‹ À propos de théâtreChapitre 5 sur 23 · i:oléûn · texte numérisé non relu

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•{jlmn et de joie sans mélange, à Doos-mémes quelques ^pages pénétrées de plus dans les Conftsdcm$. Gni^ioante mille écus ! Mais c'est pour rien ! Je les nteU j^k l'actif et non au passif de la marquée. Pour œ ^qoi est des criailleries qu'excita, chez les oenseoR iRétendus prévoyants, la représentation du Barhitr K-âe Sévilky donnée à Trianon le 19 août 1785, dan» V le mtoie temps que Paris se ruait au monologue de f FigarOy j'admire la bravoure de la reine et j'y ap- ^. piandis. Grimm assure que Marie-Antcwette fut

\ cbarmante de grâce et de vérité dans le personnage de Rosine, surtout au quatrième acte, dont tout le monde oonnadt le pathétique simple et doux. J'en orois Grimm sans peine, bien qu'à rordioaiie Marie- Antoinette jouât médiocrement Rosine était s^»fi âme. Son beau-frère, le comte d'Artois «depuis Charles X), faisait Figaro.

Leur jette à tous deux la pierre qui voudra ! Parbleu! C'est encore une action plus royale d'avoir représenté passablement Figaro que d'avoir fait ]es ordonnances de Juillet, sans moven ni volonté de les soutenir ! Ce n'est pas non plus ceux qui sont d'entre la foule, ceux qui sont t obligés de déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on en a mis depuis cent ans à gouverner maint empire », ce n'est pas eux qui doivent faire un crime à une reine d'avoir aimé et goûté le Bar-

bier de Séville, d'avoir eu le cœur touché du divin mariage de Lindor, qui est duc, grand d'Espagne, comblé des biens de la fortune, avec la petite boui^eoise Rosine, qui n*est que belle, aimable et vertueuse I

Peau d*Ane, — Les Contes de Perrault. — Diverses éditions des Contes. — Gomment Perrault fit les CùnJtes de Ma mère voie, — Homère, Théocrite et Perrault.

J*ai VU Peau (TAne au Châtelet, et dès le lendemain, pour me rafraîchir de cette forte soirée, j'ai relu les Contes de Perrault. Si nous profitions du prétexte pour parler un peu de Perrault et de son chef-d'œuvre I

Entre toutes les éditions des Contes de Perrault, je signale celle que M. André Lefèvre a publiée chez Marpon et Flammarion. Je la recommande, non pas aux petits enfants qui n'ont guère besoin de textes authentiques et de savantes dissertations, mais aux lettrés. Elle est d'un texte exact et d'une impression élégante ; elle ne contient que les contes qui sont certainement de Perrault, et elle les contient tous,

88 I PROPOS Dr THKATKE.

avec les dédicaces, préraces et postfaces de l'autiiiiii M. André Lcfèvre y a ajouté une biographie, CBUVre de savoir précis et sûr, où la personne de Perrault est bien prise, sinon son génie apprécié à toute s& valeur, et un traité ex professa de mythologie transcendante, appliquée au genre de ma mère VOie, Le tout se vend quatre-vingt-dix centimes.

Charles Furraull, frère du célèbre architecte qui a conçu et édifié la colonnade du Louvre, fut à la fois l'un des beaux géaies et l'un des beaux esprits de sou siècle. Son activité littéraire ne commença réetlenacnt qu'en 1683, quand il eut résigné la charge de premier commis de la surintendance des bâtiments, où il avait rendu des services distingués. 11 avait alors cinquant{>-cinq ans, un âge déjà lourd pour faire le métier d'auteur; mais il avait, jusqu'à ce moment, peu écrit, sa chaîne seule l'avait occupé, et la conduite de ce qu'on appelle une grande administration n'entraîne pas une forte dépense ni une forte usure de la substance grise, Perrault se jeta, avec une fraîche ardeur, dans la querelle des Anciens fil dfs Modernes. Desmarets de Saiiit-Sorlin était mort depuis sept ans ; Fontenelle. qui donna cettâ aimée même (1683) les Nouveaux Dialogues rfes morts, n'avait pas plus de vingt-six ans et ne possédait pas encore l'autorité. Charles Perrault, goûlé du roi, ancien lieutenant très en crédit de Colirert, qui tenait

^H A pROFus Di: riii'iA'niK. 80

^Iul fuuillc des pensions et encoumgemenls litléraires,

membre et meneur, en plus d'une occasion, de

l'Académie française, devint tout natiu'ellement le ^Bfef de ciiœur des Moderniis contre les Anciens. Il ^Hpiima la querelle, en l'aigrissant un peu, par son ^^)ème le Siècle de Louis le Grand (16871. Il la soutint

vif^-oureusement par ses Purallèien dis Anciens et ili-s

Moderneu (1688-1698).

K Cette querelle des Anciens et des Modernes n'a s été du tout oiseuse, comme le donne trop sou- Dt à entendre son historien H. Ri^aud. Elle a Brcé une influence sensible et heureuse sur la foritJOQ et le développement du génie français. Qui avait tort? Qui avait rnson? Les Anciens ou les Modernes? Les Modernes et les Anciens.

Les Anciens : Boileau, Racine, La Bruyère, La Fontaine, etc., apportaient dans la dispute un argument qui mettait en pièces tous ceux de l'adversaire : c'était leur.s ouvrages. Les Modernes, sur le premier moment, parurent vaincus. Mais bientôt le win'' siùcle tout entier, Marivaux, avec son réduit enchanté; Favart, avec son village où parle le nalurel; Gresset, avec les délices de son couvent de ^^ievers ; Beaumarchais, avec son éblouissant paseo ^Ht Sëvillu ; Jean-Jacques, avec les Confessions ; ^Htltaire, avec ses notes sur le Siècle de Louis XIV, ^^■ï Essai sur les Mmirs, ses Contes et Romans;

l PROPOS DB THÉATIIE.

viDgt autre» encore justifièrent la maxime capitd des Modernes : qn'un Français pouvait tirer de bod inspiralioij propre et du fonds do mœurs où il vivait des sujets et des ouvrages qui ne devraient rien à l'anliquité et qui soutiendraient la comparaison avec elle. Les Modernes avaient un second précepte sur lequel ils revenaient souvent ; c'est que la religion chrétienne toute pure et ta foi chrétienne ne sout pas une moindre source de sentiments et d'images poétiques que les fables et les mythes des anciens. Racine réclama, comme Boileau, contre la doctrine; mais, en pleine publication des Parallèles, il donna Eslher (1689) et Athalie (1697). Un dus Modernes, et peut-être le plus acharné de tous, lui avait certainement montré le chemin, Desmarels de Saint- Sorlin avait écrit en 1673 un poème à'Estker,

Sur la poésie épique et tragique de la Grèce, tout en la dénigrant, Perrault et son groupe ont fait quantité d'observations justes, profondes, originales, qui échappaient à Boileau et à ses amis. Sur tout sujet littéraire, aussi bien que sur la Grèce, Perrault et son groupe ont émis et répandu des vues fécondes qu'ont reprises ou retrouvées depuis, en les portant H plus de précision et de conscience de soi, en les agrandissant, en les élevant, Lessing, Herder, Wolff et Gœthe, Diderot et d'Alembert, Chateaubriand et madame de Staël. Le germe a fructifié. L'erreur d

^^OKis les Modernes, Tun après l'autre, de Bois-Robert, '§/à Desmarets, de Fontenelle fut de prétendre joindre iple au précepte. Quand les gens de goût dent les Pastorales de Fontenelle, après ses Nou- ^fitoux Dialogues des morts, il leur semblait bien que ftbDtenelle n'avait pas vaincu Théocrite. Perrault lença par commettre la même faute courageuse ses prédécesseurs et ses compagnons de combat. & aussi, en même temps qu'il prêchait les bonnes ^maximes, se mit à les appliquer intrépidement. H .7^!teD0iposa l'idylle héroïque de Saint-Paulin, en six /jâbeants, moderne, à ce qu'il disait, et chrétienne J-. (1686). Mais, hors le choix des personnages et du - SQJet, rien n'est inantique dans le Saint-Paulin; tout -y est déplorablement suranné ; tout rappelle les anciens moules, mais déformés; c'est du Virgile contourné, diluée affadi, aplati. Ce Saint^Paulin donne Tavant-goût des épopées de l'époque impériale et des définitions ingénieuses par périphrase, chères à l'école de Delille; c'est tout le moderne qu'inventait Perrault, passant de la spéculation à la pratique. 11 fit ensuite Grisélidis, où Ton peut cueillir çà et là des choses charmantes (1691) ; cette fois, il entrevoyait la direction juste. Il fit Peau d'Ane en vers (1694) ; il brûlait. Ce n'était pourtant pas encore Peau d'Ane en vers qui pouvait passer pour du moderne de bien haut prix.

'M k ['nUPOS IJE ILIK.ITHK.

Taudis que Perrault clicrchail, de parti pris, le modertio sans la rencontrer, il le renconlra tout à Loup sans le chercher. Un jour qu'il ne s'en doutait pas, de son cerveau, mis en numveraent par im enfant, jaillirent quarante pages les plus nourries de choses et de notations diverses, les plus li>gêrc8 d'allures qu'on ait 6crites dans notre langue. Co sont les CotHes de ma mère l'Oie. Par ces conl«8, Perrault créa de toutes pièces un genre intégralement neuf. Il n'eu avait eu de modèles ni chez les Grecs, ni diez les Itomains, ni, quoi qu'on ait dit, chez les Bas- Bretons. Il n'a transmis son secret à personne, ni en France ni ailleurs. Les frères Griinm ne lui ressemblent point et n'en approchent pas, ni madame d'Aulnay, ni l'honnête Charles Deulin, notre contemporain, dont Sainte-Beuve, qui ne laissait rien échapper, admira tout de suite le Poirier de minére; mais ce n'était pas Perrault.

Comment Perrault s'y était-il pris?

Perrault, en quittant les alTaires, s'était consacré h l'éducation de ses enfants tout autant qu'aux lettres. Il aimait les contes de nourrice ; son fils ne les haïssait pas. Il en choisit quelques-uns dans le fouds indéterminé de la tradition populaire, et il leur donna figure pour sou amusement et pour celui de son petit élève. M. André Lefèvre fait ici une supposition très flne ; c'est que, avant d'écrire ses

Contes, l'erraull m les sert lui racooirr far ee âgé de dix ans, et que, de diâqiie Ukmt. il nttn retenu cl fixô dams sa rHadioii déËstlivr ^at '»scircoDsUiDcas restées ea stillie difts rofoi âe r^kfant. Je suis leati: de le croire eaamte %. IWImu cl d'expliquer par l'emi^oi de tt praoÉtt fia» 4'a» qualité rare des Confps. C'est WAftot^ttm^a^r sùteii rimagiaatjoa, ea fraldKV A ea «IfCliC 4e l'enfance tombe toujours sar la voie pvaie. V^b comment Perrault, aidé d'oa hanÉia. fll <Mfe da pur tncdenie, qu'il u'anil pa> rtaot i fiâa swr k précieux secours des traités et dn oinaaaMBli de Bols-Robert, de Desmarab. de FnrtesAe. «vw « ■propre esthétique!

Obi que tout, dans ces Ctmk%,t^ktm.*»tSi%,

wntané et moderne ; les penoaaips, le rtA, ks

ioires du K-dl. le poUie laqaH l'admM k

. Personne, panni W Aacieat. a'a toîC ft ce

Parmi les Âncieas, pnwww ne *'al amaë

Bd'écrire spécialeuieiil pour io loot jnne* laCwli.

[eVst un hasard si les Un» biUqati, k» ■n'^o-

de YOdyixe, les légadES «TBklidale «M

M^mmodês à l'esprit de l'enfuicc. Eame eA4l nâ

' de dire que, dans YHûtoire maie, b rdmÈntioa

religieuse change à l'enfanl le goAt de too pbiar,

et que tout ce que conleol de biAet Uocnêre el

[^.Hérodote est bien enlraordioaire pour loi et ne lai

ruarOS DE TR

BMitl tniOn- avant l'i^ de onse à douze uns. Au ouiilnire, dans ce que conte Pertaull non seuiumeol loul esl  sa lailk- ut sckm ses altitudes |)réFérées, mù'i encore tout esl de sa compagnie particulière. L'mranl rwlmuve !i lout oe qui a été i'objel de ses premières surprises, loul ca qui a provoqué en lui Ws pnnuivrs mouvements perceplildes de l'âme el Us prcioiers pètilloments de l'imaginalion : lu clial, son bon camarade, dont la gentillesse fait son amu- Gcmeai cl son admiration: l'énorme dlrouilk du jardin, qu'il n'a pu enserrer de ses petits bras et qui est bien assez grosse pour cacher un carrosse au dedans d'elle ; les lézards, après lesquels il a couru en vain, ébloui par leur livrée étincelaiite et chamarrée; la souricière où, dès le lever, encore en chemise et pieds nus. il se dépâche d'aller voir s'il ne s'est pas englué pendant la Duit une jolie petite souris grise ; l'escabeau, sous lequel il se glisse pour îicouler en cachette papa et maman, ce qui est très . vilain, mais quelquefois profitable ; le trou de la st^rrure par lequel il plongeait hier, hissé sur une chaise, un œil avide dans la chambre réservée; et que de splendeurs, égales à la parure de Peau tTAne, il y a contemplées; enfin tout )à-haul, le grenier, l'une de ses fascinations, qu'il a découvert et exploré seul, par une belle après-dinée, aussi ravi de lui-même que s'il s'était ouvert des chemins v ers

A PROPOS DE THÉATEC. 3&

les terres vierges et des Atlantide» inabocdaUâ^. L connaissait le loup bien ayant qu'on le lui ait à la ménagerie. Au loup, au loap ! ce effrayant est venu plus d'une Cens Farrêicr e ctl quand il était tout petit, — car maintenant. L •«£ si grand ! — au beau milieu d'une fièrie •it ojttk : sa figure alors est restée fixe et il a épfr«T>? àkCA le silence le sentiment sdennd et àèbâtms. ^ a terreur. La forêt aussi, près de la TÎUe. la 5^:rt^ Jl Petit-Poucet sans doute, lui a lail gracif^^^fL: 12. jour qu'il s'y était attardé en oompaeme de i»:c :»?^- La pluie est arriTée, et les grondemeni^ 4r . -«tj:^ et les ombres épaisses : quel acwiarpfft^i. ç jiri.»^ joie quand, trempés et exténués tOK à^x\., :> c. aperçu, d'un carrefour du boiâ àtraT^n k& Vro^o-rt bien loin, bien loin, à cinq œnts ya& ^tz zitXL:* une lumière dans une cabane ! Perrao;: ^x-'^j^r ^. enfants de merveilles et il les jette da^eî #^ ^-^ "^.^ tures, mais sans les dépayser et sans icâ d^'^^j'^r S'ils n'ont jamais vu Barbe-Bkne on d«^ ojr-:^ ,*. des ogresses, ils ont bien souvi&nt re&erxj'X'^ < ^ promenade le mousquetaire et Tofficirr de ôr^^v;:^^ qui tuent Barbe-Bleue; bien aoav^ijit, t-îi:îjf cf*-r> maman, quand elle était contante d'^x, W.î ^ arrangé un bon plat à la sauce Roh^rt, qui ^r«t J;^ sauce à laquelle l'ogresse aime à man^^er V^, i^tUi*i enfants bien dodus. Aussi le choix iQ;^éni^Jx d^;^

ni K rHOroS DB TIICATAE.

délails accoulumés leur rend tout sensible, prùsail pt croyable.

Perniult contraste avec lensemble du xvm" siècle. en ce qu'il est, dans ses contes, un poète de la maiHon, des choses familières, domestiques, intimes, comme de l'enfance. Il l'est plus que La Fontaine et autant que Regnard. Le soir, sous la lampe, autour de la table de famille, un peut lire ses conleft à haute voix devant toute la maisonnée, y compris les gens de service. Jusqu'aux laveuses de vaisselle y repasseront leurs travaux et leurs délassements du jour, transformés en impressions poétiques. Comment Perrault a-l-il jamais pu se ranger du c6tô de ceux qui reprochaient à Homère et à Tliéocrite la vulgarité de leurs images, la bassesse des ^ta où ils s'arrêtent, leur diction et leurs peintures sans noblesse 1 Que voilà bien leffel ordinaire du parti pris et des théories toutes faites! L'un des charmes de Perrault est de ressembler sur ce point, sans le vouloir et tout en restant lui-mfmc, à Théocrile et à Homère. Perrault se garde bien de ne pas donner & no9 yeux la fête de la riche vaisselle de Barbellloue, h notre imagination la régalade des parties de campagne que Barbe-Bleue offrait aux dames :

...Ce iiï'Iail que parties de chî^se et de poche, iiHO danws et festins, que collations. On ne àormail

A F-norns tiE thkatiie. 97

hivl et <m passait toute la nuit à a- faire des malices t uns aux autres... a

Il n'a pas plus peur qu'Homère de nous laisser voir le bon appétit de ses héros et de nous dire la bonne ^iande que le boucher n fournie :

B^« ...Les enfants du bflclieron se mirent k table; ils mangèrent d'un appétit qui faisait plaisir au père et à la mère, à qui ils racontaient la peine qu'ils avaient eue dans la forêt, en parlant presque toujours tous ensemble,., n

f.flincer une cruche, décrotter un marmot ne sont I non plus des images qui le dégofllent :

..La mère dit : « Kl loi, Pierrot, comme le voilà protté; viens que je le débarbouille. » Ce Pierrot ion fils aine, qu'elle aimait plus que tous lus , parce qu'il était un peu roiisseau et qu'elle Bt un peu rousse... »

ffe senlez-vous pas le relief et le channc de ces beaux, fails de ce qu'il y a de plus bas?

Et celte sculpture de fd!c de ménage à la fontaine :

...Et rmfa(t!(n(.si7(iîi.*ttc/'uc/H', elle puisa de l'eau

au plus l)el endroit de la fontaine et la lui présenta, soutenant toujours la cruche^ alin que la pauvre femme bût plus aisément... »

Et la vivacité du paysage, et les champs, et les bois avec leurs bonheurs et leurs peines I Je recommande les six lignes suivantes à nos gentilles fillettes de Paris, qu'on voit se presser, les après-midi de dimanches, vers la station prochaine, par tous les sentiers de Montfermeil et de Meudon, fatiguées, haletantes, les joues toutes rouges, les bras chargés d'un faisceau de coquelicots, de bleuets et de boutons d'or :

u ...Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s'en alla par le chemin le plus long, s amusant à cueillir des noisettes^ à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu'elle rencontrait.,, »

Qu'est-ce qu'il y a là dedans ? Hien du tout ! Rien que la justesse et la fraîcheur de la sensation, rien que la poésie. Je n'en finirais pas de citer. Je pourrais citer encore le drame bucolique, si alerte, du chat et du lapin, quand « un jeune étourdi de lapin entre dans le sac et que le maître chat, tirant ausâiôt les cordons, le prend et le tue sans miséri-

A PEOP9S BI TS£&rE£.

corde >. Je poorrais âauier TMàaânààt jmamat os enÙLDts perdus dans k foiél l^esi: Aaiac Tilll^ i^ traits poétiques s'en ÎDcmsteni ar J*yTk. sonnK les rayons de lumière sor Fol^eenf ài: lOiiuierHiA*. La sobriété et la iim{«idilê àt it cams^nsmi^ «fu~ mervdlleuses. M. Aodié Lcfeire kiu- iir: k woom* que Perrault n'ose des lt«s et àf: îï îî^» ul e^f>s une discrétion infinie. Tm^ eH ayà^nt ^ iinaso^ dans ses récits, presipe knL pv ôs^ ïusm» jsulrelies. De cinq en cinq Iîcksu im aasis^ & m. -^v^ niaient, à une scène, à ob àiomer lAifcvsais : ^ pourtant on ne reçoit anooDr liaçnîr ôf^ a â*v?%ri^ de ce panorama; il n'en Ksofte ni kmcuac» il r jl^ fusion. Le plus Ions de ogc oûcis. k l'rTC hxmiyL i^r remplirait pas trois oc4*:4i£i£s du /nribc a^t J^f&o.. et, quand on Ta fini de lire. :si «îsiài^. — ^.au i est rempli sans surcfaarse: — ^'jl hr. v»&^ isr plus d'aventures qu'en lianl it» Tma Minimau^rtar^s et Monie-Criito! Cest ansi use 2i*£rr*iii*: au»: »^ style ; conune il Cait tout xivrîr ' ^jmn»^ ± ae"-bini^ tout nettement! combien il a jc vsuar *^ ^sjsi^iti^^ en même temps, U est varié! La crnii^ -y: ->j^gance, l'ingénuité et la fine^e. le driiiâc r^!!:r:7*i::iHet la comédie s'y fondent en un iLézii^ V^j;. ••„ ^. nuancé. Encore un caract^ de cc ^rj^ : M- Tc.:>a observé, de La Bruyère et de Saii*t-î5îii*.x.. :: j^. seuls parmi les écrivains de leur §iéde. ii§ r^i-rverj:

»: Pcmiill n'y muiqaep ■M» phK. Vora ce portnît parUnt des sept fiUcs deTosK;

■ ...Cm petites ogicsaes araîent toujours le tetnl (artlKaB,|ntt«qa'elle9nMO|çegiientdelachairl»]che ' OMtuiK leur pèn ; mais dles arait^at de pelits yeui gris et bwt romU, le iws crocAw et une fort i/rande bOMcAr, awc de longues dents fort aiguës et Tort ékiignèes l'une de raulnr... •

HomarquoDS aussi, remarquons bien le dialogue de l'emult 1 11 o'eo e«t pas de mieux eu scène, : 00 dit dam la langue technique du théâtre, mdrais que, dans uiu^ matiuëe d'eiifauls, un r ou une diseuse de premier ordre débitât l'entretien de Barbe-Bleue avec sa femme lorsque celleci, au retour du mailre, lui représente la clef accusatrice :

' ...Apri>s plusieurs remises, il fallut apporter la clef. I>a Barbe-Bloue, l'ayant considérée, dit à sa femme : Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clefî — Je n'en sais rien, répondit la pauvre femme, plus pâle (]ue la mort. — Vous n'en savez rien I reprit Barbe-Bleue; je le sais bien, moi. Vous ave? voulu inlrer dans lu cabinet ! Eli bleu, madai

> PBapiis HE- i^ii^init.

His y eottvcci et irez prcndn! ^'vuU'c place auprès les que ?ous y a>'ei vu'«s'.;i>

M. GoquelÎD (ou madame Judic) ftjjûttour à lour e voix siir le discours de Barbe-^i!ij«, et uor K douce et défaillante sur le mot de rt-ponsc de lu Inme. Et vous verriez se peindre inslautailèmeni Kiuvante sur toutes ces mines d'enfants, avçb.'ùji jer sourire errant sur leurs lèvres !

jAi-je dît tous les mérites des Contes de ma m^w; f Je n'en ai pas encore signalé le principal : la*, e. Cette langue des contes, avec la plénitude, I force, la simplicité et k nelkté de »un vocabulaire et de sa phrase est, comme la matière nifiijie lies contes, une conquête que Perrault a faite sur le peuple, seul dépositaire et seule source, ainsi que l'enseiguait Malherbe, des bonnes qualités du langage, seul gardien du parler sain et dru. La ian};ue incaise, dans ce petit livre unique, parait uu oint et adaptée comme nulle part ailleurs dans . ouvrages du xv!!' siècle. Dans la langue de Ebrneille, dans celle de Bossuet, ditns celle de La ^ère, dans celle mâmo de Racine, nous trouvons %QJOurd'liui bien du décUel, du Lois mort, de la rerraillu, de la friperie, quelquefois de l'obscurité, qui résulte comme d'un changement de jargon. Uien L pas^é de la langue dans laquelle l'erraull n

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