliques se rattache égalemenlie recueil d'articles reuilletons de théâtres que vient de publier uno troupe parisienne, qui, après six mois et plus de circumnavigation, a réintégré, le 15 mai, l-'ariB, son jort d'attache. C'est un livret de quatre-vingts pages Ktnd in-oclavo, intitulé: les i2.IS8 kilomèlres de de Linotte. Simple collection de pièces, qui B»t pas sans intérêt pour le sujet qui nous occupe, lu s'agit là d'un des plus récents voyages de comélens. MH. Raymond Deslandes, Hcrlraud et Godi ont composé cette troupe en lui donnant pour iission d'aller jouer au dehors Tile de Linotte au Epment où Fédara remplaçait Télé de Linotte sur ffichedu Vaudeville. Les misai dominici de M. Raylond Deslandes n'ont, en effet, représenté que cette seule pièce au cours de leur longue campagne. C'est pour fixer le souvenir de leur voyage qu'une fois de retour à Paris ils ont publié la brochure dont nous parlons. Ils l'ont dédiée à leur camarade, mademoiselle Léontine Caron, qui a été leur étoile. ^tte brochure, imprimée sur n'es beau papier, a

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Uj:niiMre classique du temps jadis,

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chelle, Angoulême. Toulouse, Marseille, Menton, Chambéry, Neufuliâlel, Luxembourg, Ullo, MaBs- Iricht, Anislerdara, Gand et Amiens, avec loutp.s sorte de zig-zags secondaires. Mademoiselle Léontinc CaroD, ses compagnons et ses compagnes ont charmé de leurs grâces et de leurs talents cent seize villes, dont le chiffre de la population varie de six mille à trois cent mille âmes. Partout ils ont produit un etret

K arqué, de ci de là, contre le ténor vUœ habituelle lia ville où ils descendaient. Narbonne, l'une des pilales du Pays-Rouge, a déployé pour les recevoir les toilettes les plus oligarchiques. A l'autre bout du pré carré celtique, un accès de rire, dont les annales de la ville et de la citadelle u'olfrent pas un autre exemple depuis plusieurs siècles, a secoué par ^^mx Luxemhourg endormie. Ils ont amené le bour- ^^^feis de Bàle h distinguer qu'il est dans l'être ^^Htoain des e muscles du rire s (Lachmvskdn) lapables de certains mouvements vifs ai animés, dont ou n'avait jamais ouï parler au café des Troisi la bibliothèque de l'Université. Ils ont

B'i à Strasbourg, à Colmar et à Metz un rayon ^France. En les voyant, Aix-en -Provence, ville egaolo et fine entre toutes, mais qu'on pourrait difîicilement surnommer Aix la Joyeuse, a été gat- Tanisée par la gaieté ; cet événement surprenants'est : vendredi 28 janvier 1883 dans la soirée.

IM» A l'HOPOM OE TKËATKK.

Voulez-vous savoir à quels bénéflces ces sorltîs d'entioprises peuvent prêlendrc? Le premier mois de voyage a rapporlô quaranle mille francs. Voulez-vous avoir uoe idée de la faculté de mobilisalion de la Iroupe? Voici la liste des t'iapes pour vingt-trois jours : Mons, Htiy.Namur, Verviers. Li&ge.Maëslricht. Louvaiu, Anvers, Gand, Nimè^ue, Arnheim, La Haye, Harlem, Leyde, Rotterdam fil Gand, non compris les retours successifs dans deux ou trois de ces villes, adoptfes comme centre d'excursions. Nous ne sommes pncore en l'an de grâce 1883, que dans la première période d'expérimentation du système des troupes volantes. Ces troupes n'exploitent encore au mini' mutii que les villes de six mille Ames. Ce n'est qu'un commencement. Les chefs-lieux de canton de trois mille imes, les bourgs, qui n'ont à offrir pour lool théâtre, aux comédiens de passage, qu'une salle de bal enfumée au premier étage d'un cabaret, ne doivent pas désespérer de posséder, chaque année, chez eux, pendant l'espace de deux ou trois soirées, une petite Comédie-Française à l'instar de Paris. La locomotive a tué pour toujours le coche d'eau ; cette même locomotive, qui peut tntosporter les comédiens dans les localités les plus perdues, nous rendra l'un de ces jours, par une singulière interversion du progrès, la grange classique du temps jadis.

On a plus d'une fois recherché et exposé les eflJaty

produits sur la gestion des IhHlrus <[{i piwincc el sur l'art dramatique en France par le sysk^im^ de» iioupcs ambulantes. Je ne sais si l'on se préoccupe assez de l'état de nos artistes à l'étranger et du caraclûre de la fonclion qu'ils y rBtnpIissenl. lAdussus, il y a iuaMenlion de la part du gomerneiiient comme de la part du public, et celle inatleulion est fAclieuse. Je ne voudrais pas enfler le cnur des comédiens ni les porter à s.'f.\agérer le si'ntinienl déjà excessif qu'ils out do leur importance sociale. Il est pourlant vrai de dire que, si ta Fi-auue exerce encore maintenant quelque influence morale au dehors, c'est par eux et par la littérature dramatique. Du moins, ils incarnent une part notable de notre action intellectuelle sur nos voisins et alliés naturels. Un comédien qui est en représentation à rêtranger ou qui y contracte un engagement est comme un pionnier qui s'en va défendre les frontières de la langue IVatiçaisc el de l'esprit français. Il ne les élargit pas. llélas ! même intellectuellement et moralement, nous avons cessé d'élendi-e nos frontières. Nous pouvons seulement et nous devons empêcher qu'elles ne se resserrent de plus en plus. Nos comédiens contribueront plus que personne à celle ceuvre. C'est là ^W point de vue que le public, le gouvernement et ^■Société des auteurs dramalii|ucs négligent tout fi ^Wl ou dédaignent de parti pris. Si la nouvelle se

Leniailresur Dancourt*. La librairie Calmaiin iAvfi a. publié les Mémoires d'un chef de claque, par M, Jules Lan. et la seconde série des Essais do M. Léopold Lacûur sur le tliéàtre conlemporaio ". Enlïn, l'édilour Quanttn a mis en vente une Bibliographie des wuwes de Beaumarchais, par M, Henri Cordier.

Je voudrais aujourd'hui m'arr<>ter sur le curieux ouvrage de M. Adolphe Jullii^u, la Comédie à la cour. Je rcpreudrai en temps et lieu les autres écrits que j'anoonce, Quand? Je ne sais. Ce sera selon l'occasion du jour, el roccasion ne manquera pas. Mais, comme il est bien évident que, parmi ses écrits, il y en a deux, la Bibliographie, de M. Cordier, el les Mémoires d'un chef de claque, sur lesquels je ne reviendrai pas, j'en dirai tout de suile deux mots avant d'arriver à M. Adolplio Jutlieii i^l à son livre.

D'abord, le chef do claque. Le titre Mémoires d'vH chef de claque est alléchant. Ah! le mensonge des titres! Le chef de claque ici n'est pas du tout ui

1. La, Comédie a/irh Molière et /« Thédtre de Dancourt, i. Gnutini H Paraient, par L^opald Locour. Ce volume coniaci'é au théâtre de HM. Labiche, Halévy, Meilliac dinet. Un préi'èdenL volume, intiliilé Trois Thnàtreê, et ] blié en ISSO, a pour objet le théitre de M. Ëtiiile Augier, M. Alexandre Dumas tils et de M, Sardoa.

A PROPOS DE THÉÂTRE. r>9

chef de claque; c'est un ancien oflQcier ministériel, qui, ayant été mis en relation par son office avec des directeurs et des artistes, nous conte ce qu'il a vu et su par lui-même, et y joint tout ce qu'il a entendu conter par quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui a joui des confidences d'un chef de claque. Il y a à glaner dans ce volume ; mais ce qui domine, c'est un fouillis d'anecdotes de seconde et de troisième main, qui ont un grand besoin d'être vérifiées ; le peu de souveûirs nets qui me sont restés sur le théâtre au temps de Louis-Philippe ne s'accordent avec ceux de M. Jules Lan ni pour la chronologie ni pour les noms propres.

Tout autre est la Bibliographie des œuvres de Beaumarchais, par M. Cordier. C'est un travail de grand prix pour les historiens du théâtre aussi bien que pour les bibliographes. On peut le citer comme un modèle du genre. M. Cordier prend d'abord les deux drames de Beaumarchais, son opéra et sa trilogie, et il en suit les éditions tant h l'étranger qu'en France avec les traductions, imitations, adaptations dramatiques et musicales. Il énumère ensuite les éditions complètes du théâtre et les collections de pièces; puis, les mémoires et les écrits divers sur les principales affaires, litiges et procès, dont la vie de l'auteur du Barbier a été émaillée; puis, les biographies. Il termine par un index complet,

r*?i!. M, Bernard Jullien n'en continua pas moins h n^enler. Toujours régent! Toujours principal I Un typu du l>on vieux temps, un exemplaire achevé de In première et de la seconde génération des sckolart de l'Universilii impériale, comme étaient Vérien b Henri IV, llarrot ù Louis-le-Grand, Brunie à Sainle- Harbe. Brunie de la Corrèze, l'inraligable Brunie à l'organe de lonuerre, qui, à plus de soixante-ijuinze ans, célébrait daus sa classe les beautés de Justin el de Florus d'une voix à faire crouler le Panthéon voisin ! Elle a maintenant disparu, celte race d'éplucheurs de textes, de faiseurs de cahiers d'expressions, de gardiens féroces du que }-etranchi', de la césure, de la rime riclie, dos Iropcs et des topiques. Dieu me garde de sourire d'elle! Je la regrette. Je regrette sa discipline étroite, mais sùie. La grammaire sévère et mécanique de ces gens-là n"a peutêtre été que très insuflisamment remplacée, pour l'instruction de la jeunesse, par la grammaire comparée et les proct^dés d'amusement du jour présent ; leur chaude ot naïve rhétorique qui se pâmait une heure durant sur le tour ingénieux d'une phrase de Salluste cl sur le bonheur avec lequel Burnouf avait fait passer dans noire langue ce tour intraduisible, valait bien, je pense, pour la culture des jeunes esprils, les lectures philologiques et la géographie à bouche que veux-tu. Qui nous rendra j

iiiaia des grammairiens et des |)rosoilisU3s neivn la fnrmule Bernard Jullien ?

,li> remue ces lointains souvenirs parce que le lila marche, après tout, sur les traces du père. De l'aïeul et du pore au petit-fils et au fils, la race s'est affinée. M. Adolphe Jullien a changé de domaine ; il e»t artiste, et non plus scholar; il est mêlé, par métier de feuilletoniste, aux choses mondaines et profanes : il a la plume élégante et alerle. Il a'eu est pas moins reslù, pour la méthode critique, un vrai ■lullien. un Jullien pur sang, Jo ne lui en fais pas reproche, bien au contraire. Entre les œnt manières possibles de concevoir et de pratiquer la critique, la plus anciennement connue est encore la plus im* médiatement profitable pour le public, pour l'art, et surtout pour les auteurs, quoique ceux-ci l'aient fort en grippe. I^ critique dont je veux parler, la critique d'avant l'invenlion do la haute critique el do l'hypercritique. suppose qu'il y ii un beau et un système do beau; elle consiste à juger les œuvres et a en signaler les défauts el les qualités d'après Aes règles fixes qu'elle peut interpréter avec plus ou

wins de largeur, mais qu'elle ue perd jamais de

. On n'use plus guère maintenant de cette mé-

ide pour décider de la valeur d'un livre; on en

e encore pour l'appréciation des œuvres théâtrales.

VËTesl celle qu'a pratiquée, pendant un quart de

- El - i-je

: --.^Cw de

'*'•**'- ^ - -.v.;.r 1 . o-:^. v.:û-l; quelle

i PnOfOH DE THGATAC.

, musicale, musicali&sîinc, quand b même elle ne serrerait pas de très près le sujet du libretlo et ue se fotidrail pas dans tes paroles du poème. Là-dessus, sur ce principe <]ui appartient i l'esthétique générale, laquelle domine toutes les esthétiques particulières de tel ou tel groupe de mu- ^iciens, de peintres et de poètes, il me sérail imi>08sihle de transiger. Tout le noble plaisir que m ont donné, quand je les ai entendus à Vienne et à Munich, le premier acte du Loberujrin et le second du Vaisseau fantôme, ne me fera point accepter la tliûorie wagncrienne pure, qui suppose rassimilation de deux arts dissemblables, la poésie et la musique, l'identilé du drame parlé et du drame chanté, l'équivalence des moyens de lu parole et des moyens de lorchoslre. Celte théorie domine un peu liop striolemenl la critique musicale de M. Jullien. Sa critique, pour lout dire d'un mot, manque de jeu et non de goût. Il la soutient, d'ailleurs, par un savoir étendu et bien distribué. Et ce n'est pas (oui des qualités d'espriti Pour la critique, telle que l'entend M. Jullîen, il faut, avec la science et le goût, -une énergie singulière do caractère. Le moral est peutêtre, dans M. Jullien, ce qu'on doit le plus admirer. Serviteur intégre et inflexible du vrai, M. Adolphe Jullien ne respecte ni le rang, ni lu renom acquis, ni !. ihi 3. beau lui dire : « Je suis de

..~i T'ir^'?»^. I "^^croa :rimâic:

i ~-r:'.-r àu; ir'- :ai:* il'TTC ympe :' • - '•— - --r .L:ui~:ni*::5. i " 1 bicn

• -..iH . 1L.T T-r '«»^.i* :u riïrrr. iàxi le r?ccns- :•::: ■- :- :. .zr.r- \Il1^ le ."jiïîoipe <iî la

■" :zî r..e»irs ■'îr-çuiufîï. Harzt' u: ~ iiunt lar la. -^est . :: :" r: ::.: 2. -^j. ^.."i::.ai .'i^oitui. -k çœl con- :::- : . ,r' : >■ ::s r -u i i.: ;i TiMiesào de • -•"■ • ::..> .. - ■ 7 s T- ti rr'.'^a'. .jittmç: ■'■?■■ .. :• ■ •■ -tk .»; ;.r:iidit de

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L".uv7i,T i :. .• :: .- .-: . .;^ :jl:-^ connaître

par le m-rr.u 1 ri*::.:: ::< ir.uiv? ir >.\: ttê que for-

nèrent suoc-es^iverr.f:.: .:-. \:.::x<^: du Maine pour

sceaux, Glatîguy et Auct, inadaiiK; do Fompaduur pour Versailles et pour Bellevue, Marîe-Aiiluineltc pour Tiiaiioo. M. Jullieii donne l'ÉUil du personnel tchaque troupe, la descriplioa en forme des scènes 1 elle a joué, le di'lail des représentatioDs, et, jiour Ldame de Pompadour, le détail des sommes que tûla chaque saison théâtrale. U recueille tout en 'on a pu savoir du talent des artistes, et surtout i trois artistes principales, laducliesse du Maine, marquise de Pompadour el la reine Marie-Anloiatte. Le tout mêlé d'anecdotes, presque toujours rïgneusemeot contrôlées, qui ne sortent pas des >mes du sujet choisi et qui sont topiques pour peinture de la vie de cour à Versailles. En génÉ- , Jullien conte sans discuter ui démontrer.

ôpfiidant, les documents mis en œuwe par lui ne issuut pas que de nous renseigner de plus en plus, lemin faisant, sur le caractère el le tour d'esprit s trois personnes dont il nous expose la courte rrière artistique. Rien ne sera changé par son livre l'idée qu'on pouvait se faire de la duchesse du ■, qui eut plutôt l'inquiétude que l'héroïsme du mg des Condé. La duchesse reste ce qu'elle était : ne Longuevjllc arlilicielle, doublée d'une fausse larquise de Rambouillet, Au contraire, le hvre de L Jullien apporte de nouvelles juslificalions k l'eséce d'adoration poétique qu'évoque le nom de

Marie-Antoinelte, et madame dp Pompadour y I

sort avec celle grâce, ces instincls supërie femme, ces poussées de fantaisie géniale, quïl seront toujours, devant l'histoire, des circonstances " atténuantes. Je ae dis pas du tout une excusa, ni une absolution. Rien n'excuse la mécbanceté. Bien n'absout d'avoir pris le vilain emploi de pourvoyeuse.

Le palais de Vers^lles. ofi s'agitèrent, on des temps bien différents, ces trois femmes d'humeurs si diverses, dont le hasard d'une monographie rapproche les noms dans l'ouvrage de M. Juilien. lo palais de Ven<ailles a été deux fois funeste à la France. Il a vicié notre politique de 1871 à ÎS~9. il a agi piiur la ruine de l'ancienne monarchie. Je n'ai aucune inclination à me faire l'apologiste de ce palais fatal, de ses jardins d'Armide, de tous les enchantements pernicieux qui s'y sont succédé pendant plus d'un siècle. Le gouvernement, le soin du gouvernement, l'art du gouvernement s'y sont perdus; voilà ia sentence générale qu'on peut prononcer contre Versailles. Ce n'est pourtant pas une raison pour s'associer à toutes les déclamations, quelques-unes bien prud'hommesques, dont la vie de cour et le régime des favorites ont été l'objet, tant sous l'ancien régime que depuis. Saint-Simon ei ■ le marquis d'Argenson sont les deux témoins qu*

IHroqoe toujours. Le volcan de Saint-Simon lance, s llanimes sublimes, beaucuup do mauvai«! 1

bmée.

I C'est un fort honnt^te liomme que Jean-Loutsmarquis d'Argenson, qui Tut, pendant trois ^ni-es, ministre des afTaires étran^res un peu tiit (Dorè et, pendant dix autres années, homme II vues i peu bien hardi. Mais cet bomme à vues, quand i

I parle du train habituel de Versailles, de Louis XV. ! madame de Pompadour, commence toujours par j finer sa renëlre. Il juge de quajitilé de choses avec I- rîgorJiime d'ua bureaucrate très intègre, c'est enkdu, très compétent, cela est certain, mais qui est ^suadé, comme tout bon premier commis, que le (onde doit tourner autour de son bureau et des gles de son bureau. Combien de ses rôQexions, bt imprégnées de bonne conscience, sur madame f Pompadour, me font souvenir, malgré moi, que

■ peuple de Vei'sailles l'avait surnommé sur sa mine Argenson ia B*5ti'-I » Le théâtre des Petits-Cabinets i adonné bien de la bile. Et que u'eftl-il pas dit I théâtre de Trianon ! Il ne nous semble pas que < faits, assemblés et coordonnés par M. Julliea,

btiflent le déchaînement de sagesse et de probité Wrgeoises dont la fantaisie do Trianon ut celle des tils-Cabinets ont été le prétexte.

En n'est pas vrai que Marie- Antoinette se donnât

80 * PROPOS DE THÉAIHE.

en speclaclu à TrianoD, par vaoilé sotte, k ]a. è lignite des gens de cour. Bien loin de Ifi. La reîue allait chercher daus sa retraite de Triauon, loin de

l'éliquelU.' et de l'apparat, des distractions qui ne fussent pas, comme les pompes de Versailles, ntiu vain spectacle aux peuples de l'Asie n. Les représentations de Trianon ont été rares et espacées sur cinq années ; i] n'y Était admis qu'un public restreint, les princes et les princesses royales, les gens de service de la reine, quatre ou cinq personnes de son inlimiLé. Ce n'étaient pas des galas ; les représentations hnissaient à huit heures, et l'on pouvait se coucher à neuf. Comme ces mœurs étaient plus simples que celles de nos premières représentations! On a aussi beaucoup exagéré les prodigalités théâtrales de madame de Pompadour. Faites le compte des dépenses k l'aide des chiffres recueillis par M. Jultien ; vous n'arriverez pas, tout compté, pour une période de six ans, à un total de trois millions cinq cent mille francs. — Mais, dit le marquis d'Argenson, pendant ce lemps-là, on ne payait régulièrement ni les troupes ni les officiers pubUcs! — Cela prouve qu'on avait une bien mauvaise organisation financière, ou un ministre des finances bien médiocre; ce qui feut arriver eu taut temps. Cela ne prouve pas que le théâtre des Pelils-Cabinets soit le gouffre ou se sont englouties les finances du

A pnOl-OS !hB THÉATHE.

tyaujue. Ce n'est pas avec ces ijualre lutllioiis de

lus qu'on aurait subvenu ni A la guerre de Sept

Bs ni à la guerre de la Succession. C'est alTaire

a marquis d'Argenson de tomber en syncope, parce

^uc le roi accorda un jour deux mille livres h l'au-

feur de la musique d'un n mauvais ballet », repn'-

senlé aux Pelils-Cabitiets. Il est merveilleux avec

quel courroux morose el ((uelle faluité lea gens

^aves, secrélajrcs d'État en Tonclion ou en dispo-

^bilité, portant cordon bleu ou d'une autre cou-

|ur, parlent en tout temps et sous tout régime du

JDoindre avantage qu'obtiennent un musicien, un

1 t,Timaud de lettres I Qu'ils sachent donc

bien, une fols pour toutes, ces Taquins et ces cuistres

bornés, que même un mauvais ballet coûte it son

Jiuteur plus de peine qu'une mauvaise mesure de

Éouveruement au commis qui la prend, et coille

1 peuple moins d'argent et moins de larmes ! Je

inge aux quatre cents millions, au minimum, qu'a

tëvorës de nos jours l'entreprise du Mexique, et ils

he rendent bien légers ù. porter les qualre millions,

( maximum, que madame de Pompadour a dé-

(enaés pour les représentations des Pelits-Cabinets

^de Bellevue.

I En tout cas, pour jugeravecéquité l'idée qu'eurent iiccessivement la marquise de Pompadour et Mariejitoinetle de transporter à la cour la coinC^die de

société, qui de li'iir lemps faisait fureur à la vills, il faudrait se demander si cette Tanlaisie a été simplement coCkt^iise, si elle n'a pas produit des effets utiles pour l'art et les artistes. L'art et les artistes ont le droit à l'existeace tout comme les secrétaires d'État et les ministres dirigeants, surtout quand ceux-ci ne .savent plus procurer  leur pays que des défaites. La mise en scène, la décoration et le costume, dont nous entretenait dernièrement M. Perrin, firent de réels progrès, grâce au goût de madame de Pompadour. Il n'est pas sûr que l'art de l'acteur n'ait pas gagné aussi quelque chose à l'exislence de ta comédie de cour. La conceptiOD d'un râle par un homme intelligent, qui possède l'art délicat de la cour et du monde, peut apprendre beaucoup aux coiiiédiens de métier les plus consommés. La troupe que madame de Pompadour a^'ait organiséo avec des gens de qualité de son cercle intime était une troupe sérieuse, soumise à un règlemeot, qui étudiait, qui travaillait, qui se piquait de lutter et de rivaliser avec la Comédie-Française, et c'est ce qui est arrivé quelquefois. Le personnage si nature! de Valère, dans le Méchant, fut tenu par le duc de Nivernais, au théâtre des Petits- Cabinets, avec une ingénuité que n'y mettait pas Roselh à la Comédie et qui fit comprendre complètement le vrai caractère de la création de Gresset.

'ert une gloire pour la cour tri [^.-ut !- 'Jjrl^'.rr ir-?

'0tît»-CabiDets que là aient »^té strntiç ri di's. p>iir

& première fois, comme ils devaient Jrîre. c^ v^r*

le tant de fraîcheur, ce couplet sur une jeuDr fiiir

l'on saitiment si exquis et si nouveau aii-rs b.u

Oiéfttre:

Qae je sois pénétré I Qae je la trooTe beU» ' Que son air de douceur, et noble et nàtur^Lr. A Ikien renouvelé cet instinct enchaDteiir.

Ce senUment si pur, le premier de mou oitvr

Je pardonne largement ses fables au duc d^ >V venais puisqu'il a su deviner le Tôh de Va.rre. Je pardonnerais bien d'autres chos^.

Il faut que je ne sois pas du tout de mon *j::l'^^ pour être si sensible au goût de oeux qui eii cr.:. pour n'apercevoir ni à TriaDon. ni au tbéktr^ -j-: Bellevue, ni aux Petits-Cabinet?, le ^cniAhlf-, et i'exoès des dépenses, pour ne faire autre cho*^ qu apprécier vivement le choix du répert/jire qui «X/i/jprenait VExprit de œniradiclion^ le M^,charu. k Philosophe mariée la Mère coqwette^ M. de pf/ur- ■eaugnaCj etc. Non, il ne faut pas que je y>i? de non temps I Ce qui me console, c'est qu'en o: < ûnt du moins je suis bien un Français de ia iîille race. Je lisais récf'mm»-nt dan* /7/>V/<wre du

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